
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a célébré, dimanche 21 juin, la Journée mondiale des réfugiés à l’Institut français de Djibouti (IFD). Célébrée chaque 20 juin, la journée mondiale des réfugiés a été instituée par les Nations Unies pour rendre hommage aux millions de personnes contraintes de fuir les conflits, les persécutions ou les catastrophes naturelles.

Placée sous le thème « Jusqu’à ce que tout le monde soit en sécurité », l’édition 2026 a pris une résonance particulière dans un contexte mondial marqué par une hausse sans précédent des déplacements forcés. Elle a rappelé la responsabilité collective de garantir protection, dignité et perspectives d’avenir à toutes les personnes en exil.
La cérémonie, organisé par le haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a rassemblé, la représentante du HCR, Mme Sandrine Desamours, les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques des pays amies, les représentants des agences du système des Nations-Unies, le coordonnateur résident des agences des Nations-Unies en république de Djibouti, M. Jose Barahona, le secrétaire exécutif de l’ONARS, M. Mohamed Ali Kamil,un représentant de l’ IGAD, le Secrétaire général du ministère de l’intérieur, M. Souleiman Moumin Robleh, des nombreux réfugiés originaires de la Somalie, de l’ Ethiopie, et du Yémen ainsi que la société civile ont pris part à cette journée mémorable.
Dans une ambiance festive, ponctuée de musiques, de danses et de témoignages, les orateurs ont unanimement salué le rôle de Djibouti comme terre d’accueil et rappelé les valeurs de solidarité, d’inclusion et de résilience.
Prenant la parole en premier, le président de l’association des réfugiés à Djibouti, Mohamed Ali Osman, a exprimé sa gratitude envers la République de Djibouti pour son hospitalité légendaire, ainsi qu’au HCR pour son appui constant. L’association, a-t-il précisé, œuvre à regrouper et soutenir les réfugiés afin de leur offrir des opportunités et une meilleure intégration.
De son côté, la représentante du HCR, Sandrine Desamours, a salué la loi nationale sur les réfugiés, promulguée en janvier 2017, qui garantit aux réfugiés l’accès aux droits fondamentaux. Elle a également rendu hommage à l’hospitalité djiboutienne, « fidèle aux plus belles traditions africaines de solidarité et de fraternité ». « Nous sommes reconnaissants à la République de Djibouti qui depuis son Indépendance accueil les réfugiés, et par la suite a concrétisé son engagement envers leur protection à travers une généreuse loi».
Elle a par ailleurs déploré les nombres de déplacements forcés, les conflits et les crises qui persistent dans le monde. «Partout dans le monde, les déplacements forcés atteignent des niveaux proches des records historiques. Et bien que les conflits persistent et de nouvelles crises émergent, et que le droit d’asile est l’un des plus anciens principes de protection de l’humanité, il est à nos jours, de plus en plus remis en question».
Le secrétaire exécutif de l’ONARS, Mohamed Ali Kamil, a rappelé que Djibouti accueille aujourd’hui plus de 35 000 réfugiés et demandeurs d’asile, soit près de 3,2 % de la population nationale. Il a souligné les contraintes budgétaires qui affectent depuis 2025 les services essentiels, les programmes d’autonomisation et les interventions auprès des communautés hôtes. Il a néanmoins remercié le HCR, le PAM et l’IGAD pour leur engagement en faveur de l’intégration socio-économique des réfugiés. « Depuis 2025, les opérations humanitaires en faveur des réfugiés à Djibouti subissent de fortes contraintes budgétaires qui affectent directement les services essentiels, les programmes d’autonomisation économique, les activités de protection ainsi que les interventions destinées aux communautés hôtes ».
Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur a réaffirmé, au nom du gouvernement, la fidélité de Djibouti à sa tradition d’hospitalité et de solidarité. Sous l’impulsion du Président Ismaïl Omar Guelleh, le pays poursuit une politique axée sur la protection, l’inclusion et le respect de la dignité humaine, favorisant l’accès des réfugiés à l’éducation, à la santé, à la protection sociale et aux opportunités économiques.
Il a par ailleurs indiqué que Djibouti a choisi une approche durable favorisant l’accès des réfugiés aux services essentiels, à savoir l’éducation, la santé, la protection sociale et aux opportunités économiques.
Enfin, M. Jose Barahona, coordonnateur résident des Nations Unies, a insisté sur la nécessité de renforcer les financements et d’investir dans des solutions durables. « Derrière chaque réfugié, il y a une histoire, une aspiration et un avenir », a-t-il rappelé, soulignant que devenir réfugié n’est jamais un choix, mais que la réponse collective doit être celle de la solidarité, de l’inclusion et de l’espoir.
Au-delà des discours et des célébrations, cette Journée mondiale des réfugiés à Djibouti a rappelé une vérité essentielle, derrière chaque déplacement forcé se cache une vie bouleversée, mais aussi une volonté de reconstruire. Fidèle à son hospitalité légendaire, Djibouti continue de tendre la main à ceux qui cherchent protection et dignité. Dans un monde marqué par l’incertitude, cette journée a réaffirmé que la solidarité et l’inclusion demeurent les seuls chemins vers un avenir partagé.
SOUBER HASSAN






































