
Chaque année, une mode particulièrement dangereuse fait des émules chez les jeunes adolescents : la conduite de deux-roues motorisés sans casque, qui les expose à un risque de traumatisme crânien sévère ou de décès, même lors d’un choc à faible vitesse. Ce comportement représente effectivement un enjeu de sécurité routière majeur et particulièrement complexe pour les forces de l’ordre.

Cent quarante-trois, c’est le nombre de cas d’accidents de motos enregistrés à Djibouti pour le seul mois de juillet, mois de fortes chaleurs. De ces malheureux accidents, on dénombre 98 blessés et 5 morts, selon les chiffres du registre de la Brigade de la circulation routière.
Or, parmi ces cinq vies arrachées sur la route, certaines pourraient être sauvées grâce au port du casque. D’après Moumin Ragueh, adjudant-chef à la Brigade routière, 48 % des accidents surviennent en zone urbaine (Djibouti-ville), principalement dus à l’inattention et au non-respect des priorités.
Le port du casque est un dispositif dont la vocation est de protéger la tête du motocycliste ou du passager qu’il transporte contre les traumatismes crâniens et les lésions cérébrales fatales. C’est un outil capital, une protection vitale absolue, tout comme la ceinture de sécurité l’est pour les automobilistes, et la population en est consciente.
Mais les excuses ne manquent pas pour justifier cette infraction lors des interpellations par la police routière. C’est le cas de M. Mahamoud Baraf, qui prétend que sa moto est vieille de 15 ans et qu’on lui a vendue à cette époque sans casque.
Or, si certains décident de ne pas se conformer à la loi, d’autres adhèrent et louent la mesure prise par le gouvernement. « Moi, je n’aime pas rouler sans casque, c’est devenu une habitude majeure. Je sais non seulement que c’est obligatoire aux yeux de la loi, mais cela me permet aussi d’éviter la poussière que je devrais inhaler par le nez et recevoir dans les yeux », souligne Simane Souleiman, coursière à moto au service de La Poste.
Le casque offre donc une meilleure protection faciale contre les chocs. Les mâchoires et le menton sont aussi protégés en cas d’accident. Il faut dire que le casque, surtout intégral, est celui qu’il faut absolument avoir si l’on tient à ne pas être défiguré en cas d’accident. Son importance ne se limite pas à son rôle protecteur en cas d’accident.
Et pourtant, dans la plupart des cas, le port du casque est considéré comme une pratique facultative chez certains usagers de la route.
Sur la Route Nationale n°1 (RN1), située entre le rond-point d’Einguela et le rond-point d’Ambouli, comme ailleurs à Djibouti, les usagers de la route sont régulièrement contrôlés en ce qui concerne le port du casque par les forces de l’ordre. L’opération de répression est presque systématique et impitoyable, un fait apprécié par les citoyens.
À Djibouti, la forte chaleur et la circulation urbaine rendent le choix du casque de moto particulièrement stratégique pour concilier sécurité et confort thermique. Il existe cependant deux types de modèles principaux avec de multiples caractéristiques :
Le casque intégral : offrant la protection maximale en couvrant toute la tête et le menton. Il est idéal pour la route, les longs trajets et la vitesse, mais peut tenir chaud en été.
Le casque modulable : sa mentonnière se relève pour transformer le casque en version jet. Il est très pratique pour les trajets urbains et les porteurs de lunettes, bien qu’il soit un peu plus lourd qu’un intégral. Selon le capitaine Hassan Boulaleh de la police routière, suivant la loi promulguée le 6 juin 2010, le motocycliste doit se munir d’un permis de conduire obligatoire ainsi que d’une plaque d’immatriculation pour sa moto, avec la présentation d’un casque, d’un permis A ou A1, d’une carte grise et d’une assurance. Sans ces éléments, aucune moto ne pourra désormais circuler dans la ville de Djibouti.
En 2010, un décret oblige les vendeurs à intégrer le casque aux équipements d’accompagnement des engins motorisés à deux roues lors de la vente, même si beaucoup de vendeurs ne l’appliquent pas. Le port du casque est effectivement obligatoire et strictement appliqué pour tout conducteur de deux-roues motorisé ainsi que pour son passager. Cette obligation s’appuie sur la Loi n° 80/AN/10/6ème L qui modifie le Code de la route en République de Djibouti.
Soulignons aussi qu’en décembre dernier, le ministère des Transports avait rappelé la nécessité de se conformer au port du casque, ajoutant que la marque du casque doit être mentionnée sur le reçu d’achat du client, faisant partie des pièces obligatoires du dossier d’immatriculation.
Sensibilisation autour du port du casque
L’obligation de porter un casque s’applique aussi bien au conducteur qu’à son passager. Il est toujours recommandé de disposer de deux casques propres et adaptés afin de protéger efficacement chaque occupant.
Pour cet agent de la circulation routière, le non-port du casque par les motards est une négligence qui constitue un risque mortel majeur, souvent minimisé par de fausses perceptions liées au confort, certains expliquant que le casque est gênant et encombrant.
Quant à M. Houssein Rachid, avocat au barreau du Palais de Justice, il souligne qu’à Djibouti, en principe, le port du casque est obligatoire. Mais cette règle fait partie des nombreuses lois qui sont tombées en désuétude. Il faudra qu’un jour l’État s’implique en organisant une journée de sensibilisation en collaboration avec les autorités compétentes, dont le ministère des Transports, la Sécurité routière et la mairie de Djibouti.
Selon la Brigade de la circulation routière, les motocyclistes n’ayant pas porté leur casque en circulation seront privés de leur moto et soumis au paiement d’une amende de 20 000 FD au Trésor public, sans compter les frais de fourrière.
Cette mesure vise à renforcer la sécurité routière et à réduire drastiquement la mortalité chez les usagers de deux-roues motorisés. Le non-port du casque reste l’une des principales causes de traumatismes crâniens graves en cas d’accident.
En réalité, il ne suffit pas seulement de porter un casque, il faut également respecter le Code de la route. Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais la route nous parle.
Saleh Ibrahim Rayaleh









































