
C’est dans une ambiance solennelle et engagée que la région d’Ali-Sabieh a célébré la Journée Internationale de la Fille, autour du thème retenu cette année : « Mettre fin aux mariages des enfants et investir dans les droits des filles ».

Organisée par l’ONG Paix et Lait, en collaboration avec le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFOP) et avec l’appui de l’UNICEF et de l’Agence Française de Développement (AFD), la cérémonie qui s’est déroulée au Lycée Technique d’Ali-Sabieh, a réuni autorités régionales, partenaires de l’éducation, des chefs d’établissements, des enseignants, des parents d’élèves et surtout les filles, les premières concernées, qui étaient à l’honneur de cette célébration.
Le programme de la célébration, particulièrement riche et émouvant, a été entièrement animé par les élèves de différents établissements scolaires de la région, en particulier ceux de cinq établissements de l’enseignement moyen de la région d’Ali-Sabieh ciblés par le projet SEFA, à savoir le Collège et le Lycée d’Ali-Sabieh, ainsi que les collèges de Holl-Holl, d’Ali-Addeh et de Danane. Les élèves du CEM « Hayat Said » d’Ali-Sabieh ont présenté un sketch percutant plein d’émotion, dénonçant les conséquences du mariage précoce sur la scolarité et l’avenir d’une jeune fille.
Ceux des autres établissements ont lu des poèmes dédiés aux droits des filles qui ont permis de déconstruire les préjugés liés au mariage d’enfants.
Quant aux élèves du CEM d’Ali-Addeh, ils se sont illustrés à travers des chants et de danses traditionnelles présentés dans les trois langues nationales. Dans son discours d’ouverture, le Directeur Régional de l’Éducation d’Ali-Sabieh Hamadou Ai Mohamed a rappelé avec force l’engagement du MENFOP, « Conformément à la vision de Son Excellence le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui-a-t-il dit, a fait de la scolarisation des filles, de leur maintien dans le système éducatif et de la promotion de leurs droits, sa principale priorité ». Le Directeur Régional a énuméré les projets structurants menés ces dernières années, notamment le PRODA, le SEFA ainsi que la création des écoles ERI, qui poursuivent un triple objectif : Favoriser l’Accès avec la création de nouvelles écoles partout dans le pays ; Favoriser l’Égalité pour que les filles bénéficient des mêmes droits que les garçons ;Favoriser l’Équité en apportant un appui spécifique aux filles pour corriger les inégalités sociales. Il a cité les actions concrètes : organisation des campagnes de sensibilisation, octroi des kits scolaires et des bourses, création des latrines séparées dans les écoles ainsi que l’organisation régulière des formations professionnelles aux jeunes, notamment aux filles, dans le but de faciliter leur insertion professionnelle, sans oublier la mise en place d’un service dédié au genre au sein du MENFOP. « Le MENFOP ne se contente pas de scolariser les filles, il investit dans leur maintien, dans la protection de leurs droits et dans le développement de leurs compétences dans l’ambition de ne laisser aucune fille au bord du chemin », a-t-il enfin conclu.
Prenant la parole, M. Ahmed Hachi Osman, vice-président de l’ONG « Paix et Lait », partenaire de mise en œuvre du projet SEFA, a indiqué qu’ « Une fille à l’école, c’est toute une communauté qui avance ». « Avec le projet SEFA, nous ne construisons pas seulement des salles de classe. Nous dialoguons avec les parents, les mamans, les chefs coutumiers et les leaders religieux. Notre conviction est simple : quand une fille reste à l’école, c’est un mariage précoce évité, c’est une future professionnelle gagnée, c’est toute la communauté qui avance.
La représentante du Président du Conseil Régional d’Ali-Sabieh, Mme Hawa Omar Osman a, quant à elle, insisté sur le rôle économique et social des filles : « Au nom du Président du Conseil Régional, je salue cette initiative. Le développement de notre région ne peut se faire sans ses filles. Chaque fille non scolarisée, chaque fille mariée trop tôt, c’est une infirmière, une enseignante, une entrepreneuse en moins pour Ali-Sabieh. Le Conseil Régional restera aux côtés du MENFOP et de Paix et Lait pour protéger les droits de nos filles » a-t-elle martelé.
L’adjoint du Préfet d’Ali-Sabieh, M. Kadir Idriss Sougueh qui a clôturé la cérémonie des discours, a apporté un message de fermeté et d’autorité : « Le mariage des enfants est interdit par la loi de la République de Djibouti. La place d’une fille de 12, 13 ou 15 ans est à l’école, au lycée technique, pas dans un foyer. Les autorités veilleront à l’application stricte de la loi et à la protection de chaque fille d’Ali-Sabieh. J’appelle tous les parents à être les premiers protecteurs des droits de leurs filles ».
La cérémonie s’est achevée par un chant poignant de Mohamed Aden, en langue nationale, d’un père qui met en garde son fils contre l’abandon scolaire et tous les comportements déviants qui ont brisé l’avenir de sa propre génération, chanté en chœur par les participants.
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