Après une semaine de sensibilisation dans les quartiers de la commune de Boulaos, l’Autorité nationale de  cybersécurité (ANC) poursuit sa tournée dans les centres de développement communautaire de Balbala. À travers des échanges directs avec les familles et les jeunes, cette campagne d’octobre entend promouvoir les bons réflexes numériques et renforcer la protection des enfants face aux dangers d’Internet.

La sensibilisation se rapproche des populations. Après avoir sillonné les quartiers de la commune de Boulaos, l’équipe de l’Autorité nationale de  cybersécurité (ANC) met le cap sur Balbala, poursuivant ainsi sa campagne nationale organisée durant tout le mois d’octobre. L’objectif est clair : informer les citoyens sur les risques liés à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux, tout en leur donnant les moyens de mieux s’en prémunir.

Placée sous la coordination d’Ilyane  Abdoulfatah Moussa, responsable de l’unité Gouvernance, Risques et Résilience de l’ANC, cette initiative mobilise des représentants de plusieurs institutions, notamment les ministères chargés de la Femme et de la Famille, ainsi que de la Jeunesse et de la Culture, l’Union nationale des femmes  djiboutiennes, la Gendarmerie nationale, la Police nationale et le parquet. Une approche pluridisciplinaire qui permet d’aborder les enjeux de la cybersécurité sous leurs dimensions éducative, sociale, préventive et judiciaire.

À l’heure où les usages numériques occupent une place croissante dans la vie quotidienne, la protection des internautes devient une préoccupation majeure. Si Internet constitue une formidable source d’information, d’apprentissage et de divertissement, il expose également les utilisateurs à des risques multiples : cyberharcèlement , escroqueries, contenus inappropriés et sollicitations malveillantes. Les enfants et les adolescents, particulièrement présents sur les réseaux sociaux, figurent parmi les publics nécessitant une vigilance accrue.

La protection des enfants, une responsabilité partagée

La transformation numérique engagée par le pays s’accompagne de nouveaux défis en matière de sécurité. La Stratégie nationale de  cybersécurité  2024-2030, le Code numérique et la mise en place de l’ANC témoignent de la volonté de renforcer le cadre de protection. Mais les dispositifs juridiques et les outils techniques ne peuvent, à eux seuls, garantir la sécurité de tous. « La première ligne de défense, c’est donc chacun de nous », rappelle une responsable de l’unité Gouvernance, Risques et Résilience de l’ANC. Elle souligne que la campagne vise à développer les compétences numériques et à transmettre des réflexes simples, accessibles à tous, y compris aux personnes peu familiarisées avec l’informatique.

Dans les centres de développement communautaire, les rencontres prennent la forme de véritables espaces de dialogue. Parents et jeunes posent leurs questions, partagent leurs préoccupations et sollicitent des conseils pratiques pour mieux encadrer les usages numériques au sein des familles. Les échanges se prolongent parfois au-delà du temps initialement prévu, signe de l’intérêt suscité par les thématiques abordées.

Les mères de famille participent activement aux discussions, notamment sur les moyens de mieux accompagner les enfants dans leur navigation en ligne, de prévenir les contacts dangereux et de signaler les situations préoccupantes aux services compétents. L’enjeu est de faire de la vigilance parentale un complément indispensable aux actions de sensibilisation et aux mécanismes institutionnels de protection.

Au fil de la tournée, une autre préoccupation a également émergé : les jeux en ligne et leurs conséquences sur le quotidien des jeunes. Cette question a nourri les discussions avec les intervenants, illustrant la diversité des défis associés aux pratiques numériques et la nécessité d’y apporter des réponses adaptées.

En poursuivant sa campagne à Balbala, l’ANC entend consolider les acquis de cette mobilisation de proximité. Au-delà des messages diffusés, l’ambition est d’ancrer durablement une culture de la cybersécurité dans les habitudes quotidiennes. Car, face à des menaces numériques en constante évolution, la prévention repose autant sur les dispositifs nationaux que sur la capacité de chaque citoyen à reconnaître les risques, adopter les bons comportements et demander de l’aide en cas de besoin.

Sadik Ahmed