
Sous la présidence du ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, M. Mohamed Abdoulkader Moussa, les comités de pilotage des projets Djibouti Fondement Numérique (DFN) et EARDIP se sont réunis dimanche 25 octobre. Au cœur des échanges : accélérer les investissements, renforcer les infrastructures de télécommunications et donner une nouvelle impulsion à la stratégie numérique nationale. Une réunion qui marque la volonté du Gouvernement de transformer ses ambitions technologiques en réalisations concrètes.

La transformation numérique de Djibouti entre dans une phase décisive. Il ne s’agit plus seulement de construire des réseaux, mais de faire de ces infrastructures un véritable moteur de croissance, de modernisation et d’intégration régionale.
C’est tout l’enjeu des réunions des comités de pilotage des projets DFN et EARDIP, présidées hier par le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, M. Mohamed Abdoulkader Moussa.
Ces rencontres ont réuni plusieurs responsables des institutions nationales engagées dans le développement des technologies de l’information et de la communication.
Aux côtés du ministre figurait notamment M. Abdoulrachid Idriss Nour, conseiller principal du ministre, ainsi qu’une importante délégation de l’Autorité de Régulation Multisectorielle de Djibouti (ARMD), conduite par son directeur général, M. Abdi Elmi Achkir.
Cette délégation comprenait également Mme Mouna Abdillah Omar, directrice générale adjointe de l’ARMD, M. Mohamed Habib Daoud, directeur des Télécommunications et des TIC, et M. Farah Ahmed Guedi, représentant de l’Autorité.

Participaient également aux travaux M. Harbi Djilal Riale, représentant de Djibouti Télécom, ainsi que M. Aissar Ahmed Osman, Project Management Officer (PMO) au ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation (MDENI). L’Unité de Gestion des Projets était représentée par Mme Hawa Youssouf Kayad, coordinatrice des projets DFN et EARDIP, accompagnée de M. Hile Mohamed Elmi, responsable de la passation des marchés du projet EARDIP, et de Mme Warsan Ali Moussa, responsable de la passation des marchés du projet DFN.
Autour de la table, les représentants des institutions bénéficiaires, du régulateur, de Djibouti Télécom et de l’Unité de Gestion des Projets ont dressé un état des lieux des réalisations, examiné les obstacles persistants et défini les priorités des prochains mois. Mais derrière l’exercice de suivi technique et financier se dessine une ambition autrement plus large : faire de Djibouti un territoire mieux connecté, une économie plus compétitive et un acteur incontournable de l’intégration numérique en Afrique de l’Est.
Des engagements aux résultats : le temps de l’accélération
Le message politique de cette rencontre est clair : les infrastructures numériques occupent une place centrale dans la stratégie de développement du pays.
Dans un environnement international où la maîtrise des réseaux, des données et des technologies conditionne désormais la compétitivité des économies, Djibouti entend renforcer ses capacités et consolider les fondements de sa souveraineté numérique. Cette ambition repose sur une approche complémentaire : moderniser le cadre national des télécommunications tout en développant les connexions avec les marchés régionaux. Deux projets, financés par la Banque mondiale à travers l’Association internationale de développement (IDA), incarnent cette orientation.
Le premier, Djibouti Fondement Numérique (DFN), mobilise une enveloppe de 10 millions de dollars. Le second, EARDIP, bénéficie d’un financement de 20 millions de dollars et inscrit le pays dans une dynamique plus vaste d’intégration numérique est-africaine. Ensemble, ils représentent 30 millions de dollars de financements programmés pour contribuer à bâtir un environnement numérique plus ouvert, plus performant et davantage tourné vers les besoins des populations et des entreprises.
DFN : une infrastructure qui rapproche l’État du citoyen
Les résultats du projet Djibouti Fondement Numérique témoignent d’avancées significatives.
Présentant l’état d’avancement du projet devant les membres du comité, Mme Hawa Youssouf Kayad, coordinatrice des projets DFN et EARDIP, a exposé les principales réalisations enregistrées ainsi que les priorités à conduire durant les prochains mois. À ce jour, 26 des 35 activités programmées sont achevées. Près de 80 % des ressources sont engagées et le taux de décaissement atteint 56 %.
Au-delà de ces indicateurs, les réalisations portent sur des transformations de fond : renforcement du cadre réglementaire, développement du haut débit, accompagnement de l’autorité de régulation, promotion des compétences numériques et amélioration de la connectivité des bâtiments publics. La modernisation de l’accès à Internet des administrations constitue l’une des avancées les plus concrètes de cette démarche. Derrière les kilomètres de fibre optique et les capacités de connexion supplémentaires se profile une évolution essentielle : celle d’une administration plus accessible, de services publics plus efficaces et d’un territoire dont les différentes régions participent davantage à la dynamique nationale.
