Alors que les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie continuent d’alimenter les inquiétudes dans de nombreux pays, Djibouti a choisi d’agir pour préserver à la fois le pouvoir d’achat des citoyens et l’équilibre économique du secteur des transports publics. Sur le terrain, la distribution de coupons de réduction sur le carburant aux chauffeurs de bus, de minibus et de motos-taxis témoigne de cette volonté. Reportage au cœur d’une opération saluée par les professionnels, qui y voient un soutien concret leur permettant de maintenir leurs activités sans répercuter la hausse des coûts sur les usagers.

Devant le siège du syndicat des transporteurs de la Cité HILAC, l’animation est inhabituelle en ce lundi 15 juin. Dès les premières heures de la matinée, des dizaines de chauffeurs de bus et de minibus patientent dans une atmosphère sereine. Entre discussions professionnelles et échanges sur l’actualité économique, tous sont venus pour la même raison : récupérer les coupons de réduction sur le carburant mis à leur disposition par les pouvoirs publics.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des mesures prises par le gouvernement pour atténuer les effets de la hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux. Alors que de nombreux pays ont vu les coûts du transport augmenter ces derniers mois, Djibouti a fait le choix de préserver les tarifs appliqués aux usagers des transports publics.

L’objectif est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages tout en permettant aux professionnels du secteur de poursuivre leurs activités dans des conditions économiquement viables.

Sur place, les bénéficiaires se succèdent devant les responsables chargés de la distribution. Chacun repart avec les coupons destinés à compenser une partie de la hausse du prix du gazole.

« Cette aide arrive à un moment important pour notre profession », confie Abdoulkader Moussa, conducteur de minibus depuis plus de quinze ans. « Les coûts d’exploitation ont augmenté ces derniers mois, mais grâce à cette mesure nous pouvons continuer à travailler sans faire supporter cette hausse à nos clients. »

Même satisfaction du côté de Hassan Ali, propriétaire de plusieurs véhicules de transport collectif. Selon lui, la subvention permet de préserver l’équilibre économique d’un secteur essentiel à la mobilité quotidienne des citoyens.

« Les passagers utilisent nos services tous les jours pour se rendre au travail, à l’école ou au marché. Maintenir les tarifs actuels est important pour les familles. Cette initiative nous aide à remplir cette mission », explique-t-il. Les responsables professionnels rappellent que le mécanisme mis en place répond à une situation particulière. La hausse du prix du carburant aurait pu entraîner une augmentation automatique des charges d’exploitation des transporteurs. Grâce à l’intervention de l’État, cette répercussion a été évitée.

Pour Mohamed Daoud, membre d’une organisation représentative du secteur, cette décision illustre la volonté des autorités d’accompagner les acteurs économiques confrontés aux fluctuations du marché international. « Nous sommes en contact permanent avec les transporteurs. Tous reconnaissent que cette mesure apporte une réponse concrète à leurs préoccupations. Elle permet de maintenir la stabilité du secteur et d’assurer la continuité du service rendu à la population », souligne-t-il.

De la Cité HILAC à Balbala, une aide qui profite à toute la chaîne du transport public

Au-delà des bus et minibus, le dispositif bénéficie également aux conducteurs de motos-taxis, plus connus sous le nom de Pajaj, qui jouent un rôle croissant dans les déplacements urbains, notamment dans les quartiers de Balbala. À proximité d’une station-service, plusieurs conducteurs suivent avec attention l’évolution de l’opération. Pour eux aussi, la subvention représente un soutien appréciable.

Amina Ibrahim, conductrice de Pajaj depuis plusieurs années, estime que cette aide contribue directement à la stabilité de son activité.

« Nous transportons chaque jour des dizaines de personnes. Beaucoup dépendent de nos services pour leurs déplacements quotidiens. Grâce à cette mesure, nous pouvons continuer à proposer des tarifs accessibles », explique-t-elle.

Son collègue Omar Warsama partage le même avis. « Le carburant représente la principale dépense de notre activité. Toute augmentation a un impact immédiat sur nos revenus. Cette aide nous permet de mieux faire face aux fluctuations des prix.»

Dans les rues de Balbala comme dans le centre-ville, les Pajaj sont devenus un maillon indispensable de la mobilité urbaine. Leur contribution à la desserte des quartiers est unanimement reconnue, notamment dans les zones où la demande de transport est particulièrement forte.

Cette opération intervient alors que les autorités ont également tenu à rassurer la population sur la disponibilité des produits pétroliers dans le pays. Les responsables du secteur énergétique ont confirmé que les stocks stratégiques existants permettent de couvrir les besoins nationaux pour les prochains mois.

Cette double démarche – garantir l’approvisionnement et soutenir les professionnels du transport – traduit la volonté des pouvoirs publics de préserver la stabilité économique tout en protégeant les citoyens des conséquences des turbulences observées sur les marchés internationaux de l’énergie.

Sur le terrain, le message semble avoir été entendu. Des chauffeurs de bus aux conducteurs de Pajaj, nombreux sont ceux qui considèrent cette mesure comme un soutien concret à leur activité et comme une contribution directe à la préservation du pouvoir d’achat des usagers.

À l’heure où la question du coût de l’énergie demeure une préoccupation mondiale, cette initiative apparaît ainsi comme un levier de stabilité pour l’ensemble de la chaîne du transport public, au bénéfice des professionnels comme des milliers de voyageurs qui empruntent chaque jour les routes de la capitale et de ses quartiers périphériques.

MS