Sous le haut patronage du Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, la 7ᵉ Mission économique de la Francophonie s’est ouverte hier à Djibouti palace  Kempinski. Placée sous le signe du développement des échanges et du renforcement des partenariats, cette rencontre réunit des acteurs publics et  privés autour de cinq secteurs prioritaires : les énergies renouvelables, le numérique, la logistique, le tourisme et la santé.

Sous le haut patronage du Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, la 7ᵉ Mission économique de la Francophonie a débuté hier à l’hôtel Kempinski. Cette importante rencontre de trois jours vise à renforcer les échanges économiques, à favoriser les investissements et à rapprocher les entreprises de l’espace francophone.

Le Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh, accompagné de la Première Dame, Mme Kadra Mahamoud Haid, et de la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Mme Louise Mushikiwabo, ont effectué une visite des différents stands aménagés à l’occasion de cette rencontre économique.

Plusieurs entreprises et institutions opérant dans des secteurs stratégiques de l’économie y étaient représentées. Parmi elles figuraient notamment des établissements bancaires, les hôpitaux  Al Shifa  et Al Rahma, la Chambre de commerce de Djibouti, l’Électricité de Djibouti, Djibouti Télécom, l’Aéroport international de Djibouti ainsi que plusieurs compagnies d’assurance. Cette forte mobilisation du secteur privé et des institutions nationales permet de mettre en valeur le savoir-faire des acteurs économiques djiboutiens et de favoriser les échanges avec les entreprises et les investisseurs issus de l’espace francophone.

La cérémonie d’ouverture a réuni la Première Dame et présidente de l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD), le Premier ministre par intérim et ministre de la Justice, Ali Hassan  Bahdon, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, porte-parole du gouvernement, Abdoulkader Houssein, la Secrétaire générale de l’organisation internationale  de la Francophonie,  Mme. Louise Mushikiwabo, ainsi que la ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du Secteur privé, Mariam Hamadou Ali, des membres du gouvernement, le président de la Chambre de commerce de Djibouti, Youssouf Moussa Dawaleh, des représentants d’organisations internationales, des acteurs du secteur privé et de nombreux invités ont également pris part à cette cérémonie.

Dans son allocution, le président de la Chambre de commerce de Djibouti Youssouf Moussa Dawaleh a mis en avant les atouts du pays, notamment sa position géostratégique, ses infrastructures portuaires, sa zone franche et sa forte connectivité internationale. « Djibouti bénéficie d’une position géostratégique exceptionnelle, d’infrastructures portuaires de premier niveau, d’une zone franche de haute qualité et d’une forte connectivité internationale dans les télécommunications. Notre pays est une plateforme d’investissement et de partage », a-t-il souligné.

Youssouf Moussa Dawaleh a également insisté sur la nécessité d’aller au-delà des acquis actuels afin de développer les activités productives, la transformation, les services à valeur ajoutée et l’innovation. Il a notamment appelé à renforcer les compétences des jeunes afin de favoriser leur accès à l’emploi.

Les cinq secteurs prioritaires retenus pour cette 7 ème Mission économique sont les énergies renouvelables, le numérique, la logistique, le tourisme et la santé. Pour le président de la Chambre de commerce, ces domaines offrent d’importantes possibilités de coopération et d’investissement.

Il a par ailleurs souligné l’importance de cette mission pour le secteur privé djiboutien, rappelant que la Chambre de commerce de Djibouti célébrera son 120ᵉ anniversaire en 2027.

Selon lui, la Francophonie doit également constituer un espace économique concret, capable de rapprocher les entreprises, de faciliter l’accès aux marchés et aux financements, de stimuler les investissements et de favoriser l’internationalisation des PME.

Les rencontres B2B, les échanges sectoriels et les visites programmées dans le cadre de la mission doivent ainsi permettre de transformer les contacts établis en partenariats durables. La Chambre de commerce entend, pour sa part, assurer le suivi des contacts et des opportunités qui découleront de ces échanges.

Prenant à son tour la parole, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, porte-parole du gouvernement, Abdoulkader Houssein, a estimé que la tenue de cette mission à Djibouti constitue une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre le pays, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les acteurs économiques de son espace.

Il a également souligné la volonté de Djibouti de contribuer pleinement aux initiatives de l’OIF en faveur du développement économique et du rapprochement entre les acteurs du secteur privé.

