
L’atelier technique national consacré au développement des fondements de la Prévision basée sur les Actions (ABF) s’est achevé hier au Delight Premium Hôtel, après trois jours de travaux. La rencontre a réuni plusieurs institutions et secteurs concernés par la gestion des risques météorologiques et climatiques, avec pour objectif de renforcer le lien entre prévisions, impacts attendus et actions à engager en amont. La cérémonie de clôture a été présidée par le directeur général de l’Agence nationale de météorologie (ANM), Mohamed Ismaël Nour. Organisé dans le cadre du programme WISER Action First, l’atelier constitue une nouvelle étape dans la mise en place d’une approche permettant de ne plus seulement prévoir un phénomène météorologique, mais d’anticiper ses conséquences et de déterminer, à l’avance, les mesures à prendre.

Des prévisions à l’action
Les travaux ont porté sur trois principaux aléas : les inondations, les températures extrêmes et les vents forts. Leurs impacts potentiels ont été examinés dans plusieurs secteurs, notamment la santé, l’agriculture, l’élevage, l’eau, l’énergie, les transports, les infrastructures, l’éducation et l’environnement.
L’objectif est d’établir un lien plus précis entre l’intensité d’un phénomène annoncé et les conséquences susceptibles d’en découler. Des tableaux d’impact et d’action ont ainsi été élaborés selon différents niveaux de sévérité, afin d’aider les acteurs concernés à identifier les mesures à prendre avant que l’événement ne produise ses principaux effets.
Les participants ont également travaillé sur des procédures opérationnelles normalisées destinées à préciser les responsabilités, les mécanismes de coordination, les circuits de communication et les modalités de décision en période d’alerte. La question de l’accessibilité des messages a également été abordée, avec une attention particulière aux populations les plus vulnérables.
Pour Hawa Ibrahim Robleh, coordinatrice en gestion des catastrophes, l’enjeu est précisément de « passer de l’alerte à l’action ». Elle souligne que les informations météorologiques doivent être suffisamment accessibles et compréhensibles pour permettre aux autorités, aux acteurs de terrain et aux communautés de savoir «quoi faire et quand agir ».
Du côté du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche et des Ressources halieutiques, Ibrahim Djama Ismael, chef du service de l’Élevage, relève un changement de perspective. L’approche ABF permet, selon lui, de partir de la prévision pour déterminer « qui fait quoi, dans quel délai et à partir de quel seuil ». Des tableaux consacrés à l’agriculture, à l’élevage et à l’eau ont notamment permis de préciser les impacts attendus des fortes chaleurs, des vents et des précipitations.
Le responsable appelle toutefois à poursuivre les travaux, notamment pour intégrer davantage le risque de sécheresse et définir des seuils d’alerte adaptés aux différents secteurs. Il préconise également de formaliser la transmission des alertes, de désigner des points focaux joignables en dehors des heures ouvrables et de prévoir des mécanismes permettant de mobiliser des ressources financières sur la base d’une prévision, avant la survenue des dégâts.
L’expert en Prévision basée sur les Actions, Rivo Randrianarison, insiste pour sa part sur la nécessité de rapprocher les prévisions des réalités du terrain. « Il faut aller au-delà de la prévision météorologique et se demander quels seront les impacts sur le terrain et quelles actions peuvent être engagées avant que l’événement ne se produise », explique-t-il. Cette démarche repose sur une collaboration étroite entre météorologues, prévisionnistes et acteurs sectoriels, ces derniers étant les mieux placés pour identifier les vulnérabilités et les réponses adaptées.
Les prochaines étapes porteront sur la documentation, la consolidation et la validation des outils élaborés. Des procédures opérationnelles devront également être finalisées et testées, notamment à travers des exercices de simulation. L’objectif est de faire de la prévision météorologique un véritable outil d’aide à la décision, capable de déclencher à temps des actions concrètes pour réduire les impacts des événements extrêmes.
Zouhour Abdillahi











































