Plus de 35 ingénieurs et professionnels de Djibouti Télécom ont achevé une formation de deux semaines consacrée à l’intelligence artificielle. Organisée sous l’égide du ministère de la Communication, cette initiative entend renforcer les compétences techniques et accompagner la transformation numérique du secteur des télécommunications.

Djibouti Télécom veut prendre une longueur d’avance dans un domaine appelé à transformer en profondeur les télécommunications et, plus largement, l’économie numérique. L’opérateur national a organisé jeudi dernier, à l’Ayla Grand Hôtel, une cérémonie de clôture d’une formation consacrée à l’intelligence artificielle (IA), placée sous le thème : « IA, compétences et collaboration : quelles perspectives pour Djibouti ? ».

Organisée sous l’égide du ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, cette formation de deux semaines a réuni plus de 35 ingénieurs et professionnels de Djibouti Télécom. Son objectif était de leur permettre de mieux comprendre les technologies liées à l’IA et de renforcer leurs capacités afin d’envisager leur application concrète dans les activités de l’opérateur. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de la Communication, Ahmed Youssouf Elmi, du secrétaire général du ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation, Abdallah Ibrahim Omar, ainsi que d’experts en intelligence artificielle, de représentants institutionnels et du monde universitaire.

Des compétences au cœur de la transformation numérique

Longtemps perçue comme une technologie réservée aux laboratoires et aux spécialistes, l’intelligence artificielle s’est progressivement imposée dans de nombreux secteurs. Analyse des données, automatisation, cybersécurité, maintenance prédictive ou encore optimisation des réseaux : ses applications touchent désormais directement le secteur des télécommunications.

C’est précisément dans cette perspective que Djibouti Télécom entend accompagner l’évolution des compétences de ses équipes. Dispensée par un expert djiboutien, la formation a permis aux participants de se familiariser avec les principaux concepts, outils et usages de l’IA. Pour le directeur général de Djibouti Télécom, cette initiative traduit « l’engagement commun en faveur de la transformation numérique nationale et du renforcement des compétences nécessaires à la maîtrise des technologies ». Elle témoigne également, selon lui, de la volonté de l’opérateur « d’anticiper les évolutions du secteur des télécommunications et de préparer ses équipes aux défis d’un environnement en constante mutation ».

Le directeur général a par ailleurs souligné que l’IA ne devait pas être considérée comme une finalité, mais comme « un outil stratégique au service de l’efficacité, de l’innovation et de la qualité des services ». L’investissement dans la formation et l’adaptation des compétences constituent ainsi, à ses yeux, des conditions essentielles pour construire durablement la performance de l’entreprise.

Passer de la formation à l’action

Prenant la parole à son tour, le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, a insisté sur le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans la transformation des économies, des entreprises, des administrations et des métiers. Pour Djibouti, l’enjeu consiste désormais à saisir les opportunités offertes par cette technologie tout en maîtrisant les risques qui l’accompagnent. Le ministre a notamment évoqué l’évaluation de l’état de préparation du pays à l’IA, réalisée selon la méthodologie RAM de l’UNESCO. Celle-ci met en avant plusieurs acquis, notamment la transformation numérique engagée, les infrastructures stratégiques et le développement progressif de l’écosystème académique. Elle fait également ressortir la nécessité de poursuivre les efforts dans plusieurs domaines, notamment les compétences, la gouvernance, les données, la recherche et l’innovation.

Dans cette dynamique, le ministre a placé le capital humain au cœur de la stratégie nationale. « Le capital humain constitue notre première richesse », a-t-il déclaré, estimant que la formation organisée par Djibouti Télécom contribue directement au développement des compétences nécessaires au pays. L’opérateur national dispose, de son côté, d’atouts importants pour accompagner cette évolution. Ses infrastructures, sa connectivité et sa position de hub régional des télécommunications peuvent lui permettre de jouer un rôle dans le développement des usages de l’IA. Ces technologies pourraient notamment contribuer à l’optimisation des réseaux, à la maintenance, à la cybersécurité, à l’analyse des données et à l’amélioration de la qualité des services.

Pour le ministre, l’étape suivante doit désormais consister à transformer les acquis de la formation en applications concrètes. « L’enjeu est maintenant de passer de la formation à l’action : former, expérimenter, innover et créer des partenariats », a-t-il souligné. Une démarche qui devra toutefois s’inscrire dans un cadre responsable, inclusif et souverain, avec une attention particulière portée à la protection des données, à la cybersécurité et au respect des droits fondamentaux.

À travers cette formation, Djibouti Télécom amorce ainsi une nouvelle étape : celle d’une appropriation plus concrète de l’intelligence artificielle par ses équipes techniques, avec l’ambition d’en faire un levier d’innovation et d’amélioration des services.