
L’Institut de Recherche Indépendant de la Corne d’Afrique (IRICA) a célébré hier lundi son dixième anniversaire à travers l’organisation d’un important forum scientifique qui se déroulera du 26 au 28 octobre 2026 à l’hôtel Sheraton. Trente-deux communications, quatre panels et des intervenants de Djibouti, de la région et d’ailleurs sont réunis autour d’un même enjeu : faire de la recherche un outil de compréhension des réalités locales et d’éclairage des décisions publiques.

L’événement aréuni le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Dr Nabil Mohamed Ahmed, le ministre de l’environnement et du développement durable, M. Mohamed Ahmed Awaleh, des membres du gouvernement, la Présidente de l’ institut IRICA, Mme Zahra Youssouf Kayad, la coordinatrice de l’ UNESCO à Djibouti , Mme Idyle Moussa Iye, des chercheurs, des universitaires, des décideurs publics, des experts ainsi que des représentants de la société civile autour des grands défis de développement de la région.
Créé en 2016, l’IRICA s’est progressivement imposé comme un espace indépendant de recherche et d’analyse consacré aux défis et aux opportunités de la région. Depuis sa création, l’institut a orienté ses travaux vers plusieurs domaines stratégiques, notamment la gouvernance, le développement humain, l’éducation, la santé, l’environnement, l’énergie, l’économie ainsi que les questions géopolitiques et géostratégiques.
Au fil des années, l’institut IRICA a contribué à enrichir le débat public à travers des études, des recherches, des conférences et des rencontres réunissant chercheurs, experts, décideurs et acteurs de la société civile. Elle s’est également distinguée par sa volonté de promouvoir une meilleure compréhension des dynamiques régionales et de favoriser un dialogue constructif autour des enjeux de développement de la Corne de l’Afrique.

En effet, à l’issue de la cérémonie de ce dixième anniversaire de l’institut, les participants ont suivi à la projection du film intitulé « IRICA, 10 ans de recherche », qui a retracé les principales étapes de l’évolution de l’institut, ses réalisations ainsi que ses perspectives d’avenir.
Ensuite les invités ont suivi la présentation du Dr Abdirachid Mohamed Ismail qui a exposé le résultat de dix ans d’efforts pour développer une recherche indépendante, ancrée dans les réalités de Djibouti et de la région. Il souligne que la recherche aide le pays à mieux se comprendre et à prendre des décisions fondées sur des faits.
Il a invité le public à participer aux trois jours du forum, qui réunissent 32 communications et quatre panels : Environnement et énergie : vulnérabilité climatique, rareté de l’eau, gestion des déchets et énergies renouvelables, Développement humain ; éducation et langues, intelligence artificielle, conditions de travail à l’hôpital et enjeux de santé souvent peu discutés ; Gouvernance et cohésion sociale : État de droit, cybersécurité , décentralisation, redevabilité et rôle des institutions ; Économie et intégration régionale : tourisme, interconnexion énergétique avec l’Éthiopie, histoire monétaire et souveraineté numérique.
Il conclut en présentant le forum comme un espace de discussion ouvert, où les questions et les désaccords sont bienvenus. Le dixième anniversaire d’IRICA, dit-il, marque moins un aboutissement que le début d’une nouvelle décennie de recherche.
A l’issue de son discours d’ouverture, le directeur de l’institut Konrad Adenauer Stiftung, M. Jan-Ole Voss s’est réjoui de prendre part au nom de la fondation Konrad-Adenauer à la célébration du dixième anniversaire de l’institut IRICA.
Il a souligné que « Dix ans représentent une étape importante pour toute institution. Cette étape est particulièrement significative pour un institut de recherche qui a choisi la voie, plus exigeante, de la production de connaissances, de la promotion du débat critique et de la contribution à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes ». « Au cours de la dernière décennie, l’IRICA s’est imposé comme un acteur important de la recherche à Djibouti et dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique. L’institut a rassemblé des chercheurs et des experts issus de différentes disciplines ».
M. Jan-Ole a déclaré que « la Fondation Konrad-Adenauer, la recherche et le dialogue ne sont pas de simples exercices académiques. Ils constituent des éléments essentiels à l’élaboration de politiques publiques efficaces. Notre fondation intervient dans plus de 100 pays à travers le monde et maintient une présence solide sur le continent africain depuis plusieurs décennies. En Afrique de l’Est, notre Programme régional de dialogue sur les politiques de sécurité s’attache à soutenir des échanges éclairés sur la paix, la sécurité, la gouvernance, la coopération régionale et les affaires internationales. Djibouti occupe une place particulière dans ces discussions ».
De son côté la coordinatrice de l’UNESCO, Mme Idyl Moussa Iye a salué l’engagement de l’institut durant ces dix dernières années tout en soulignant que depuis sa création l’institut au service de la recherche, du dialogue entre les savoirs et les politiques publiques et du renforcement des capacités scientifiques dans la corne de l’Afrique. Célébrer ces dix années, c’est reconnaître une contribution importante au développement fondé sur la connaissance.La coordinatrice s’est réjouie de la nouvelle étape que l’institut a entamé dans sa transformation en une ONG d’intérêt public.
