Le Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, a présidé hier à la Primature une réunion de coordination consacrée à l’évolution de la situation des réfugiés yéménites arrivant dans la région d’Obock. Face à l’augmentation des besoins, les autorités ont passé en revue les conditions d’accueil et les mesures à renforcer sur le terrain.

Autour du Premier ministre, la réunion a réuni les ministres chargés de l’Intérieur, de la Défense, de la Santé, des Affaires sociales et des Solidarités ainsi que de la Femme et de la Famille. Les équipes de l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS), de l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD) et de la direction de solidarité ont également pris part aux échanges.

Au cœur des discussions : l’évolution des arrivées enregistrées à Obock, Godoria, Moulhoulé et dans les zones environnantes, ainsi que les capacités actuelles du dispositif d’accueil de Markazi. Mis en place à partir de 2015 pour accueillir les populations ayant fui le conflit au Yémen, le site constitue aujourd’hui l’un des principaux points de prise en charge des nouveaux arrivants.

Les besoins identifiés concernent en priorité l’hébergement, l’assainissement et les équipements nécessaires à l’accueil des familles. Le renforcement des capacités d’hébergement, l’installation de tentes, la mise à disposition de kits de première nécessité, de vêtements et de différents équipements figurent parmi les mesures examinées.

La question de l’alimentation électrique du site a également été abordée. Le transfert vers Markazi de certains équipements actuellement disponibles à Ali-Addeh est envisagé afin de renforcer les moyens opérationnels sur place.

Dans le même temps, le Premier ministre a demandé d’accélérer l’enregistrement des réfugiés par l’ONARS. Cette étape doit permettre de mieux identifier les besoins et d’organiser la distribution de l’aide alimentaire dans des conditions ordonnées et équitables.

Une vigilance particulière sur le plan sanitaire

La situation sanitaire constitue également une priorité. Une attention particulière doit être accordée aux risques de maladies diarrhéiques ainsi qu’à la vulnérabilité des femmes enceintes et des enfants, dont certains ne sont pas vaccinés.

Une caravane médicale est en cours de mise en place pour répondre aux besoins de santé des nouveaux arrivants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) apporte, de son côté, son appui au dispositif en mettant à disposition des moyens de dépistage. L’objectif est de prévenir les risques sanitaires et de protéger à la fois les populations réfugiées et les communautés locales.

L’alimentation figure aussi parmi les urgences. Le Gouvernement prévoit d’examiner avec les opérateurs présents dans la région les modalités permettant d’assurer quotidiennement la distribution de repas chauds sur le site de Markazi.

Au-delà des mesures immédiates, la réunion a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les différents intervenants. Le Premier ministre a demandé que l’action des services de l’État et celle des organisations humanitaires soient articulées au sein d’un dispositif cohérent, capable de s’adapter à l’évolution des arrivées.

Le HCR, le CICR, l’OIM, l’OMS, Qatar Charity ainsi que les autres partenaires mobilisés sont appelés à inscrire leurs interventions dans cette démarche de coordination.

Alors que les arrivées se poursuivent dans la région d’Obock, l’enjeu est désormais de consolider les capacités d’accueil et de faire en sorte que l’assistance apportée aux familles yéménites puisse répondre, de manière organisée et équitable, aux besoins les plus urgents.