Depuis son accession à l’indépendance nationale le 27 juin 1977, la République de Djibouti s’est imposée comme un modèle de stabilité dans une région trop souvent déchirée par les conflits. Alors que la Corne de l’Afrique et la Péninsule Arabique connaissent des turbulences permanentes, notre pays est resté un havre de paix, un phare de sécurité et de fraternité. Cette paix n’est pas égoïste. Elle est partagée. Djibouti a fait de l’hospitalité une doctrine d’Etat. Aujourd’hui encore, notre pays accueille à bras ouverts des milliers de frères et sœurs fuyant la guerre et la persécution. Les camps de réfugiés d’Ali-Addeh et de Holl-Holl, dans la région d’Ali-Sabieh, et de Markazi à Obock, en sont la preuve vivante. Des dizaines de milliers de Somaliens, d’Éthiopiens, d’Érythréens y vivent en sécurité, scolarisés, soignés, protégés. Après avoir accueilli avec dignité en 2015 la première vague de réfugiés yéménites fuyant le déclenchement de la guerre civile, notre histoire d’humanité s’écrit à nouveau. Face à l’escalade dramatique de la violence sur la côte ouest du Yémen, une seconde vague de réfugiés, par milliers, traverse la mer à bord d’embarcations de fortune pour rejoindre les côtes d’Obock. Hommes épuisés, femmes enceintes, enfants traumatisés. Ils arrivent sur notre terre, terre de rencontre et de sécurité. Et comme à l’accoutumée, la République de Djibouti n’a pas détourné le regard. Sous l’impulsion des plus hautes autorités, une vaste opération humanitaire et logistique a été immédiatement lancée à Obock. Les Forces Armées Djiboutiennes, l’ONARS, les autorités régionales, en coordination avec le HCR et les organisations humanitaires, se sont mobilisées pour l’accueil, l’hébergement, l’eau, la nourriture et les soins. C’est le visage de Djibouti : un petit pays au grand cœur. Pourquoi cet engagement constant ? Parce que notre peuple sait que l’hospitalité n’est pas une faiblesse, mais une force. Elle nous protège et nous élève, comme l’illustre le conte « Le puits du voyageur » : Dans un village du désert, il y avait un vieux puits dont l’eau ne tarissait jamais, même pendant les plus grandes sécheresses. Un jour, les anciens se réunirent.
L’un dit : “Fermons le puits. Si nous laissons boire les caravanes étrangères, notre eau s’épuisera.”Le plus sage d’entre eux répondit : “Faisons le contraire. Laissons-le ouvert à tout voyageur qui a soif.” Ils l’ont laissé ouvert.
Et chaque voyageur qui y buvait laissait en échange une datte, une graine, une prière. Les graines jetées autour du puits ont germé. Les dattes sont devenues des palmiers. Les prières ont attiré la pluie. Le petit puits est devenu une oasis, et le village est devenu une ville prospère où tous voulaient vivre.
Le sage conclut : “En fermant notre porte, nous aurions gardé un peu d’eau. En l’ouvrant, nous avons gagné une oasis.
C’est la leçon de Djibouti. En ouvrant nos bras aux réfugiés yéménites et à tous les opprimés des pays voisins, nous ne perdons rien. Nous gagnons en humanité, en stabilité et en bénédiction. Nous gagnons le respect du monde et la paix de notre conscience. Djibouti restera ce qu’elle a toujours été : une terre de paix pour ceux qui n’ont plus de terre.
HA










































