La République de Djibouti a réaffirmé avec force son engagement en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Est. À Kampala, où s’est tenue du 10 au 14 août 2026 la 36ᵉ Réunion ordinaire des organes politiques de la Force en attente de l’Afrique de l’Est (EASF), la délégation djiboutienne a défendu une vision claire : celle d’une organisation régionale plus solide, mieux financée et davantage préparée à répondre aux crises qui menacent la stabilité du continent.

Conduite par Omar Saïd Abdi, Ministre de l’Intérieur et Ministre de la Défense par intérim, la délégation djiboutienne comprenait également Iltireh Ibrahim Farah, Conseiller principal du Ministre de la Défense, et le Colonel Mohamed Elmi Abaneh, représentant le Chef d’état-major général des Armées.

La rencontre de Kampala intervient dans un contexte régional où les enjeux sécuritaires demeurent particulièrement complexes. Face à la multiplication des crises et à l’évolution des menaces, le renforcement des mécanismes africains de prévention, de gestion et de règlement des conflits apparaît plus que jamais comme une nécessité.

Une ambition commune pour une force plus efficace

Durant cinq jours, ministres de la Défense et de la Sécurité, chefs d’état-major et experts des États membres ont passé en revue les principaux dossiers liés à l’avenir de l’EASF.

Les discussions ont notamment porté sur le fonctionnement de l’organisation, la mobilisation des ressources, la transformation numérique, la communication institutionnelle et le renforcement des capacités opérationnelles, notamment dans le domaine aérien.

Les travaux ont suivi un processus institutionnel rigoureux. Les experts ont d’abord examiné les dossiers du 10 au 12 août, avant leur transmission au Comité des Chefs d’état-major de la Défense et de la Sécurité, réuni le 13 août. Le Conseil des Ministres a ensuite procédé à leur examen et à leur adoption le 14 août.

Prenant la parole devant ses homologues, Omar Saïd Abdi a réaffirmé la disponibilité de Djibouti à accompagner les efforts visant à faire de l’EASF une force crédible, réactive et pleinement opérationnelle. Une position qui traduit la volonté du pays de continuer à jouer un rôle actif dans les initiatives africaines de paix et de sécurité. Le ministre a également rendu un hommage appuyé à feu Hassan Omar Mohamed, ancien Ministre de la Défense, en saluant son engagement en faveur de la coopération régionale et du développement de l’EASF. Dans la continuité de cet engagement, Djibouti a annoncé sa détermination à apurer dans les meilleurs délais ses arriérés de contributions auprès de l’organisation.

Au-delà des déclarations de principe, les participants ont adopté plusieurs mesures destinées à consolider les fondations institutionnelles et financières de la Force. Le règlement révisé du personnel a notamment été approuvé, tandis que les termes de référence du Comité de mobilisation des ressources et d’engagement des donateurs ainsi que ceux du Comité d’audit et des affaires administratives ont été adoptés.

Les États membres ont également été invités à renforcer leurs contributions afin de garantir le fonctionnement régulier de l’EASF et de permettre la mise en œuvre de son plan stratégique pour la période 2026-2030.

La décision de convoquer en décembre 2026 l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernement de l’EASF constitue sans doute l’un des résultats les plus importants de la réunion de Kampala. Cette instance ne s’est plus réunie depuis 2014.

Son retour au premier plan pourrait marquer une nouvelle étape dans la consolidation politique de la Force. Les dirigeants des États membres devraient notamment se pencher sur les instruments juridiques et institutionnels de l’organisation, définir ses nouvelles priorités stratégiques et renforcer sa contribution aux opérations africaines de soutien à la paix.

Pour Djibouti, cette perspective est porteuse d’un enjeu particulier. Situé au cœur d’un espace géographique stratégique et engagé depuis plusieurs années dans les efforts de paix et de sécurité régionales, le pays entend continuer à apporter sa contribution aux mécanismes africains de sécurité collective. La participation djiboutienne à Kampala illustre ainsi une diplomatie de sécurité fondée sur la coopération, la responsabilité collective et le renforcement des capacités africaines. Dans un environnement régional marqué par des défis persistants, l’objectif est désormais de transformer les engagements en capacités concrètes.

La prochaine Réunion des organes politiques de l’EASF, prévue en Ouganda à partir du 30 novembre 2026, constituera une nouvelle étape sur cette voie. Elle préparera notamment le terrain pour le rendez-vous de décembre, qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de la Force en attente de l’Afrique de l’Est.