
Entre révisions intensives, peur de l’échec et attentes familiales, des milliers de candidats affrontent en cette période un défi aussi psychologique qu’académique. Si le stress peut être un moteur de réussite, il peut également devenir un frein lorsqu’il n’est pas maîtrisé.
À Djibouti, la saison des examens bat son plein. Entrée en sixième, Brevet d’enseignement fondamental (BEF) et baccalauréat rythment le quotidien de milliers d’élèves et de leurs familles. Dans les foyers comme dans les établissements scolaires, la tension est palpable.
Les cahiers s’accumulent, les nuits se raccourcissent et l’inquiétude grandit à mesure que s’approchent les dates des épreuves. Le stress est devenu un compagnon presque incontournable de cette période décisive. Palpitations, difficultés de concentration, insomnies ou encore peur de l’échec figurent parmi les manifestations les plus fréquentes. Pour de nombreux candidats, la crainte de décevoir leurs parents ou de compromettre leur avenir renforce encore davantage cette pression.
Mariam H., aujourd’hui étudiante à l’Université de Balbala, se souvient de son expérience lors de la préparation du baccalauréat en 2024. « J’étais très stressée, mais j’ai appris à m’organiser et à garder confiance en moi. Cela m’a permis de réussir mon examen », raconte-t-elle.
Selon les spécialistes, ce stress trouve souvent son origine dans une anticipation négative des événements. Les élèves redoutent de ne pas terminer leurs révisions à temps, de tomber sur un sujet inattendu ou simplement d’échouer malgré leurs efforts.
Pour le Dr Ali Djama, neurologue au CHU de l’Hôpital Peltier, la qualité du sommeil constitue l’un des facteurs essentiels pour mieux gérer cette pression. « Pendant le sommeil, le cerveau trie et consolide les informations apprises dans la journée. Il transfère les connaissances de la mémoire à court terme vers une mémoire plus durable. Faire des nuits blanches est contre-productif », explique-t-il. Le spécialiste recommande également une alimentation équilibrée et une bonne hygiène de vie afin de préserver les capacités de concentration et de mémorisation.
Quand la pression familiale s’invite dans les révisions
Contrairement aux idées reçues, les élèves les plus performants ne sont pas toujours les mieux armés face au stress. Habitués à l’excellence et soumis à des attentes élevées, ils peuvent parfois perdre leurs moyens le jour de l’examen.
Mme Kadra, enseignante au collège Biokeyd, observe régulièrement ce phénomène. « Certains élèves maîtrisent parfaitement leurs cours mais, au moment de l’épreuve, la peur et le doute prennent le dessus. Ils n’arrivent plus à mobiliser leurs connaissances et obtiennent des résultats bien en dessous de leur niveau réel», explique-t-elle.
La pression ne touche cependant pas uniquement les candidats. Les parents vivent eux aussi cette période avec une forte charge émotionnelle. Témoins des efforts fournis par leurs enfants, ils partagent leurs inquiétudes, leurs espoirs et parfois leurs propres angoisses. Beaucoup suivent de près les révisions, encouragent leurs enfants et s’investissent pleinement dans leur réussite. Cette implication, bien que souvent bienveillante, peut parfois accentuer involontairement la pression ressentie par les candidats.
Pour les spécialistes, il est toutefois important de rappeler que le stress n’est pas forcément un ennemi. À dose modérée, il stimule la vigilance, favorise la concentration et pousse à l’action. Il constitue même un mécanisme naturel d’adaptation face à un enjeu important.
À l’inverse, l’absence totale de stress peut traduire un manque d’intérêt ou de motivation pour l’examen. Pour mieux traverser cette période, les experts recommandent une bonne organisation du temps de travail, des pauses régulières, la pratique d’une activité physique et un sommeil suffisant. Autant de conseils qui permettent de réduire la pression et d’aborder les épreuves dans les meilleures conditions.
Car au-delà de l’anxiété et des appréhensions, une réalité demeure : la confiance naît souvent de la préparation. Plus le travail est régulier et méthodique, plus le stress tend à diminuer, laissant alors la place à la sérénité et à la performance.
Nous souhaitons bonne chance aux élèves de terminale qui vont entamer demain les épreuves du baccalauréats 2026.
Saleh Ibrahim Rayaleh








