La phase pilote a déjà permis d’améliorer l’accès à Internet de plusieurs institutions publiques. Les travaux du comité ont souligné la nécessité d’accélérer la phase opérationnelle et de sécuriser l’achèvement des activités restantes avant la clôture du projet, prévue le 30 juin 2027.
L’enjeu est désormais de faire passer la connectivité du registre des infrastructures à celui des services rendus aux citoyens.
EARDIP : Djibouti regarde au-delà de ses frontières
Avec EARDIP, Djibouti élargit l’horizon de ses ambitions numériques. Doté de 20 millions de dollars, ce programme régional porte une vision stratégique : renforcer les connexions transfrontalières, améliorer la couverture numérique, faciliter les échanges de données et développer les compétences nécessaires à l’émergence d’une économie numérique régionale. La présentation conduite par la coordinatrice a notamment permis de revenir sur les principales composantes du projet, l’état d’avancement de ses activités et les conditions nécessaires à l’accélération des investissements prévus.
Sa portée est considérable pour un pays dont la position géographique constitue déjà un avantage majeur dans les échanges commerciaux internationaux.
À la croisée des routes maritimes, logistiques et commerciales, Djibouti entend également consolider sa place dans les réseaux de communication qui structurent l’économie de demain. Les investissements envisagés concernent notamment l’extension des liaisons terrestres transfrontalières, le déploiement de douze sites mobiles 4G ainsi que le développement de boucles de fibre optique vers Dikhil, Tadjourah et Obock. Le comité a examiné les conditions nécessaires au lancement de ces infrastructures, en particulier la validation des études commerciales, environnementales et sociales.
L’objectif est double : améliorer durablement l’accès à la connectivité sur le territoire national et renforcer la contribution de Djibouti à l’intégration numérique de l’Afrique de l’Est.
Après avoir consolidé son rôle de carrefour logistique, Djibouti entend ainsi faire de la connectivité numérique un autre pilier de son rayonnement régional.
Une exigence nouvelle : l’efficacité de l’action publique
Les travaux n’ont pas éludé les difficultés qui accompagnent la réalisation de projets de cette envergure. Délais contractuels, contraintes de planification, études préalables et nécessité d’une coordination renforcée entre institutions ont été examinés avec attention. Les comités ont également étudié les possibilités de réallocation des ressources non consommées et de mobilisation éventuelle de financements additionnels, dans le respect des procédures de la Banque mondiale.
La priorité accordée à ces questions traduit une exigence de gestion : chaque investissement doit répondre à un besoin identifié, respecter un calendrier maîtrisé et produire des résultats vérifiables. Les recommandations adoptées portent ainsi sur l’accélération des activités en cours, la clarification des priorités, la mobilisation des institutions bénéficiaires et le suivi régulier des résultats. Cette démarche place la responsabilité institutionnelle et l’efficacité de l’exécution au centre de la conduite des politiques publiques.
Le numérique, une ambition pour tous les territoires
Au-delà des réunions et des arbitrages financiers, c’est une certaine conception du développement qui se dessine.
Une conception dans laquelle la technologie n’est pas réservée aux grands centres économiques, mais contribue aussi au désenclavement des régions, à l’amélioration des services publics et à l’émergence de nouvelles opportunités pour la jeunesse. Connecter une administration, renforcer un réseau, moderniser la réglementation ou former aux compétences numériques participe d’un même mouvement : celui d’une économie qui se prépare aux transformations de demain.
En clôturant les travaux, le ministre Mohamed Abdoulkader Moussa a salué l’engagement des institutions et des partenaires mobilisés et appelé à un suivi diligent des recommandations formulées. À travers le DFN et l’EARDIP, le ministère de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, confirme sa volonté d’inscrire le développement des TIC et des infrastructures numériques au cœur de l’action gouvernementale.
Car l’ambition numérique de Djibouti ne se mesure pas uniquement à la quantité de fibre déployée ou au nombre d’équipements installés.Elle se mesure à ce que ces investissements rendent possible des services plus proches, des territoires mieux reliés, des entreprises plus compétitives et des perspectives nouvelles pour les générations futures.










































