À l’ouverture de la 7ème  Mission économique de la Francophonie, le Président Ismaïl Omar Guelleh a livré un plaidoyer résolument tourné vers l’investissement, la transformation économique et le partenariat. Devant plus de 300 participants, dont 166 entreprises internationales et 144 entreprises djiboutiennes issues de treize pays, le chef de l’État a présenté Djibouti comme une « terre d’opportunités » et un point d’ancrage stratégique au cœur des échanges régionaux. Alors que les tensions qui affectent le détroit de Bab el-Mandeb pèsent sur les routes commerciales, il a insisté sur le caractère conjoncturel de la crise face à une réalité durable :   « Les crises passent ; la géographie reste. » Le Président a surtout appelé à franchir une nouvelle étape, celle du passage « du transit à la transformation » et de la plateforme logistique à une véritable plateforme économique régionale, en misant sur la logistique, le numérique, les énergies renouvelables, la santé et le tourisme durable. Voici l’intégralité du discours du chef de l’Etat.

Louange à Dieu, que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons  ,Madame la Secrétaire générale de la Francophonie ,Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,

Permettez d’abord de saluer Madame Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie, dont la présence nous honore. À toutes les délégations et aux entreprises venues de treize pays, bienvenue à Djibouti. 166 entreprises internationales, 144 entreprises  djiboutiennes , plus de 300 participants : ces chiffres ne sont pas qu’une simple affluence, ils envoient un signal. Djibouti compte, Djibouti est perçu comme une terre d’opportunités. Votre présence montre une conviction partagée : le Français n’est pas seulement un héritage, c’est un espace de confiance, de droit et d’échanges. Partager une langue, c’est réduire la distance entre deux entreprises avant même la première poignée de main.

Mesdames et Messieurs,

La vocation de Djibouti est claire : être un pont entre les continents et un partenaire fiable pour tous ceux qui veulent construire. À l’entrée du détroit de  Bab  _el-Mandeb, nos ports, nos zones franches, notre liaison ferroviaire avec l’Éthiopie et nos câbles sous-marins font de nous la porte d’entrée d’un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs.

Vous le savez, le détroit traverse une période de fortes tensions. Je vous réponds avec franchise : cette tension est conjoncturelle. Le monde ne peut se passer de cette route. Les crises passent ; la géographie reste. Cette épreuve rappelle la valeur d’un port fiable et de corridors alternatifs au cœur de la région. Ceux qui s’installent à Djibouti aujourd’hui ne prennent pas un risque, ils prennent une avance.

Mesdames et Messieurs,

Notre ambition ne s’arrête pas au transit. Conformément à la Vision Djibouti 2035, nous voulons passer du transit à la transformation, et de la plateforme logistique à une véritable plateforme économique régionale. C’est le sens des cinq secteurs retenus avec l’OIF : la logistique et les zones franches, de la DIFTZ au projet industriel de Damerjog ; le numérique, où les câbles remplacent les ports pour connecter les données ; les énergies renouvelables, avec le parc éolien du Goubet qui a ouvert la voie ; la santé, grâce à l’Hôpital Al Shifa ; et le tourisme durable, du lac Assal à l’île Moucha. Après-demain, je vous invite à voir tout cela de vos propres yeux.

Mesdames et Messieurs,

L’attractivité d’un pays repose sur sa stabilité, sur la prévisibilité de ses règles et sur la parole de ses dirigeants. Nous avons engagé des réformes pour simplifier les procédures et mieux accompagner les investisseurs.

Cette dynamique ne ralentira pas.

Mais la confiance se mesure aux résultats. J’ai demandé au Gouvernement que chaque contact noué et chaque accord signé ici fasse l’objet d’un suivi structuré. Nous ne jugerons pas cette mission au nombre de cartes de visite échangées, mais au nombre de projets réalisés à Djibouti.

Notre jeunesse est au cœur de cette transformation. Pour la première fois, une Mission économique de la Francophonie consacre une séquence entière à l’emploi des jeunes : quarante jeunes à fort potentiel vont rencontrer directement les entreprises présentes. Aux chefs d’entreprise, je lance un appel : donnez-leur leur chance. Un stage, un mentorat, un premier emploi : c’est ainsi que se construisent les partenariats durables.

À nos entreprises nationales, je dis : soyez audacieuses. Cette mission est pour vous une occasion rare de conquérir de nouveaux marchés. L’investissement étranger n’a de sens que s’il fait grandir, avec lui, le secteur privé djiboutien.

Madame la Secrétaire générale,

Nous formons le vœu de poursuivre ce travail avec vous. Que cette 7e mission soit l’instrument de nouvelles coopérations, entre le Nord et le Sud, entre les générations, entre les peuples.

Mesdames et Messieurs,

Djibouti a fait de sa position un atout, de sa stabilité une force et de son ouverture une stratégie. Je vous invite à saisir, avec nous, les opportunités qu’elle offre. Je déclare ouverte la Mission économique de la Francophonie à Djibouti, dans cet esprit.

Je vous remercie.