
La République de Djibouti a réaffirmé, lundi au Palais du Peuple, sa détermination à poursuivre sa politique de protection des réfugiés malgré un contexte marqué par une diminution préoccupante des financements humanitaires internationaux. Cette question était au cœur de la réunion élargie du Comité du Cadre d’action global pour les réfugiés (CRRF), organisée par l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS), en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, la rencontre a réuni les ambassadeurs et membres du corps diplomatique, la représentante du HCR, le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), le préfet de la ville de Djibouti, les secrétaires généraux des ministères, les représentants des institutions nationales ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Cette réunion intervient à un moment où la contraction des financements internationaux menace les programmes humanitaires déployés en faveur des réfugiés et des communautés d’accueil. Les participants ont ainsi dressé un état des lieux des conséquences de cette crise budgétaire sur plusieurs secteurs essentiels, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et à l’assainissement, la protection sociale, les services communautaires ainsi que la délivrance des documents administratifs aux réfugiés.
Depuis la création de l’ONARS en février 1978, la République de Djibouti s’est imposée comme une terre d’accueil pour les personnes contraintes de fuir les conflits, les violences et les persécutions.
Fidèle à ses valeurs de solidarité et d’hospitalité, le pays accueille aujourd’hui près de 35 000 réfugiés et demandeurs d’asile, représentant environ 3,5 % de sa population. À cela s’ajoute l’assistance apportée chaque année à plus de 500 000 migrants vulnérables transitant par le territoire national, illustrant l’ampleur de l’engagement humanitaire djiboutien dans une région confrontée à des crises récurrentes.
Préserver les acquis du CRRF
Les échanges ont également permis de faire le point sur les initiatives entreprises par le Gouvernement et ses partenaires afin de mobiliser de nouvelles ressources financières pour préserver les acquis du Cadre d’action global pour les réfugiés. Une présentation du Secrétaire exécutif adjoint de l’ONARS, Houssein Mohamed Chardi, a mis en lumière les répercussions de la suspension de plusieurs financements internationaux sur les conditions de vie des réfugiés et des communautés hôtes.
Les participants ont également examiné le cadre juridique national de protection des réfugiés ainsi que les mécanismes du CRRF, qui reposent sur quatre objectifs majeurs : alléger la pression exercée sur les pays d’accueil, renforcer l’autonomie des réfugiés, promouvoir des solutions durables et créer les conditions d’un retour volontaire, sûr et digne lorsque les circonstances le permettent.
Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire exécutif de l’ONARS, Mohamed Ali Kamil, a dressé un tableau des défis auxquels fait face le dispositif national de protection des réfugiés.
Il a insisté sur l’urgence d’une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers afin d’assurer la continuité des services essentiels et d’éviter une remise en cause des progrès accomplis ces dernières années.
La représentante du HCR à Djibouti, Sandrine Desamours, a, pour sa part, salué le leadership du Gouvernement djiboutien dans la gestion de la question des réfugiés. Elle a réaffirmé l’engagement de son organisation à poursuivre son accompagnement malgré un environnement financier particulièrement contraint, tout en appelant la communauté internationale à faire preuve d’une solidarité renouvelée face à l’augmentation des besoins humanitaires.
Clôturant les travaux, le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Souleiman Moumin Robleh, a renouvelé l’engagement de la République de Djibouti en faveur de la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile. Il a lancé un appel à la communauté internationale afin de renforcer son soutien au pays, estimant que la préservation des acquis du Cadre d’action global pour les réfugiés constitue un enjeu essentiel pour la stabilité, la paix et le développement durable dans la Corne de l’Afrique.
Au terme de cette réunion, les participants ont réaffirmé leur volonté commune de consolider le partenariat entre le Gouvernement, les agences des Nations Unies et les partenaires de développement, tout en intensifiant les efforts de mobilisation des ressources nécessaires pour garantir la continuité des services essentiels au profit des réfugiés et des communautés d’accueil.








































