
En cette mi-juillet, Djibouti traverse l’une des périodes les plus chaudes de l’année. Si les thermomètres affichent des températures avoisinant les 38 °C dans plusieurs régions du pays, la réalité est bien plus éprouvante pour les habitants. Sous l’effet d’un taux d’humidité proche de 80 %, la température ressentie atteint parfois 46 °C, plaçant l’organisme humain dans des conditions de stress thermique particulièrement élevées. Ce phénomène, souvent méconnu du grand public, constitue pourtant un véritable enjeu de santé publique.
Depuis plusieurs jours, la chaleur s’est intensifiée sur l’ensemble du territoire national. Dès les premières heures de la matinée, l’air est lourd et difficile à supporter. À mesure que la journée avance, les rues se vident progressivement, les activités extérieures ralentissent et chacun cherche un refuge à l’abri du soleil. Les fortes chaleurs qui caractérisent habituellement l’été djiboutien sont cette année aggravées par une humidité exceptionnelle, rendant l’atmosphère encore plus étouffante.
Selon les données de l’Agence nationale de la météorologie, les températures maximales enregistrées oscillent autour de 38 °C dans plusieurs localités. Pourtant, ces chiffres ne reflètent qu’en partie la réalité.
En raison de l’humidité très élevée, le corps humain perçoit une température bien supérieure, atteignant localement jusqu’à 46 °C. Cette différence est mesurée grâce à l’indice de chaleur, qui combine la température de l’air et le taux d’humidité afin d’évaluer la chaleur réellement ressentie par l’organisme.
Une humidité qui empêche le corps de se refroidir
Le phénomène repose sur un mécanisme physiologique simple. Lorsque la température du corps augmente, celui-ci produit de la sueur afin de maintenir une température interne stable, proche de 37 °C. En temps normal, cette sueur s’évapore au contact de l’air et emporte avec elle une partie de la chaleur corporelle.
Mais lorsque l’humidité atteint des niveaux élevés, comme c’est actuellement le cas à Djibouti, ce processus devient beaucoup moins efficace.
L’air étant déjà saturé en vapeur d’eau, la transpiration s’évapore difficilement. La sueur reste sur la peau sans assurer le refroidissement attendu. Le corps accumule alors progressivement la chaleur, ce qui accroît considérablement la sensation de chaleur et augmente les risques pour la santé. C’est précisément cette combinaison entre chaleur et humidité qui explique pourquoi une température de 38 °C peut être ressentie comme une température proche de 46 °C.
Un risque réel pour la santé
Les spécialistes rappellent que la température ressentie constitue un indicateur essentiel pour évaluer les risques sanitaires liés aux épisodes caniculaires. Lorsque le corps ne parvient plus à évacuer efficacement la chaleur, plusieurs troubles peuvent apparaître. Les premiers symptômes sont généralement une fatigue inhabituelle, une soif intense, des maux de tête, des vertiges ou encore des crampes musculaires. Si l’exposition à la chaleur se prolonge, la situation peut évoluer vers un épuisement thermique, voire un coup de chaleur, une urgence médicale pouvant entraîner une défaillance des organes et mettre en jeu le pronostic vital.
Les personnes âgées, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques ainsi que les travailleurs exerçant leurs activités en extérieur figurent parmi les populations les plus exposées. Cette chaleur exceptionnelle influence également le quotidien des habitants. Les déplacements deviennent plus pénibles, les activités physiques sont limitées et la consommation d’eau augmente fortement. Dans certains quartiers, les habitants privilégient les sorties tôt le matin ou en soirée afin d’éviter les heures les plus chaudes de la journée. Les professionnels travaillant en plein air, notamment dans les secteurs du bâtiment, du transport, de la manutention ou encore de la pêche, doivent adapter leur rythme de travail pour limiter leur exposition au soleil et prévenir les accidents liés à la chaleur.
Les établissements de santé restent également attentifs à une éventuelle augmentation des consultations liées à la déshydratation ou aux malaises provoqués par les fortes températures.
Face à cette vague de chaleur, les autorités sanitaires recommandent d’adopter plusieurs gestes simples mais essentiels.
Il est conseillé de boire régulièrement de l’eau, même sans ressentir la soif, afin de prévenir la déshydratation.
Les boissons très sucrées, alcoolisées ou fortement caféinées sont à limiter, car elles favorisent la perte d’eau. Il est également recommandé d’éviter les efforts physiques durant les heures les plus chaudes, généralement entre 11 heures et 16 heures, de rechercher autant que possible les endroits ombragés ou climatisés, de porter des vêtements légers, amples et de couleur claire, ainsi qu’un couvre-chef lors des déplacements.
Les familles sont invitées à surveiller particulièrement les enfants et les personnes âgées, qui ressentent parfois moins rapidement les effets de la déshydratation.
SOUBER HASSAN








