Prenant la parole à son tour, la Présidente de l’institut de recherche indépendant de la corne de l’Afrique, Mme Zahra Youssouf Kayad a rappelé que « depuis dix ans, IRICA, malgré un environnement où les ressources consacrées à la recherche restent limitées, notamment dans les sciences humaines et sociales, a su se maintenir, produire, documenter, organiser des espaces de réflexion et contribuer au débat sur les grandes transformations de la Corne de l’Afrique ». Elle a par ailleurs déclaré qu’il est possible de construire dans la durée une institution de recherche indépendante, aux côtés des institutions publiques nationales de recherche et de l’Université de Djibouti.
« Cette constance est en elle-même un résultat important. Elle montre qu’à Djibouti, il est possible de construire dans la durée une institution de recherche indépendante, aux côtés des institutions publiques nationales de recherche et de l’Université de Djibouti, capable de mobiliser des chercheurs, de développer des partenariats, de produire des analyses et de faire dialoguer recherche, politiques publiques et société ».
La présidente a retracé les défis traversés par l’institut pendant ces dix dernières années. « Pendant près de dix années, IRICA a fonctionné sans instance d’évaluation scientifique indépendante. Nous avons eu l’honnêteté de reconnaître cette lacune et la rigueur de la combler avec un cadre sérieux, inspiré des meilleures pratiques académiques internationales ».
La Présidente de l’institut IRICA a souligné également dans son discours les ambitions de l’institut ainsi que les perspectives d’avenir que « Nous voulons utiliser ces dix années comme un point de départ. Pour la prochaine décennie, notre ambition est de faire passer IRICA à une nouvelle échelle : davantage de recherches, davantage d’encadrement de jeunes chercheurs, davantage de partenariats régionaux et internationaux, davantage de diffusion des connaissances et surtout davantage de liens entre recherche, enseignement supérieur et politiques publiques. Nous souhaitons notamment que cette nouvelle décennie permette de renforcer les collaborations avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et avec l’ensemble des institutions de l’écosystème national. Nous voulons contribuer à créer davantage d’opportunités pour les jeunes chercheurs, encourager la production scientifique sur les enjeux prioritaires de Djibouti, favoriser les échanges entre chercheurs et décideurs et mieux valoriser les travaux scientifiques produits dans notre pays. Dès l’année prochaine, nous avons le projet de lancer au sein d’IRICA un fonds de soutien à la recherche, qui sera alimenté par les dons des mécènes, les contributions issues des projets d’expertise de l’Institut, les subventions de l’État et potentiellement par les partenaires techniques et financiers. L’ambition de ce fonds est de soutenir des projets portés par des chercheurs et présentant un intérêt avéré pour faire avancer la connaissance dans un domaine précis ». A-t- elle déclaré.
Enfin dans les séries de discours, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Dr Nabil Mohamed Ahmed s’est félicité d’avoir pris part à ces dixièmes anniversaires de l’institut IRICA. Il a par ailleurs rappelé que cet anniversaire constitue bien davantage qu’une étape symbolique dans la vie d’une institution. Il est l’occasion de mesurer le chemin parcouru, de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui ont contribué à cette aventure intellectuelle et scientifique, mais aussi de réfléchir aux nouvelles responsabilités qui incombent à la recherche dans une région confrontée à des transformations profondes.
Le ministre de l’enseignement a rappelé pendant ces dix années d’existence l’IRICA a démontré qu’une institution de recherche lorsqu’elle s’inscrit dans la durée peut participer à l’émergence d’une véritable culture scientifique au service de la société djiboutienne et à celle de la région de la corne de l’Afrique. L’un des moments forts du forum a été par l’organisation du panel ministériel consacré à la recherche scientifique sous le thème : « Opportunités et défis pour une meilleure compréhension de notre région».
Cette rencontre permettra aux participants d’échanger sur le rôle de la recherche dans l’élaboration des politiques publiques, la gouvernance, la stabilité régionale et le développement durable.
Durant ces trois jours les travaux du forum s’articuleront autour de quatre panels thématiques couvrant les principaux enjeux auxquels fait face la région :
– Environnement et énergie, avec un accent particulier sur les défis climatiques et la transition énergétique ;
– Développement humain, englobant les questions liées à l’éducation, à la santé et au capital humain ;
– Gouvernance, État de droit, redevabilité et cohésion sociale, afin d’examiner les mécanismes favorisant une société plus inclusive et transparente ;
– Économie, géostratégie et intégration régionale, pour analyser les opportunités économiques et les dynamiques de coopération dans la Corne de l’Afrique.
Ces différentes sessions réuniront des experts nationaux et internationaux appelés à partager leurs analyses et recommandations sur les perspectives de développement de la région.
SOUBER HASSAN











































