
Un repère de foi est un principe fondamental qui aide à orienter la vie spirituelle et morale du croyant. À travers le Coran, les enseignements prophétiques et la jurisprudence islamique, cette rubrique invite à approfondir les connaissances religieuses et à mieux comprendre les valeurs de l’islam.Pour cette troisième livraison, nous poursuivons l’histoire d’Adam et de sa descendance sur terre, avant d’aborder les enseignements du Coran sur le front et les connaissances scientifiques relatives au cerveau. Nous nous intéresserons ensuite à deux questions de jurisprudence islamique, puis à deux interrogations fondamentales : qui est Allah et qui est le prophète Mohammed ?

1. L’histoire d’Adam (partie 3) : la descendance sur terre
Une humanité sans péché héréditaire
L’islam enseigne que chaque être humain est responsable de ses propres actes. Contrairement à la doctrine chrétienne du péché originel, telle qu’elle est comprise dans de nombreuses traditions chrétiennes, il n’existe pas, en islam, de faute héritée d’Adam et d’Ève que leurs descendants devraient porter. Chaque être humain naît dans un état de pureté et répond personnellement de ses choix.
Dieu affirme dans le Coran : « Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre. » (Coran 35:18).
Adam et Ève ont désobéi au commandement divin, mais ils se sont repentis et Dieu leur a pardonné. Le Coran rapporte: « Adam désobéit donc à son Seigneur et il s’égara. Ensuite, son Seigneur l’élut, agréa son repentir et le guida. » (Coran 20:121-122).
Ce récit rappelle que l’erreur ne signifie pas nécessairement une condamnation définitive. Le repentir sincère permet au croyant de reconnaître ses fautes et de revenir vers Dieu.
La vie terrestre : une épreuve et une responsabilité
Après leur épreuve au Paradis, Adam et Ève commencèrent leur vie sur terre. Dieu dit : « Descendez d’ici, tous ! Puis, certes, si un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s’égarera ni ne sera malheureux. »
(Coran 20:123).
La vie terrestre constitue ainsi un espace d’épreuve, où l’être humain est appelé à distinguer le bien du mal et à agir conformément aux enseignements divins. Elle ne doit pas être considérée uniquement comme une punition, mais aussi comme le lieu où chacun exerce sa responsabilité morale.
Parmi les invocations les plus importantes rapportées dans le récit figure celle d’Adam et de son épouse : « Seigneur ! Nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants. » (Coran 7:23).
Cette invocation exprime l’humilité du croyant et sa dépendance envers la miséricorde divine. Les fautes humaines ne portent aucun préjudice à Dieu ; ce sont les hommes qui ont besoin de Son pardon et de Sa guidance.
L’histoire d’Adam nous enseigne ainsi trois principes : la responsabilité individuelle, la vigilance face à la tentation et l’espérance dans le pardon divin. La descendance d’Adam n’est pas condamnée par une faute héréditaire. Elle est appelée à vivre sur terre avec dignité et à assumer ses responsabilités envers Dieu, les autres êtres humains et la création.
Le Coran et le cerveau : entre révélation et science
Le Coran évoque le front d’un homme qui s’opposait au Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui) et l’empêchait de prier. Dieu dit : « Mais non ! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons certes par le toupet, le toupet d’un menteur, d’un pécheur ! » (Coran 96:15-16).
Le terme arabe nāsiyah désigne le toupet ou la partie antérieure de la tête. Certains auteurs ont rapproché ces versets des connaissances relatives au cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée notamment dans la planification, la prise de décision et le contrôle des impulsions. Les neurosciences montrent que cette région participe à plusieurs fonctions cognitives et comportementales. Toutefois, le mensonge et les décisions morales mobilisent des mécanismes complexes qui ne peuvent être attribués à une seule partie du cerveau. Il convient donc de distinguer le sens spirituel du texte coranique des interprétations scientifiques proposées à son sujet. Le passage rappelle la responsabilité de l’être humain dans ses paroles et ses actes, mais il ne constitue pas, à lui seul, une démonstration scientifique des fonctions du cortex préfrontal. La foi et la science peuvent nourrir la réflexion, à condition de respecter leurs domaines respectifs. Pour le croyant, ce verset demeure notamment un rappel de l’importance de la vérité, de la maîtrise de soi et de la responsabilité morale.
