
Le Palais du Peuple a accueilli, mardi 23 juin, une importante conférence-débat consacrée à la contribution des organisations de la société civile (OSC) aux politiques publiques de développement. Organisée par le Consortium Paix & Lait-IRICA en collaboration avec l’Institut DERE, sous le haut patronage du ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie et du ministre de l’Intérieur, avec l’appui financier de la Délégation de l’Union européenne à Djibouti, cette rencontre a réuni représentants du gouvernement, acteurs de la société civile et partenaires internationaux autour d’un même objectif : renforcer la gouvernance participative et faire des OSC de véritables partenaires du développement national.
Placée sous le thème « Contribution de la société civile aux politiques publiques de développement à Djibouti », la conférence s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Vision Djibouti 2035 et du Plan national de développement, qui placent l’inclusion, la participation citoyenne et le développement durable au cœur des priorités nationales.

La cérémonie d’ouverture, présidée par M. Abdoulkader Iman, président de la Commune de Boulaos, a rassemblé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles des représentants des ministères de l’Intérieur, des Finances, de l’Agriculture, de l’Énergie et de l’Environnement, des responsables d’organisations de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment l’ambassadeur de France à Djibouti, M. Jérôme Bresson, et le chef de la coopération de la Délégation de l’Union européenne.
Tout au long de la journée, les échanges se sont articulés autour de trois grandes thématiques : le rôle des organisations de la société civile dans la conception des politiques publiques, les mécanismes de concertation et de dialogue multi-acteurs, ainsi que la contribution des OSC à la mise en œuvre et au suivi-évaluation des stratégies nationales de développement.
Les participants ont unanimement reconnu que les organisations de la société civile constituent aujourd’hui des acteurs incontournables de la gouvernance moderne. Par leur proximité avec les populations et leur connaissance des réalités de terrain, elles sont en mesure d’identifier les besoins des communautés, de proposer des solutions adaptées et d’accompagner l’action publique.
Vers un partenariat institutionnel durable
Au terme des travaux, plusieurs recommandations concrètes ont été formulées. Les participants ont notamment plaidé pour l’institutionnalisation d’espaces de dialogue réguliers entre les ministères sectoriels et les représentants de la société civile, la mise en place d’un véritable partenariat institutionnel avec les bailleurs de fonds internationaux, ainsi qu’un meilleur alignement des actions des OSC sur les objectifs nationaux de développement.
Intervenant lors de la clôture de la conférence, M. Dini Abdallah, secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les organisations de la société civile.
« Les organisations locales disposent d’une connaissance précieuse des réalités du terrain. Leur contribution est indispensable pour garantir l’efficacité des projets de développement durable », a-t-il souligné. Il a également salué la qualité des échanges et réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de consolider le dialogue avec les OSC dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques nationales, notamment face aux défis environnementaux auxquels le pays est confronté, tels que la dégradation des sols ou encore la préservation de la forêt du Day.
L’ambassadeur de France à Djibouti, M. Jérôme Bresson, a pour sa part rappelé que l’intégration de la société civile est aujourd’hui reconnue comme une condition essentielle à l’élaboration de politiques publiques efficaces et à la consolidation de l’État de droit.
De son côté, le chef de la coopération de l’Union européenne a mis en avant l’approche multilatérale et inclusive de l’institution européenne, fondée sur la mobilisation conjointe des acteurs publics, privés et associatifs afin de répondre aux défis croissants du développement.
Cette conférence a également mis en lumière le travail du Forum des Associations et ONG pour le Développement Durable (FAONG/DD), plateforme créée en mai 2023 et qui regroupe aujourd’hui quarante-deux organisations membres. Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme NDICI, ce forum ambitionne de devenir l’interface permanente entre la société civile djiboutienne et les instances de décision publique.
À travers cette initiative, les organisations de terrain entendent dépasser leur rôle traditionnel d’exécutantes de projets pour devenir des partenaires à part entière de la définition des politiques de développement.
Les organisateurs, notamment l’ONG Paix & Lait dirigée par M. Elmi Awaleh Elabeh et son partenaire l’Institut IRICA, ont rappelé leur engagement de longue date en faveur du renforcement des capacités des organisations de la société civile et de leur participation au développement durable.
Dans son intervention, le directeur général de l’Institut DERE a souligné que les défis du développement durable ne peuvent être relevés sans une démarche partenariale et inclusive fondée sur le dialogue, la concertation et la co-construction entre l’État, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile.
Au-delà des débats, cette rencontre aura surtout permis d’envoyer un message fort : le développement de Djibouti ne peut être l’affaire des seuls pouvoirs publics. Il doit être une œuvre collective, associant l’ensemble des forces vives de la nation.
En ouvrant davantage les espaces de concertation et en reconnaissant pleinement le rôle des organisations de la société civile, Djibouti franchit une nouvelle étape vers une gouvernance plus participative et un développement plus inclusif, au service de l’intérêt général et des aspirations de ses citoyens.
Saleh Ibrahim Rayaleh







































