
Célébrée chaque 1er novembre à travers le continent africain, la Journée nationale et africaine de la jeunesse a été marquée à Djibouti par une cérémonie placée sous le haut patronage du président de la République, Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, qui s’est tenue au Palais du Peuple. Sous le signe de l’initiative et de l’autonomisation économique, ce rendez-vous annuel a mis en lumière les ambitions d’une génération appelée à prendre une part active au développement du pays. Point d’orgue de cette journée : la remise du Grand Prix du Chef de l’État « Initiative Jeunesse », édition 2026 autour d’un thème qui ambitionne de convertir les compétences en opportunités d’emploi et en initiatives entrepreneuriales.

La jeunesse constitue, pour Djibouti tout comme de nombreux pays africains, l’un des principaux leviers de développement, mais aussi l’un des défis les plus pressants des politiques publiques. Formation, insertion professionnelle, entrepreneuriat et création de richesses tels sont les impératifs permettant à la jeunesse djiboutienne de convertir ses compétences en perspectives économiques concrètes.
C’est autour de cette équation que s’est tenue, hier matin au Palais du Peuple, la célébration de la Journée nationale et africaine de la jeunesse.
Organisé par le ministère de la jeunesse et de la culture, l’évènement placé sous le haut patronage du président de la République, Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, entend donner une résonance particulière à la question de l’autonomisation des jeunes.
Le thème retenu, « Du savoir-faire à l’auto-emploi », pose la question centrale de la valorisation des compétences acquises et de leur transformation en activités génératrices de revenus. Car entre la formation et l’emploi, le passage demeure souvent difficile.
un diplôme, maîtriser un métier ou disposer d’une compétence technique ne garantit pas nécessairement l’accès au marché du travail. Encore faut-il pouvoir mobiliser les moyens, les réseaux et les dispositifs d’accompagnement permettant de franchir le cap de l’installation professionnelle.
Entre engagement citoyen et valorisation du patrimoine culturel
Dans une atmosphère marquée par la mobilisation de la jeunesse djiboutienne de toutes les générations confondues, a mobilisé au palais du peuple, le Président de la République, Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh et la Première Dame et Présidente de l’Union nationale des femmes Djiboutiennes (UNFD), Son Excellence, Mme Kadra Mahamoud Haid.
À leurs côtés, le Premier ministre, Son Excellence M. Abdoulkader Kamil Mohamed, de nombreux membres du gouvernement, dont la ministre de la Jeunesse et de la Culture, Mme Fardoussa Moussa Egueh, plusieurs parlementaires, le chef d’état-major général des armées, le général de corps d’armée Zakaria Cheikh Ibrahim, ainsi que des nombreuses autres personnalités anonymes.
Moment fort de cette célébration, la pièce de théâtre « Arawelo », interprétée par de jeunes talents djiboutiens, a apporté une dimension culturelle et artistique de la journée. À travers cette représentation, les jeunes comédiens ont revisité la figure emblématique d’Arawelo, personnage légendaire profondément ancré dans la mémoire et les traditions de la Corne de l’Afrique. Alliant expression théâtrale, mise en scène et références au patrimoine culturel, les acteurs ont offert au public une prestation qui a mis en lumière la richesse de l’héritage oral et historique de la République de Djibouti.

Au-delà de sa portée artistique, cette représentation a également illustré le rôle de la jeunesse dans la préservation et la transmission du patrimoine culturel. En s’appropriant les grandes figures de l’imaginaire collectif pour les faire revivre sur scène, ces jeunes ont démontré que la culture constitue un puissant vecteur d’expression, de créativité et de construction identitaire. Une initiative qui rappelle que la jeunesse n’est pas seulement dépositaire d’un héritage, mais aussi une force vivante capable de le réinterpréter et de le transmettre aux générations futures.
Formation, entrepreneuriat et créativité : les ambitions des pouvoirs publics
Dans son allocution prononcée à l’occasion de la 20ᵉ édition de la Journée nationale et africaine de la jeunesse, la ministre de la Jeunesse et de la Culture, Mme Fardoussa Moussa Egueh, a salué l’engagement du Président de la République en faveur de la jeunesse djiboutienne, notamment à travers la préservation de la paix et de la stabilité ainsi que la mobilisation historique de 1,8 milliard de francs Djibouti pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes. « Le savoir-faire est une richesse, l’entrepreneuriat une voie vers l’autonomie et que tous les métiers méritent d’être reconnus à leurs justes valeurs » a souligné la ministre Fardoussa Moussa. La ministre a également salué le succès du Grand Prix du Chef de l’État, qui a-t-elle dit « a enregistré cette année plus de 200 candidatures venues de l’ensemble du territoire national ».
Évoquant par la suite, les priorités de son département, Mme Fardoussa Moussa Egueh a mis l’accent sur le développement des industries culturelles et créatives, la préservation du patrimoine matériel et immatériel ainsi que la redynamisation des Centres de développement communautaire (CDC). Elle a notamment félicité les jeunes issus de plusieurs CDC pour leur interprétation de la pièce théâtrale Arawelo, qui a célébré la richesse et la beauté de la langue somalie. « La culture n’est pas seulement un héritage à préserver, elle est aussi une source de créativité, d’emplois et de richesses », a-t-elle affirmé. S’adressant enfin aux jeunes, la ministre les a exhortés à transformer leurs compétences en projets concrets et à saisir les nouvelles perspectives offertes par les pouvoirs publics, rappelant que « notre responsabilité, en tant que pouvoirs publics, est de vous accompagner. La vôtre est de saisir les opportunités avec confiance, discipline et persévérance ».

