L’Éthiopie poursuit la modernisation de ses infrastructures aériennes et de ses grands pôles régionaux. Le Premier ministre Abiy Ahmed a inauguré, le 6 août 2026, le nouveau terminal de l’aéroport international Dejazmach Belay Zeleke de Bahir Dar, une infrastructure présentée comme une étape majeure dans le développement de la ville et de sa connectivité avec le reste du pays et l’extérieur.

La nouvelle installation, qui devient le deuxième plus grand terminal aéroportuaire du pays après celui de l’aéroport international Addis-Abeba Bole, doit permettre d’accroître considérablement la capacité d’accueil des passagers. Elle s’accompagne de la modernisation de plusieurs infrastructures environnantes, de l’amélioration des voies d’accès et de l’installation d’équipements destinés à améliorer les conditions de voyage.

Pour le Premier ministre Abiy Ahmed, cette réalisation dépasse le cadre d’un simple projet d’infrastructure. Elle constitue, selon lui, « un symbole fort de résilience, de reprise et d’investissement tourné vers l’avenir », au moment où les autorités cherchent à renforcer les infrastructures susceptibles d’accompagner la croissance économique et les échanges régionaux.

Une nouvelle porte d’entrée vers le nord-ouest

Située sur les rives du lac Tana, Bahir Dar est à la fois un important centre économique et l’une des principales destinations touristiques du pays. Lors de la cérémonie d’inauguration, Abiy Ahmed a rappelé le rôle historique de la ville, qui constitue depuis plus d’un siècle un pont commercial entre plusieurs régions, notamment le Shewa et le Welega, et les territoires septentrionaux de Gondar. Le nouveau terminal devrait ainsi renforcer l’attractivité de la ville en facilitant l’arrivée des voyageurs et en soutenant le développement des échanges commerciaux et touristiques. Cette amélioration de la desserte aérienne intervient alors que plusieurs projets structurants sont en cours dans la région.

Le Premier ministre a notamment cité le complexe touristique de Gorgora, Felge Ghion ainsi que les efforts engagés pour améliorer le transport maritime sur le lac Tana.

Ces projets, associés aux investissements privés, doivent contribuer à faciliter l’accès aux îles historiques et aux nombreux sites naturels et culturels qui entourent le lac.

Bahir Dar connaît également une transformation plus large de son environnement urbain. La création d’un parc industriel, l’aménagement de nouvelles routes intra-urbaines, la construction de ponts, le développement de corridors de transport et le projet de construction d’un nouveau stade figurent parmi les initiatives évoquées par le Premier ministre.

Des ambitions qui exigent des ressources et de la stabilité

Pour Abiy Ahmed, la modernisation des infrastructures ne peut toutefois produire pleinement ses effets sans une gestion durable et une stabilité régionale. Il a ainsi identifié deux conditions essentielles au maintien de cette dynamique.  La première concerne le renforcement des recettes municipales. Malgré les infrastructures dont elle dispose, Bahir Dar se classe actuellement au septième rang des villes éthiopiennes en matière de recettes, selon le Premier ministre.

L’augmentation des ressources locales apparaît donc nécessaire pour assurer l’entretien et le développement des espaces verts, des corridors urbains et des différents services publics.

L’objectif affiché est de faire de Bahir Dar une ville économiquement plus autonome, capable de financer son développement et d’offrir un environnement attractif aux visiteurs comme aux investisseurs.

La seconde condition mise en avant est la préservation de la paix régionale. Sans stabilité, a souligné le Premier ministre, les investissements, la croissance économique et le développement du tourisme ne peuvent s’inscrire durablement dans le temps.

À travers ce nouveau terminal, l’Éthiopie ne mise donc pas seulement sur l’augmentation du trafic aérien. Elle cherche à faire de Bahir Dar une véritable plateforme de mobilité, de tourisme et d’affaires, au cœur de la transformation économique de la région d’Amhara.

L’inauguration marque ainsi une nouvelle étape pour la ville, dont le développement urbain, touristique et aérien pourrait renforcer progressivement le rôle dans les échanges nationaux et internationaux.