
Dans l’immensité du Grand Bara, le vent pourrait bientôt devenir le moteur d’une nouvelle aventure sportive et touristique. Né officiellement avec la création, en 2025, de la Fédération Djiboutienne de Char à Voile, ce sport de glisse entend profiter des conditions naturelles exceptionnelles du site pour s’imposer dans le paysage sportif national et, à terme, attirer des compétitions internationales. À perte de vue, le Grand Bara offre un décor spectaculaire : une immense étendue plane, un sol dur et compact et des vents réguliers. Un terrain presque idéal pour le char à voile, discipline qui associe vitesse, maîtrise technique et contact direct avec la nature. Propulsé uniquement par la force du vent, le char avance sans moteur ni carburant, faisant de cette activité un sport particulièrement respectueux de l’environnement.
Longtemps pratiquée de manière informelle par quelques passionnés, cette discipline entre désormais dans une nouvelle phase. Parmi ses pionniers figure Ali Liaka, dont l’engagement a contribué à maintenir cette pratique au fil des années. La création d’une fédération constitue aujourd’hui une étape majeure pour organiser, encadrer et développer le char à voile.

À la tête de cette jeune structure, Omar Ahmed Wais, deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale et ancien président du Conseil régional d’Ali-Sabieh, porte une ambition claire : faire du Grand Bara une référence du char à voile en Afrique et offrir à la jeunesse une nouvelle activité sportive, accessible et porteuse d’avenir.
Du sport au tourisme, une ambition à grande échelle
Le projet bénéficie déjà d’une première infrastructure. Le Conseil régional a mis gracieusement à disposition un complexe ainsi que onze chars à voile afin de permettre le lancement de l’activité. La Fédération entend désormais franchir progressivement les différentes étapes de sa structuration : création d’une école de pilotage, formation de moniteurs et d’arbitres, programme destiné aux jeunes, organisation d’un championnat national et lancement de l’Open du Grand Bara. L’objectif dépasse cependant le seul cadre sportif. Le char à voile est également perçu comme un nouvel outil de valorisation touristique du Grand Bara. En développant des partenariats avec les professionnels du tourisme, la Fédération souhaite proposer des séjours combinant découverte du désert, loisirs et pratique sportive.
Le potentiel du site est particulièrement important durant la période allant d’octobre à avril, lorsque les températures sont plus clémentes et les conditions de vent favorables. L’été, la pratique demeure possible ponctuellement, notamment tôt le matin, mais les fortes chaleurs limitent naturellement les activités.
La Fédération vise également une reconnaissance internationale à travers une affiliation à la FISLY, la Fédération Internationale de Sand et Land Yachting. Cette étape pourrait ouvrir la voie à l’organisation de compétitions régionales, africaines, voire mondiales.
Pour l’heure, la priorité reste la formation. Avant de voir des pilotes djiboutiens participer aux grandes compétitions internationales, il faudra constituer un vivier de pratiquants, former des encadreurs et mettre en place les structures nécessaires à une véritable filière sportive. Le pari est ambitieux, mais le Grand Bara possède un avantage rare : ici, le terrain et le vent sont déjà au rendez-vous. Reste désormais à transformer ce potentiel naturel en une véritable destination de sport et de tourisme.
Souber Hassan









