Prenant la parole à l’occasion de la 20ᵉ édition de la Journée nationale et africaine de la jeunesse, le Président de la République, Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, a réaffirmé la place centrale de la jeunesse dans la vision de développement du pays.
Rappelant les investissements consentis dans l’éducation, les infrastructures scolaires et universitaires ainsi que dans les dispositifs de formation, le chef de l’État a souligné la volonté des pouvoirs publics de donner aux jeunes les moyens de participer pleinement à la construction nationale. « Une Nation qui croit en sa jeunesse est une Nation qui prépare son avenir », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que, malgré les avancées enregistrées, « le chemin à parcourir reste encore long ».
Abordant les difficultés rencontrées par les jeunes diplômés face au chômage et à l’accès à l’autonomie, le Président Ismail Omar Guelleh a appelé à des réponses concrètes et durables. Il a notamment insisté sur la nécessité de mieux adapter les formations aux besoins de l’économie, d’attirer davantage d’investissements et de développer de nouveaux secteurs d’activité. Plaçant l’entrepreneuriat au cœur de cette dynamique, il a encouragé les jeunes à prendre des initiatives et à croire en leur potentiel. « La jeunesse ne doit jamais être perçue comme une charge pour la Nation, mais comme sa plus grande force ; non comme une force d’inertie, mais comme une force motrice de progrès et de transformation économique » a-t-il indiqué. Il a également assuré que le gouvernement poursuivrait ses efforts pour renforcer les mécanismes de financement et d’accompagnement des jeunes entrepreneurs, tout en facilitant la formalisation des activités informelles afin de favoriser la création d’entreprises et d’emplois durables.
Réaffirmant que l’avenir de la jeunesse demeure une préoccupation constante de l’action publique, le chef de l’État a appelé à davantage d’ambition et d’efficacité dans les politiques destinées à cette frange essentielle de la population. Pour le Président de la République, les efforts engagés ne sauraient suffire tant qu’une partie des jeunes reste éloignée des opportunités de développement. « Nous ne pouvons, nous satisfaire des efforts accomplis tant qu’une partie de notre jeunesse demeure éloignée des opportunités de développement », a-t-il insisté. Adressant enfin un message de confiance à la jeunesse djiboutienne, il a salué sa créativité, sa capacité d’adaptation et son audace, avant de l’inviter à prendre toute sa part dans l’édification d’un pays « plus prospère, plus solidaire et toujours confiant en son avenir ».
Le Grand Prix du Chef de l’État 2026 : trois initiatives récompensées
Autre temps fort de cette célébration, la remise du Grand Prix du Chef de l’État « Initiative Jeunesse », édition 2026, a placé l’esprit d’entreprise et la capacité d’innovation au cœur de la manifestation.
Le premier prix du Grand Prix du Chef de l’État de cette année, a été décerné à Yacoub Ahmed Ali, diplômé en électrotechnique du Lycée industriel et commercial (LIC). Technicien polyvalent, il a enrichi sa formation initiale par la maîtrise de la plomberie et de la climatisation, faisant de ses compétences le socle d’une activité entrepreneuriale. Au-delà de sa réussite personnelle, il se distingue par sa volonté de transmettre son savoir-faire et d’offrir à d’autres jeunes des opportunités d’apprentissage et d’insertion professionnelle.
Le second prix est revenu à l’Association communautaire du village d’Ardo (ACVA), présidée par Mme Kadiga Bourhan Chehem. Dans ce village, plus de 80 femmes artisanes ont uni leurs forces au sein de pour mutualiser leurs ressources et surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement, aux équipements et à la commercialisation de leurs créations. Grâce à cette solidarité, leur savoir-faire artisanal s’est transformé en une véritable activité économique, génératrice de revenus et de nombreux emplois familiaux.
Quant au troisième prix, il a été décerné à Ahmed-Nour Mahamoud Djama. Originaire d’Assamo et diplômé en communication de l’Université de Djibouti, il a choisi l’entrepreneuriat pour faire face au chômage en créant à Ali-Sabieh la cafétéria GOULDINI, dont le nom rend hommage à deux figures de l’indépendance en l’occurrence Gouled et Dini.

