Au mont Goda, là où les gravures rupestres racontent des millénaires d’histoire, Djibouti accélère sa marche vers une reconnaissance internationale. Une délégation du ministère de la Jeunesse et de la Culture s’est rendue le jeudi 23 juillet dernier à Randa dans la région de Tadjourah, pour discuter avec les membres du Comité local de gestion du site rupestre d’Abourma. Il s’agit là d’une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la candidature de ce site djiboutien à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Entre concertation avec les autorités locales et mobilisation des communautés, cette visite illustre la volonté de faire de ce trésor archéologique un symbole du patrimoine national et un moteur de développement durable.

Sur les hauteurs de la localité Randa, les parois rocheuses d’Abourma conservent depuis des millénaires les traces des premiers peuples qui ont occupé le territoire djiboutien. Gravées dans la pierre, des silhouettes humaines, des animaux et des scènes de vie témoignent d’un passé exceptionnel dont la portée dépasse désormais les frontières nationales. Aujourd’hui, ce patrimoine unique nourrit l’ambition de rejoindre la prestigieuse Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

C’est dans cette perspective qu’une mission technique du ministère de la Jeunesse et de la Culture s’est rendue jeudi à Randa dans la région de Tadjourah. Conduite par le Conseiller technique principal, Idriss Moussa Ahmed, accompagné d’Ahmed Mohamed Ibrahim, Conseiller technique, et de Souleiman Houmad Abdi, Directeur des Régions, la délégation avait pour objectif de consolider les actions engagées autour de la candidature d’Abourma et d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du Plan de gestion du site.

À leur arrivée à Tadjourah-ville, les responsables du ministère ont été accueillis par le préfet de la région, Mohamed Houmed Abass, et le président du Conseil régional, Idriss Ambassa Mohamed. Cette rencontre a permis de réaffirmer l’implication des autorités territoriales dans un projet qui dépasse la seule dimension culturelle pour toucher aux enjeux du développement local, du tourisme durable et de la transmission de la mémoire nationale.

Une feuille de route pour protéger un patrimoine d’exception

Une première séance de travail avec les autorités régionales, a porté sur l’état d’avancement de la candidature auprès de l’UNESCO, les dispositifs déjà mis en place pour préserver le site ainsi que les actions prioritaires prévues dans le Plan de gestion quinquennal.

Ce document stratégique constitue la pierre angulaire du processus de candidature. Il fixe les orientations destinées à assurer une conservation durable du site, à renforcer sa surveillance, à améliorer sa gestion et à promouvoir une valorisation respectueuse de son authenticité. L’objectif étant de répondre aux standards internationaux exigés pour une inscription au patrimoine mondial tout en garantissant la préservation de ce bien exceptionnel.

La réussite passe par l’engagement des communautés

La délégation s’est ensuite rendue à Randa où elle a présidé, au Centre de Développement Communautaire (CDC), une importante réunion avec les membres du Comité local de gestion.

Autour de la table étaient réunis le chef du village, les notables, les représentants des associations, les leaders communautaires, les riverains du site ainsi que les différents acteurs impliqués dans sa protection. Cette rencontre a officiellement marqué le lancement de la mise en œuvre du Plan de gestion quinquennal. Au-delà des aspects techniques, elle a surtout permis de rappeler que la sauvegarde d’Abourma repose avant tout sur l’implication des populations locales.

Les échanges ont mis en lumière le rôle fondamental des communautés dans la protection quotidienne du site, la sensibilisation des visiteurs et la transmission de ce patrimoine aux jeunes générations. Les participants ont unanimement exprimé leur volonté de soutenir les efforts de l’État et de faire de cette candidature un projet fédérateur pour toute la région.

Faire rayonner l’identité culturelle de Djibouti

À travers cette mission, le ministère de la Jeunesse et de la Culture confirme sa détermination à inscrire durablement la préservation du patrimoine au cœur des politiques publiques. Sous l’impulsion de la ministre, S.E. Mme Fardouza Moussa Egueh, cette stratégie s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, S.E. M. Ismaïl Omar Guelleh, qui fait de la culture, de la valorisation de l’identité nationale et de la protection du patrimoine des piliers essentiels du développement durable.

L’inscription d’Abourma sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO représenterait une avancée majeure pour Djibouti. Au-delà du prestige international, elle offrirait une meilleure protection à ce site exceptionnel, renforcerait la recherche scientifique, favoriserait un tourisme culturel responsable et contribuerait au développement socio-économique de la région de Tadjourah.

En poursuivant ses actions sur le terrain et en associant étroitement les collectivités locales aux efforts de conservation, le ministère entend donner toutes les chances à Abourma de rejoindre les hauts lieux du patrimoine mondial. Une ambition qui témoigne de la volonté de transmettre aux générations futures un héritage dont la valeur universelle ne cesse de s’affirmer.