De son côté, la ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du Secteur privé, Mariam Hamadou Ali, a rappelé les nombreux atouts dont dispose Djibouti, notamment ses infrastructures portuaires et logistiques, sa connectivité numérique régionale ainsi que ses zones économiques spéciales destinées à accueillir et accompagner les entreprises.

Elle a indiqué qu’entre 2015 et 2025, l’économie djiboutienne avait enregistré une croissance moyenne de 6 % par an, portée notamment par les secteurs du transport, du commerce et du bâtiment.

« Ces acquis constituent une base solide. Ils nous permettent aujourd’hui de franchir une nouvelle étape : passer d’une économie fondée sur ses atouts stratégiques à une économie qui crée davantage de valeur et d’emplois », a-t-elle déclaré. La ministre a également mis l’accent sur les réformes engagées pour améliorer l’environnement des affaires et faciliter le parcours des investisseurs. Ces efforts, a-t-elle expliqué, doivent contribuer à renforcer l’attractivité de l’économie djiboutienne et à favoriser l’accueil de nouveaux investissements directs étrangers.

La Francophonie comme levier économique

Dans son intervention, la Secrétaire générale de l’organisation internationale  de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a d’abord adressé ses remerciements au Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, pour son accueil ainsi que pour l’engagement constant des autorités djiboutiennes aux côtés de l’OIF durant les neuf mois de préparation de cette mission. Elle a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une coopération ancienne et étroite entre Djibouti et la Francophonie, qui s’est progressivement renforcée et diversifiée. Louise Mushikiwabo a également salué le travail accompli par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le ministère délégué chargé des Investissements et du Développement du Secteur privé, la Chambre de commerce de Djibouti et l’ensemble des partenaires djiboutiens ayant contribué à la préparation de cette mission.

La Secrétaire générale de la Francophonie a notamment mis en avant la situation géographique de Djibouti et son interconnexion entre infrastructures portuaires, zones franches et corridors régionaux, qui en font, selon elle, une véritable plateforme logistique et commerciale.

Elle a toutefois estimé que le principal défi consiste désormais à transformer cette connectivité entre l’Afrique et l’Arabie en davantage d’activités économiques, de débouchés pour les entreprises et de créations d’emplois, notamment au bénéfice des jeunes et des femmes.

Évoquant l’évolution de l’économie mondiale, elle a relevé les conséquences des tensions géopolitiques, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la recomposition des échanges internationaux sur les stratégies des entreprises et des investisseurs. À cela s’ajoutent, a-t-elle souligné, la révolution numérique portée par l’intelligence artificielle et la transition énergétique, qui transforment profondément les modèles économiques et les besoins en compétences.

Dans ce contexte, la diversification des partenariats et le renforcement des échanges entre les différentes régions constituent, selon elle, des leviers importants de résilience. C’est dans cette perspective que la Francophonie économique entend jouer pleinement son rôle.

« La Francophonie est un espace ouvert de coopération, de rapprochement et de confiance, qui rassemble des économies, des entreprises et des régions différentes», a-t-elle expliqué, soulignant que la langue commune peut faciliter la création de relations de confiance et favoriser les complémentarités entre les économies, les marchés et les savoir-faire.

L’OIF entend ainsi faciliter les mises en relation entre les entreprises et les accompagner dans la durée, en complémentarité avec les institutions régionales, les acteurs du financement et les réseaux économiques. Une attention particulière est accordée aux coopérations Sud-Sud ainsi qu’à la création de partenariats susceptibles de générer des emplois, notamment pour les jeunes.

Au fil des missions économiques, l’action de l’OIF dans ce domaine se renforce, avec une articulation croissante entre les rencontres d’affaires, les missions de suivi, la formation, l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique des femmes.

Cette 7ᵉ Mission économique de la Francophonie entend ainsi faire de Djibouti un espace de rencontres, de coopération et d’opportunités pour les entreprises francophones, tout en ouvrant la voie à de nouveaux partenariats dans les secteurs identifiés comme prioritaires.

La conférence d’ouverture permettra de prendre de la hauteur sur les transformations qui affectent le commerce international, les investissements et les relations économiques entre les régions. Une grande importance sera accordée à l’intégration économique qui représente une priorité majeure pour ce continent, à travers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Elle sera suivie de rencontres d’affaires autour des secteurs économiques retenus  transport et logistique, services numériques, énergies renouvelables, santé et tourisme durable pour confronter les besoins des marchés aux solutions et aux savoir-faire des entreprises participantes.

Les visites de terrain et les rencontres avec les acteurs locaux permettront également de mieux appréhender les projets et leur environnement.

Mohamed Chakib