Un atelier technique de concertation finale consacré au rapport d’Analyse des politiques et des institutions (API) sur le financement de la biodiversité à Djibouti s’est tenu hier au Best Premier Dj Hotel. Organisée par le ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans le cadre de l’Initiative mondiale de financement de la biodiversité (BIOFIN), cette rencontre constitue une étape importante avant la validation du rapport prévue en octobre prochain.

La réunion avait pour objectif d’examiner les observations et recommandations formulées par les différentes parties prenantes lors de l’atelier technique du 23 juillet 2026, de les harmoniser et de convenir des dernières révisions à apporter au document.

Les travaux ont réuni le secrétaire général du MEDD M.Dini Abdallah Omar, le directeur de l’Environnement, Idriss Ismaël Nour, le représentant résident adjoint du PNUD, ainsi que des représentants des ministères sectoriels concernés, notamment ceux de l’Agriculture, de la Pêche, du Tourisme, de l’Énergie et de l’Eau. Le secteur privé, les partenaires techniques et financiers et les membres du comité de pilotage du projet BIOFIN ont également pris part aux échanges.

Renforcer les mécanismes de financement

La participation de Djibouti à l’Initiative BIOFIN s’inscrit dans la volonté de renforcer les moyens consacrés à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité. Le pays met notamment en œuvre ses engagements au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), de sa Stratégie et Plan d’action national pour la biodiversité (SPANB), ainsi que du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

L’Analyse des politiques et des institutions constitue la première étape de la méthodologie BIOFIN. Elle permet d’examiner les cadres politique, juridique, institutionnel et financier qui régissent la biodiversité et d’identifier les facteurs susceptibles de favoriser ou de limiter la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources qui lui sont consacrées.

Le rapport consacré à Djibouti met en évidence plusieurs acquis, mais relève également des défis persistants. Il souligne notamment la forte dépendance à l’égard des financements extérieurs, la nécessité de diversifier les mécanismes nationaux de financement et de renforcer la coordination entre les institutions concernées.

Le document identifie parallèlement plusieurs pistes susceptibles de contribuer à la mobilisation de nouvelles ressources, parmi lesquelles la fiscalité environnementale, les paiements pour services écosystémiques, les fonds environnementaux et les mécanismes de redevances liés à l’utilisation des ressources naturelles.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le secrétaire général du MEDD a réaffirmé l’engagement de Djibouti en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité. Il a notamment souligné que les engagements pris au niveau national et international ne peuvent être durablement concrétisés sans un renforcement des mécanismes de financement et une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les politiques publiques, la planification et les instruments budgétaires.

Il a rappelé, dans ce contexte, le choix de Djibouti de rejoindre l’Initiative BIOFIN portée par le PNUD, destinée à accompagner les pays dans la recherche de solutions durables et innovantes pour réduire le déficit de financement de la biodiversité.

De son côté, le représentant résident adjoint du PNUD a insisté sur la nécessité de diversifier les sources de financement, mais également d’améliorer l’utilisation des ressources déjà disponibles. Il a rappelé l’intérêt de l’approche BIOFIN, qui permet d’analyser les besoins et les mécanismes existants afin d’identifier des solutions adaptées au contexte national. Les échanges techniques ont notamment porté sur l’harmonisation des contributions recueillies lors de l’atelier de juillet, les différentes solutions de financement envisageables, les subventions favorables ou préjudiciables à la biodiversité ainsi que la cartographie des revenus liés aux ressources naturelles.

Cette étape doit permettre de finaliser le rapport API avant son examen et sa validation lors de l’atelier prévu en octobre. Elle ouvre également la voie aux prochaines phases du processus

BIOFIN, notamment l’évaluation des besoins de financement de la biodiversité et l’élaboration d’un futur Plan de financement de la biodiversité.

L’objectif sera alors de traduire les constats du rapport en solutions concrètes permettant d’accroître et de diversifier les investissements en faveur de la biodiversité et de renforcer, dans la durée, l’appropriation nationale de cette démarche.

Sadik Ahmed