Confronté à la baisse de sa clientèle, il a imaginé un concept original en allant vendre son café dans les rues, accompagné de gobelets retraçant, à travers de courtes biographies, le parcours d’une cinquantaine de héros de l’indépendance nationale. Cette initiative qui allie esprit d’entreprise, innovation commerciale et devoir de mémoire lui a valu le troisième prix du Grand Prix du Chef de l’État 2026.
À travers ces distinctions, l’ambition est de mettre en lumière les initiatives portées par les jeunes et de valoriser leur contribution au développement national.

Des personnalités et hauts responsables du MJC décorés
À l’issue de la cérémonie, le Président de la République a également honoré quatre personnalités pour leur contribution au rayonnement de la culture et à la préservation du patrimoine national. Ces distinctions ont été décernées à M. Idriss Moussa Ahmed, conseiller technique principal au ministère de la Jeunesse et de la Culture et expert en patrimoine national, à Mme Amina Ali Mohamed, à M. Mohamed Djama Ali, dit Flo, directeur adjoint du Palais du Peuple, ainsi qu’à Mme Waffa Mohamed Ahmed. À travers ces décorations, la Nation a tenu à saluer l’engagement et le dévouement de ces acteurs qui, à travers leurs parcours respectifs, contribuent à la valorisation du patrimoine culturel et au développement de la vie culturelle nationale.
RACHID BAYLEH
Ils ont dit….
Fardoussa Moussa Egueh Ministre de la jeunesse et de la culture
« Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’autonomie, renforcer notre économie Et préparer l’avenir de la Nation »

« Permettez-moi en premier lieu d’exprimer ma profonde gratitude et mes sincères remerciements à Son Excellence le Président de la République, Al-Hadj Ismaïl Omar Guelleh, pour la confiance qu’il m’a accordée en me confiant le département de la Jeunesse et de la Culture. Servir ces deux piliers de notre Nation, porteurs de notre avenir et de notre identité, est pour moi un grand honneur. Qu’Allah me guide dans ses nouvelles responsabilités. (…) Votre engagement en faveur de notre jeunesse se manifeste notamment par deux acquis essentiels : la préservation de la paix et de la stabilité, indispensables à tout développement, et la dotation historique de 1,8 milliard de francs Djibouti destinée à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes. Au nom de notre département et de la jeunesse djiboutienne, je vous exprime notre profonde reconnaissance. Cette décision ouvre de nouvelles perspectives pour l’initiative privée, la création d’emplois et l’autonomie économique. Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’autonomie, renforcer notre économie et préparer l’avenir de la Nation. Depuis un an, notre département poursuit également trois priorités : développer les industries culturelles et créatives, préserver notre patrimoine matériel et immatériel et redynamiser les Centres de développement communautaire. Notre conviction est forte : la culture n’est pas seulement un héritage à préserver, elle est aussi une source de créativité, d’emplois et de richesses. Transformez vos compétences en projets concrets et profitez de cette nouvelle opportunité offerte par notre Président. Notre responsabilité, en tant que pouvoirs publics, est de vous accompagner. La vôtre est de saisir les opportunités avec confiance, discipline et persévérance. »
Idriss Moussa Ahmed Conseiller technique du ministère de la jeunesse et de la culture, décoré au rang d’officier de l’ordre du 27 juin, par le Président de la République
« Durant toutes ces années, je me suis investi pour que le rayonnement de notre pays et son identité culturelle soient préservés »

« Pour moi, aujourd’hui, c’est une immense joie. C’est une journée exceptionnelle, une journée de reconnaissance qui vient couronner 45 années d’efforts, de travail et d’engagement au service de la culture et du peuple djiboutien. Durant toutes ces années, je me suis investi pour que le rayonnement de notre pays et son identité culturelle soient préservés, sauvegardés et promus au niveau national, régional et international.
Cette distinction représente également une nouvelle marque de reconnaissance du plus haut magistrat de la République, le chef de l’État, à l’égard de ma personne et de ma contribution à cet effort constant de construction et de consolidation de notre patrimoine culturel, aux côtés des artistes et des acteurs culturels de notre pays. J’en suis profondément heureux.
Je tiens à remercier le président de la République, la Première dame, les journalistes, les artistes et l’ensemble du monde culturel. J’adresse également des remerciements particuliers à la nouvelle ministre de la Jeunesse et de la Culture, Mme Fardoussa Moussa Egueh, qui est à l’initiative de cette distinction.
Je la remercie infiniment. Je partage avec vous ce moment particulier de joie, de communion et de solidarité. Cette reconnaissance de l’État constitue pour moi une véritable source d’inspiration et m’encourage à poursuivre mon engagement avec davantage de persévérance. Elle me donne la force de consolider les efforts déjà accomplis, de les approfondir et de les inscrire dans une dynamique toujours plus positive, afin de contribuer davantage au rayonnement de notre culture.
Je vous remercie. »
Propos recueillis par RB











































