Les enjeux contemporains de la sécurité maritime régionale étaient au cœur d’une conférence de haut niveau organisée dimanche au Centre régional de formation maritime (CRFM) de Doraleh. Initiée par les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj), en partenariat avec le CRFM, cette rencontre a réuni des experts civils et militaires, des universitaires, des diplomates ainsi que des responsables institutionnels venus échanger sur l’évolution des mécanismes de coopération maritime dans la région.

Placée sous le thème « Le Code de conduite de Djibouti : entre droit souple et gouvernance maritime régionale », la conférence a permis d’examiner la portée et l’évolution de cet instrument de coopération devenu, au fil des années, une référence en matière de sécurité maritime dans la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien occidental.

Le panel d’intervenants comprenait notamment des représentants des ministères concernés, l’ambassadeur de France à Djibouti, M. Jérôme Bresson   le Dr Ali Miganeh Hadi, maître de conférences en droit maritime à l’Université de Djibouti, le contre-amiral Thibault Haudos de Possesse, commandant de la Force aéromaritime de réaction rapide de la Marine nationale française, ainsi que le contre-amiral Milos Argenton, commandant de la Force ASPIDES de l’Union européenne.

Les échanges ont porté sur les défis croissants auxquels sont confrontés les espaces maritimes régionaux. Initialement conçu pour lutter contre la piraterie maritime, le Code de conduite de Djibouti a progressivement élargi son champ d’action afin de répondre à des menaces plus diversifiées telles que les trafics illicites, le terrorisme maritime, la pêche illégale ou encore d’autres formes de criminalité transnationale affectant la sécurité des mers. Les intervenants ont souligné l’importance de l’Amendement de Djeddah adopté en 2017, qui a permis de renforcer les mécanismes de coopération régionale et d’adapter les réponses aux nouvelles réalités sécuritaires. Cette évolution témoigne de la nécessité d’une approche collective face à des défis qui dépassent désormais le seul cadre de la lutte contre la piraterie. La conférence a également mis en lumière l’importance croissante des questions de gouvernance maritime dans un contexte marqué par l’interconnexion des enjeux sécuritaires, économiques, environnementaux et technologiques. Les participants ont insisté sur la nécessité de développer des partenariats solides entre les États, les organisations internationales et les acteurs du secteur maritime afin de garantir la sûreté des voies de navigation et la stabilité régionale.

Au-delà de son aspect académique et stratégique, cette rencontre a offert un espace de dialogue entre experts et décideurs autour des meilleures pratiques en matière de coopération maritime.  Elle a également permis de rappeler le rôle central des cadres régionaux de concertation dans la prévention des menaces et le renforcement de la sécurité collective.

Cette initiative illustre ainsi la volonté des partenaires régionaux et internationaux de poursuivre leurs efforts communs en faveur d’une gouvernance maritime plus efficace, capable de répondre aux défis émergents qui façonnent aujourd’hui l’environnement sécuritaire des espaces maritimes régionaux.