Le prochain Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Siem Reap, au Cambodge, ne sera pas un rendez-vous diplomatique comme les autres. Les chefs d’État et de gouvernement des 93 États et gouvernements membres auront la lourde responsabilité d’élire le prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Un choix stratégique qui déterminera l’orientation politique, économique et culturelle de l’organisation pour les prochaines années. À cette occasion, La Nation inaugure une série de portraits consacrée ux quatre candidats en lice pour cette fonction devenue l’une des plus influentes de l’espace francophone.

Plus de cinquante ans après sa création, la Francophonie se trouve à un tournant de son histoire. Longtemps perçue comme une organisation essentiellement dédiée à la promotion de la langue française, elle est aujourd’hui appelée à répondre à des défis bien plus vastes : les crises géopolitiques, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les changements climatiques, l’emploi des jeunes, la sécurité alimentaire ou encore le financement du développement.

Dans ce contexte, le prochain secrétaire général devra incarner une vision capable de fédérer des États aux réalités très diverses, répartis sur cinq continents. Son rôle dépasse largement celui d’un administrateur. Porte-parole politique de l’OIF, médiateur dans les crises, promoteur de la coopération économique et culturelle, il est appelé à faire entendre la voix de la Francophonie dans un monde marqué par la montée des rivalités entre grandes puissances.

Une élection aux multiples enjeux

L’élection de novembre prochain revêt une importance particulière. Pour la première fois dans l’histoire de l’OIF, les candidats ont été auditionnés publiquement devant les représentants des États membres, dans un exercice inédit de transparence. Chacun a présenté sa vision de la Francophonie et répondu aux questions des délégations, permettant une comparaison directe des projets défendus.

Au-delà des personnalités en lice, c’est bien l’avenir de la Francophonie qui se dessine. L’organisation devra renforcer son influence diplomatique, promouvoir davantage la langue française dans un univers numérique dominé par l’anglais, accompagner la révolution de l’intelligence artificielle, soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, développer les échanges économiques entre les pays membres et consolider son action en faveur de la paix, de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Quatre personnalités briguent aujourd’hui les suffrages des chefs d’État et de gouvernement : la secrétaire générale sortante Louise Mushikiwabo (Rwanda), candidate à un troisième mandat, Juliana Amato Lumumba (République démocratique du Congo), Dacian Cioloș (Roumanie) et Coumba Bâ (Mauritanie). Tous partagent l’ambition de renforcer la place de la Francophonie sur la scène internationale, mais proposent des approches différentes quant aux priorités et au rôle que doit jouer l’organisation dans les années à venir.

Pour Djibouti, membre actif de l’OIF et acteur engagé de la coopération francophone, ce sommet représente également un enjeu majeur. La Francophonie constitue un espace privilégié de dialogue politique, de coopération universitaire, de formation, d’appui à la jeunesse, de promotion de la langue française et de développement économique. Le choix du futur secrétaire général influencera les priorités de l’organisation et, par conséquent, les opportunités offertes aux États membres.

À l’approche de ce rendez-vous décisif de Siem Reap, La Nation propose à ses lecteurs une série de portraits consacrée aux quatre prétendants à la tête de l’OIF. Chaque publication reviendra sur leur parcours, leur vision de la Francophonie, leurs propositions et les atouts qu’ils mettent en avant pour convaincre les dirigeants francophones.

À travers cette série, notre journal entend offrir aux lecteurs les clés de compréhension d’une élection qui dépasse le cadre institutionnel et qui dessinera les contours de la Francophonie de demain.