Fiqh : jurisprudence islamique
Les chants sont-ils autorisés lors des mariages ?
Les chants lors des mariages sont admis par de nombreux savants musulmans, sous certaines conditions. Des traditions prophétiques rapportent que le Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui) encouragea la manifestation de la joie à l’occasion d’un mariage. Un hadith rapporté par Al-Boukhari évoque notamment sa recommandation à Aïcha de faire accompagner une mariée par une jeune fille qui chanterait.
Ces récits sont invoqués pour montrer que les chants convenables peuvent accompagner les célébrations matrimoniales. Leur contenu doit cependant respecter les principes de la morale islamique. Les paroles obscènes ou incitant à des comportements interdits appellent une appréciation différente.
La question des instruments de musique fait l’objet de divergences entre les savants. Pour une réponse adaptée à une situation précise, il est donc préférable de se référer à un spécialiste de jurisprudence islamique.
Un divorce annoncé par une tierce personne est-il valable ?
En jurisprudence islamique, un mari peut, sous certaines conditions, charger une personne de transmettre à son épouse une déclaration de divorce. La validité de cette démarche dépend notamment des termes employés, du mandat donné et des circonstances.
Il faut distinguer le cas où le mari a déjà prononcé le divorce et demande à un tiers de l’annoncer de celui où il charge cette personne d’agir en son nom. La date d’effet et les conséquences juridiques peuvent varier selon les circonstances et l’école juridique suivie.
Il n’est donc pas possible d’affirmer que tout divorce communiqué par un tiers prend automatiquement effet au moment de la notification. Dans une situation réelle, il est recommandé de consulter une autorité religieuse compétente afin de préserver les droits des deux époux.
Questions de foi
Qui est Allah ?
« Allah » est le nom de Dieu en arabe. Il est utilisé par les musulmans, mais également par de nombreux chrétiens et juifs arabophones.
Dans l’islam, la foi en Allah repose sur le Tawhid, c’est-à-dire l’affirmation de Son unicité absolue. La sourate Al-Ikhlas résume ce principe : « Dis : Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui. » (Coran 112:1-4).
Allah est le Créateur de l’univers et de tout ce qu’il contient. Il ne dépend d’aucune créature et n’a ni associé ni égal. Parmi Ses noms figurent Ar-Rahman, le Tout-Miséricordieux, et Ar-Rahim, le Très-Miséricordieux.
Croire en Allah signifie L’adorer seul, rechercher Sa guidance, placer sa confiance en Lui et s’efforcer de vivre selon Ses enseignements. Cette foi invite également le croyant à agir avec justice, à respecter autrui et à reconnaître ses responsabilités.
Qui est Mohammed (PSL) ?
Mohammed ibn Abdullah (paix et bénédictions sur lui) est le dernier prophète et messager de Dieu selon la foi musulmane. Il reçut la première révélation coranique à l’âge de quarante ans et consacra sa vie à transmettre le message de l’islam. Le Coran affirme : « Mohammed n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager d’Allah et le dernier des prophètes. » (Coran 33:40).
Sa mission est destinée à l’ensemble de l’humanité. Le Coran le présente également comme une miséricorde : « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers. » (Coran 21:107).
Son enseignement porte sur l’adoration de Dieu, la justice, la patience, le pardon, la solidarité et le respect des droits d’autrui. Pour les musulmans, suivre le Prophète consiste à approfondir sa connaissance de ses enseignements et à s’inspirer de son comportement dans la vie quotidienne.
Allah sait mieux.
Cheikh Ahmed Walieh










































