Préfète adjointe, ancienne enseignante permanente en droit public et doctorante à l’Université de Poitiers, Saïda Waberi Assoweh a participé au Colloque régional sur la commande publique, organisé les 21 et 22 octobre 2026 à Dikhil et à Ali-Sabieh. Dans un entretien qu’elle nous a accordé à l’issue de la cérémonie de clôture, elle revient sur les enjeux de la digitalisation des marchés publics et souligne la nécessité de concilier innovation, transparence, sécurité juridique et efficacité de la dépense publique pour moderniser l’administration et mieux servir l’intérêt général.

La Nation : Le Colloque régional sur la commande publique a placé l’innovation au cœur des échanges. Quelle importance revêt cette rencontre pour l’administration publique ?

Saïda Waberi Assoweh : La commande publique occupe une place importante dans le fonctionnement de l’État. Derrière chaque marché, il y a des besoins à satisfaire, des projets à réaliser et des ressources publiques à gérer. La modernisation des procédures constitue donc un enjeu majeur. Elle doit permettre de renforcer la transparence, d’améliorer les pratiques administratives et de garantir une utilisation rigoureuse des deniers publics.

Vous avez pris part à un panel consacré à la digitalisation des marchés publics. Quels changements peut-on en attendre ?

La digitalisation offre de réelles possibilités d’amélioration. Elle peut simplifier les démarches, faciliter l’accès à l’information et assurer un meilleur suivi des procédures. Toutefois, la technologie ne suffit pas à elle seule. Elle doit s’accompagner d’une formation adaptée des agents, d’une organisation efficace et du respect des règles juridiques qui encadrent la commande publique.

Comment concilier la transparence, le respect de la légalité et l’efficacité de la dépense publique ?

Ces exigences sont étroitement liées. La transparence suppose des procédures claires, des responsabilités bien définies et un contrôle approprié. L’efficacité exige, quant à elle, une bonne préparation des marchés et une maîtrise des règles applicables. Il s’agit de trouver un équilibre permettant à l’administration de répondre à ses besoins tout en préservant l’intérêt général et la bonne gestion des ressources publiques.

Votre parcours associe responsabilités administratives, enseignement du droit public et recherche universitaire. Quel regard cette expérience vous permet-elle de porter sur la modernisation de l’État ?

L’expérience administrative permet d’appréhender les réalités du terrain et les exigences du service public. L’enseignement et la recherche permettent d’approfondir la réflexion sur les règles, les institutions et leur évolution. Ces approches sont complémentaires. La modernisation de l’État ne concerne pas seulement les outils et les procédures ; elle repose aussi sur la qualité du cadre juridique, les compétences des agents et la capacité des institutions à répondre aux besoins de la population.

Au terme de ces deux journées, quel message souhaitez-vous retenir de ce colloque ?

Ce colloque a permis de mettre en lumière les défis et les perspectives de la commande publique. La digitalisation représente une opportunité, à condition qu’elle s’inscrive dans une démarche cohérente de modernisation de l’administration. La transparence, la sécurité juridique et la responsabilité doivent rester au centre de cette évolution. Au-delà des procédures, l’objectif est de faire de la commande publique un instrument.