À Rome, les enjeux de l’eau, de la sécurité alimentaire et du développement rural étaient au cœur des échanges entre Djibouti et le Fonds international de développement agricole (FIDA). Le ministre de l’Économie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, s’est entretenu avec le président du FIDA, Alvaro Lario, autour des moyens de renforcer la coopération entre les deux parties et d’apporter des réponses durables aux défis auxquels sont confrontées les populations rurales.

Dans un pays particulièrement exposé aux effets du changement climatique, la question de la résilience des communautés rurales demeure une priorité. La gestion des ressources en eau, la restauration des terres dégradées et le soutien aux activités agricoles, pastorales et halieutiques constituent ainsi les principaux axes d’un partenariat appelé à se consolider. L’objectif est notamment de mieux accompagner les éleveurs nomades et les acteurs des filières agricoles et de la pêche, dont les activités restent fortement tributaires des conditions climatiques et de l’accès aux ressources naturelles.

L’eau et le développement rural au cœur des priorités

Parmi les priorités identifiées figure l’amélioration de l’accès à l’eau, un enjeu déterminant pour renforcer la résilience des populations face aux épisodes de sécheresse. Le développement des infrastructures hydrauliques doit permettre de sécuriser davantage les moyens de subsistance des communautés pastorales et de soutenir les activités d’élevage et d’agriculture. Le renforcement de la productivité agricole et pastorale figure également au centre des ambitions affichées. Il s’agit de créer les conditions permettant aux populations rurales de développer leurs activités tout en favorisant de nouvelles opportunités économiques, notamment pour les femmes et les jeunes.

La pêche artisanale occupe, elle aussi, une place importante dans cette stratégie. Dans les régions d’Obock et de Tadjourah, le développement des infrastructures adaptées apparaît comme un levier essentiel pour permettre aux pêcheurs de mieux valoriser leur production, d’améliorer leurs revenus et de contribuer davantage à l’économie locale.

Sur le terrain, cette coopération se traduit déjà par des actions concrètes. Le programme PROGRES poursuit ses interventions dans les régions d’Arta, de Dikhil et de Tadjourah, notamment à travers l’amélioration de l’accès à l’eau au bénéfice de milliers d’éleveurs nomades.

Restaurer les terres et stimuler l’agrobusiness

Les discussions de Rome ont également porté sur les enjeux environnementaux, notamment dans le cadre de la Grande Muraille Verte et des efforts de restauration des terres dégradées.

Ces initiatives, menées en coordination avec le Ministère de l’Environnement, s’inscrivent dans une démarche de lutte contre la désertification et d’adaptation aux effets du changement climatique. Au-delà des réponses environnementales et sociales, Djibouti souhaite également donner une nouvelle impulsion au développement de l’agrobusiness. Dans cette perspective, le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a proposé l’organisation prochaine d’un Forum national sur l’agrobusiness. L’ambition est d’attirer davantage d’investissements, de favoriser les partenariats et de promouvoir l’émergence d’une filière agroalimentaire capable de créer des emplois et de générer davantage de valeur ajoutée. Cette proposition traduit une volonté de dépasser une approche exclusivement centrée sur l’aide au développement pour favoriser l’investissement productif et la création de chaînes de valeur locales.

Saluant l’ambition portée par Djibouti, le président du FIDA, Alvaro Lario, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le pays dans ses efforts visant à faire face aux conséquences du changement climatique et à renforcer la sécurité alimentaire.

À travers ce partenariat renouvelé, Djibouti entend ainsi consolider les bases d’un développement rural plus résilient, en plaçant l’accès à l’eau, la restauration des terres, l’appui aux activités productives et l’inclusion économique des jeunes et des femmes au cœur de son action. Une démarche qui vise à transformer les défis climatiques en opportunités de développement durable pour les communautés rurales.