Le défi de la résilience passe aussi par l’emploi, l’entrepreneuriat et la capacité des communautés à créer leurs propres activités. C’est dans cette perspective que l’Agence Djiboutienne de Développement Social (ADDS) a lancé, mardi dernier, à Obock la campagne de sensibilisation du Projet Intégré de Résilience Communautaire (PIRC), baptisé localement « Khayrat ». Pendant deux semaines, les équipes du projet sillonneront la région pour informer les populations, notamment les jeunes, les femmes et les porteurs de projets, avant l’ouverture des inscriptions et le lancement d’un concours de plans d’affaires.

À Obock, le mot d’ordre est désormais de transformer les initiatives locales en véritables opportunités économiques. Mardi dernier, la région a accueilli le lancement officiel de la campagne de sensibilisation du Projet Intégré de Résilience Communautaire «Khayrat », une nouvelle étape dans les efforts engagés pour renforcer les moyens de subsistance et stimuler l’activité économique au sein des communautés.

La cérémonie, organisée par l’ADDS, a réuni les principales parties prenantes du projet autour d’un même objectif : faire connaître aux populations les dispositifs d’accompagnement disponibles et encourager l’émergence de nouvelles initiatives économiques dans la région. Autour du Préfet d’Obock, M. Moussa Aden Miganeh, avaient notamment pris place le président du Conseil régional, Mohamed Houmed Ismail, le directeur général de l’ADDS, Mahdi Mohamed Djama, une représentante du ministère de la Femme et de la Famille, un haut responsable du ministère de la Culture et de la Jeunesse ainsi qu’un représentant du Secrétariat d’État aux Sports. Dans la salle, de nombreux jeunes, commerçants et porteurs de projets étaient venus s’informer sur les possibilités offertes par «Khayrat ».

Faire de l’initiative locale un moteur économique

Dans leurs interventions, les autorités ont appelé les jeunes à ne pas laisser passer cette fenêtre d’opportunité. L’enjeu, ont-elles souligné, est de faire émerger des initiatives capables de générer des revenus, de créer des emplois et de participer durablement au développement économique de la région. L’appel s’adresse particulièrement à une jeunesse appelée à devenir l’un des principaux acteurs de la transformation économique locale. À travers «Khayrat », il ne s’agit donc pas uniquement de financer des activités, mais aussi de créer un environnement permettant aux porteurs d’initiatives de structurer leurs projets et de les inscrire dans la durée. La rencontre a également permis aux participants d’entrer dans le détail des mécanismes proposés. Une présentation interactive, assurée par le coordonnateur de la Composante 2.2, a permis d’expliquer les différentes modalités d’appui, les critères d’éligibilité ainsi que les conditions à remplir pour pouvoir bénéficier des dispositifs du projet. Une phase d’information qui prend tout son sens à l’approche de l’ouverture des inscriptions.

Quatre leviers pour passer de l’idée au projet

Pendant deux semaines, la campagne de sensibilisation se poursuivra dans les différentes localités de la région. L’objectif est de rapprocher l’information des populations et de permettre aux candidats potentiels de mieux comprendre les opportunités qui leur sont offertes. À l’issue de cette phase, les personnes éligibles pourront s’inscrire à un concours de plans d’affaires. Les projets soumis seront examinés sur la base des critères établis par le programme afin d’identifier ceux pouvant bénéficier de son accompagnement. Le dispositif repose sur quatre principaux mécanismes.

Le premier concerne le financement des Activités Génératrices de Revenus (AGR), destiné à soutenir la création ou le développement de petites activités économiques.

Le deuxième vise les Très Petites et Moyennes Entreprises (TPME), avec un accompagnement adapté à leurs besoins.

Le troisième mécanisme porte sur les installations productives des coopératives, afin de renforcer leurs capacités à développer des activités génératrices de revenus. Enfin, « Khayrat » prévoit la création et l’accompagnement des Groupements d’Entraide par Affinité (GEA), destinés à favoriser la solidarité économique et la mutualisation des initiatives au sein des communautés. Cette architecture traduit l’ambition du projet : agir simultanément sur plusieurs maillons de l’économie locale, de l’initiative individuelle aux dynamiques collectives.

Dans la continuité de FORJE et PROPEJA

« Khayrat » ne part pas d’une page blanche. Le projet s’inscrit dans la continuité des expériences précédemment conduites par l’ADDS, notamment à travers FORJE et PROPEJA, tout en adoptant une approche plus intégrée de la résilience communautaire. Co-exécuté par le Ministère des Affaires Sociales et des Solidarités (MASS) et l’ADDS, avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet Intégré de Résilience Communautaire entend associer plusieurs dimensions : investissements dans les infrastructures, développement économique et renforcement des moyens de subsistance. L’ambition est ainsi de dépasser la seule logique de soutien ponctuel pour favoriser l’installation d’activités capables de produire des revenus dans la durée. À Obock, cette approche revêt une importance particulière. En misant sur les ressources humaines et les initiatives locales, le projet cherche à faire de la résilience un processus porté directement par les communautés. Jeunes, femmes, ménages vulnérables, commerçants, coopératives ou entrepreneurs disposent désormais d’un éventail de mécanismes susceptibles de les accompagner dans la concrétisation de leurs projets.

Reste maintenant à franchir l’étape décisive : passer de l’information à l’action, de l’idée au plan d’affaires, puis du plan d’affaires à une activité viable.

C’est précisément le pari de «Khayrat » : faire émerger, au cœur des communautés d’Obock, des initiatives économiques capables de créer des revenus, de renforcer l’autonomie des ménages et de contribuer, à leur échelle, à la transformation économique de la région.

RACHID BAYLEH