Avec comme invité d’honneur, la diplomate djiboutienne Hawa Ahmed Youssouf, l’édition 2026 du ‘‘DERE TALK’’, était consacrée aux enjeux de la diplomatie, de la paix et plus particulièrement à la place des femmes dans la gestion des crises et des conflits en Afrique.

Lorsque les conflits armés imposent leur logique et que le dialogue devient difficile, la diplomatie reste l’un des moyens de rapprocher les parties en conflit. C’est autour de cette réalité complexe que se sont articulés, samedi dernier au Sheraton Hôtel, les débats de l’édition 2026 du DERE TALK. Organisée par le DERE Institute, la rencontre a réuni un public composé de  jeunes, des personnalités anonymes ainsi que des représentants de la société civile, autour des enjeux de la diplomatie, de la paix et de la place des femmes dans la gestion des crises et des conflits.

Pour cette édition, l’institut a choisi de donner la parole à une femme dont le parcours constitue précisément une plongée dans les turbulences de la diplomatie africaine : Hawa Ahmed Youssouf, diplomate djiboutienne et auteure de l’ouvrage : « Une diplomate djiboutienne au cœur des tumultes africains ».

Son expérience a constitué le fil conducteur de cette rencontre consacrée à répondre à trois questions intimement liées : la diplomatie au service de la paix, la place des femmes dans la diplomatie et l’action diplomatique dans les situations de crise et de conflit

La diplomatie au centre des crises

La diplomatie prend une autre dimension lorsque les circonstances cessent d’être ordinaires.

Dans les périodes de tension, lorsque les positions se durcissent et que la confrontation menace de supplanter le dialogue, le rôle du diplomate devient celui d’un passeur : maintenir le contact, comprendre les lignes de fracture et contribuer à rechercher les espaces permettant encore une solution pacifique. C’est précisément cette dimension du métier diplomatique que le DERE TALK a voulu interroger à travers le témoignage de Hawa Ahmed Youssouf.

Son parcours et son ouvrage ont permis d’aborder les réalités de la diplomatie africaine depuis une perspective directement nourrie par l’expérience. Loin d’une vision abstraite des relations internationales, les échanges ont porté sur le diplomate confronté à des situations où la recherche du compromis devient particulièrement complexe.

Une réflexion qui prend une résonance particulière dans un environnement régional où les questions de paix, de sécurité et de stabilité occupent une place centrale dans les débats stratégiques.

La contribution des femmes aux processus de paix

Le DERE TALK 2026 s’est également penché sur la place de la femme dans la gestion des crises. Sous le thème «Femmes, diplomatie et paix », les échanges ont mis en lumière leur participation à la médiation, à la négociation, à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

Cette question renvoie à une réalité fondamentale : les femmes ne sont pas seulement concernées par les conséquences des conflits. Elles peuvent également être des actrices du dialogue et de la recherche de solutions.

À travers le parcours de Hawa Ahmed Youssouf, cette dimension prend une incarnation particulière. Son expérience permet de déplacer le regard : derrière les grandes négociations et les équilibres géopolitiques, la diplomatie est aussi faite de trajectoires individuelles, de responsabilités exercées dans des contextes difficiles et d’une capacité à maintenir le dialogue lorsque celui-ci devient incertain.

L’Afrique face à ses propres turbulences

Le choix du thème intervient alors que le continent demeure confronté à des crises multiples. Sans prétendre apporter une réponse unique à cette complexité, le DERE TALK a remis au centre une idée fondamentale : lorsque les crises s’installent, les mécanismes du dialogue et de la médiation restent des instruments essentiels de recherche de solutions pacifiques.

Le débat a ainsi permis d’aborder l’action diplomatique sur les théâtres de guerre et dans les contextes de crise et de conflit.

Cette approche confère au rendez-vous une portée qui dépasse les frontières djiboutiennes. Elle inscrit la réflexion dans les grands débats qui traversent l’Afrique et, plus particulièrement, dans ceux qui concernent la capacité des sociétés et des États à prévenir les ruptures, à maintenir les canaux de communication et à favoriser la recherche de compromis.

Rappelons que depuis sept ans, l’institut DERE s’est donné pour mission de créer à Djibouti des espaces consacrés à la réflexion stratégique, à la pensée positive et au débat sociétal. Ses travaux portent notamment sur la géopolitique, la géostratégie ainsi que sur les grands enjeux sociaux et économiques.

Le DERE TALK s’inscrit pleinement dans cette vocation. Diplomates, experts, personnalités politiques, décideurs, jeunes et représentants de la société civile y sont invités chaque année pour échanger autour de questions qui concernent Djibouti, la Corne de l’Afrique et, plus largement, le continent.

RACHID BAYLEH