Chaque année, à l’approche des vacances d’été, de nombreuses familles rêvent d’évasion. Certaines choisissent de voyager vers les pays voisins ou vers des destinations plus lointaines. D’autres font un choix plus judicieux : visiter leurs régions et profiter d’un climat plus doux. Une tendance qui se confirme de plus en plus dans notre pays.

En cette période de forte chaleur, nombre de Djiboutiens partent vers les pays limitrophes afin de profiter de la fraîcheur et de passer un bon moment en famille. Mères, pères et enfants prennent bagages et autres accessoires pour des vacances de trois mois loin de la chaleur éprouvante de Djibouti.

Pour d’autres familles, c’est une toute autre histoire : elles ont jeté leur dévolu sur les régions de l’intérieur afin de découvrir, avec leurs progénitures, la beauté naturelle de ces régions.

Cette tendance a germé progressivement depuis quelques années. De plus en plus de Djiboutiens choisissent de passer leurs vacances d’été à l’intérieur du pays.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit un intérêt croissant pour les villages offrant un climat plus clément, des paysages remarquables et un cadre propice au repos, loin des fortes chaleurs estivales. Mais le tourisme intérieur est bien plus qu’une simple quête de fraîcheur.

C’est une occasion de renouer avec ses racines, de retrouver sa famille, de transmettre aux jeunes générations l’histoire de leur région, de découvrir les traditions locales et d’apprécier la richesse culturelle et naturelle de Djibouti.

Il constitue également un puissant levier de développement économique. Chaque visite profite aux commerces, aux restaurants, aux artisans, aux transporteurs, aux producteurs locaux, aux éleveurs et aux hébergements. Les revenus générés restent dans les territoires et participent directement au développement des communautés rurales.

Cependant, l’expérience montre que la beauté d’un site ne suffit pas, à elle seule, à attirer durablement les visiteurs. Les infrastructures jouent un rôle déterminant dans le choix des destinations.

La qualité des routes ou des pistes d’accès, la disponibilité d’hébergements adaptés, les services de restauration, les espaces de loisirs ainsi que les équipements de base sont devenus des facteurs essentiels pour le développement du tourisme intérieur.

L’exemple est parlant. Les localités telles que Randa, Adaylou, Dafeynaytou et Day figurent aujourd’hui parmi les destinations rurales les plus fréquentées pendant la saison estivale. Si leur climat agréable et leurs paysages constituent un atout majeur, leur attractivité s’explique également par l’amélioration progressive de leur accessibilité et de leurs capacités d’accueil.

Chaque année, des Djiboutiens, qu’ils soient originaires de ces régions ou non, choisissent de s’y rendre pour profiter de la fraîcheur, retrouver leurs proches ou simplement découvrir ces territoires. Cette fréquentation démontre que, lorsque les conditions d’accès et d’accueil sont réunies, le tourisme intérieur se développe naturellement. Cette réalité constitue un enseignement précieux pour l’avenir. Les régions du Sud ne sont pas en reste ; la région d’Arta et Ali-Sabieh sont devenues, au fil des années, des destinations privilégiées par de nombreux vacanciers.

Elles attirent chaque année de nombreux vacanciers en quête de fraîcheur et de détente. Située à seulement 30 minutes de la capitale et perchée à 800 mètres d’altitude, Arta offre un climat plus doux et un environnement propice aux randonnées, aux activités balnéaires et même à l’observation des requins-baleines. Sa proximité avec Djibouti-ville en fait une destination prisée, où les visiteurs profitent aussi de la convivialité des habitants, entre matchs de football et moments partagés dans les petites cafétérias.

Les vacanciers, qui viennent pour la plupart de la capitale, pour les week-ends ou s’installent pour toute la période de la saison chaude, partagent tous le même sentiment quant aux plaisirs d’une escapade estivale à Arta, a rappelé un habitant de la région.

Cette attraction est certes due à la nature, mais aussi à la culture d’accueil, d’ouverture et d’attachement des Artaouis à leur localité, une population qui a su mettre en valeur chaque rencontre avec les vacanciers. « Je viens souvent à Arta, parce que le climat y est frais. Ça fait plaisir pour le tourisme. Même si les frontières de nos voisins sont fermées, c’est un plaisir de savoir, de voir et d’explorer. Il y a des endroits qu’on n’aurait jamais imaginé trouver à Djibouti », a indiqué un vacancier venu en famille.

Ali-Sabieh, une destination réputée pour son climat doux

Ali Sabieh, de son côté, séduit par son climat tempéré et sec, apprécié surtout durant la saison chaude. Depuis longtemps, cette ville est un refuge pour les familles djiboutiennes qui fuient la chaleur étouffante de la capitale. La ville des Assajogs conserve ainsi son statut de destination estivale privilégiée, alliant douceur climatique et hospitalité locale.

Investir dans les routes, les pistes rurales, les hébergements, les aires de repos, la signalisation touristique, les espaces publics, les services et la valorisation des sites naturels n’est pas une simple dépense d’aménagement. C’est un investissement stratégique capable de dynamiser l’économie locale, de créer des emplois et de renforcer l’attractivité des territoires.

Nos villages disposent d’atouts exceptionnels : montagnes, vallées, forêts, paysages volcaniques, sources, espaces agro-pastoraux, biodiversité, gastronomie locale et hospitalité reconnue de leurs habitants.

Le tourisme intérieur peut également devenir un formidable outil de sensibilisation à l’environnement. En découvrant les initiatives de restauration des écosystèmes, les pratiques agroécologiques ou les Solutions fondées sur la Nature, les visiteurs prennent conscience de la valeur de notre patrimoine naturel et de la nécessité de le préserver.

Choisir de passer ses vacances dans un village de Djibouti, c’est soutenir l’économie locale, créer des opportunités pour les jeunes et les femmes, préserver notre patrimoine et renforcer les liens entre les villes et les campagnes. Le tourisme intérieur n’est pas seulement une activité de loisirs. C’est un véritable levier de développement territorial, de cohésion nationale et de valorisation de notre identité.

Avant de chercher l’évasion à l’étranger, prenons le temps de redécouvrir les trésors qui existent chez nous. Car investir dans nos villages, c’est investir dans l’avenir de Djibouti.

SOUBER HASSAN