Le Centre régional francophone pour l’Afrique (CREFA) de l’Organisation internationale de la Francophonie a accueilli lundi la cérémonie de remise des prix de la quatrième édition du concours de nouvelles pour jeunes organisé par l’Union de la Presse francophone de Djibouti (UPF-Djibouti). Une édition qui a une nouvelle fois mis en lumière le talent et la créativité de la jeunesse djiboutienne à travers des récits mêlant fantastique, introspection et drames psychologiques. Devenu au fil des années un rendez-vous attendu des jeunes passionnés d’écriture, ce concours poursuit une ambition claire : encourager la création littéraire et offrir un espace d’expression à une jeunesse désireuse de raconter le monde, ses blessures et ses espérances.

Parmi les dix nouvelles en compétition cette année, le premier prix est revenu à Khairiya Moussa Bouh pour sa longue nouvelle fantastique intitulée L’Enfant des deux mondes. L’auteure y raconte l’histoire d’Assia, une jeune veuve rejetée par son entourage, qui donne naissance à un enfant mystérieux, Akif, partagé entre le monde des humains et celui d’êtres surnaturels. À travers ce récit foisonnant, elle explore les thèmes de l’exclusion, de la quête identitaire et du poids des héritages.

Le deuxième prix a été attribué à Asma Hassan Nour pour L’Introvertie incomprise, une œuvre ancrée dans le quotidien djiboutien qui met en lumière les préjugés auxquels sont confrontées les personnes réservées. Avec beaucoup de finesse, l’auteure rappelle que le silence n’est pas synonyme d’indifférence et que certaines sensibilités méritent d’être mieux comprises.

La troisième place est revenue à Rahïma Mohamed Said pour L’Écho du silence, un texte poignant consacré aux traumatismes psychologiques et aux blessures invisibles. À travers le parcours d’Annita, brillante étudiante en droit, l’auteure aborde avec délicatesse des sujets souvent tabous tels que la dépression, l’anxiété et la mémoire traumatique, tout en délivrant un message d’espoir et de résilience.

Une jeunesse qui écrit pour comprendre et faire réfléchir

Au-delà des distinctions, cette quatrième édition témoigne surtout de la maturité des jeunes écrivains djiboutiens. Les œuvres présentées explorent des thèmes universels tels que l’identité, la solitude, l’acceptation de soi, les blessures intérieures ou encore la résilience.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le président de l’Union de la Presse francophone de Djibouti, Kenedid Ibrahim Houssein, s’est réjoui de la qualité des œuvres soumises et de l’engouement suscité par ce concours. Il a souligné que cette manifestation constitue avant tout « une fête de la littérature, de la créativité et de la jeunesse », ajoutant que les textes présentés démontrent la vitalité de la création littéraire dans le pays.

Le président de l’UPF-Djibouti a adressé ses félicitations aux trois lauréates, saluant leur talent, leur imagination et la profondeur de leur écriture. Il a également exprimé sa gratitude envers le Centre régional francophone pour l’Afrique de l’OIF, l’Institut français de Djibouti ainsi que l’ensemble des partenaires et membres du jury dont l’engagement a permis la réussite de cette quatrième édition.

«Au-delà des récompenses, notre ambition est d’encourager l’émergence de nouvelles voix et de contribuer à l’éclosion d’une véritable relève littéraire à Djibouti », a-t-il déclaré, réaffirmant la volonté de l’association de poursuivre ses actions en faveur de la jeunesse, de la lecture et de la promotion de la langue française. De son côté, l’ambassadeur de France à Djibouti, M. Jérôme Bresson, a tenu à saluer les efforts conjoints déployés pour la réussite de cette manifestation littéraire. Il a adressé ses remerciements à la directrice du Centre régional d’enseignement du français pour l’Afrique (CREFA), Mme Rennie Yotova, au président de l’Union de la Presse Francophone de Djibouti, M. Kenedid Ibrahim Houssein, ainsi qu’à l’Institut français de Djibouti (IFD), dont l’engagement a contribué au succès de cet événement consacré à la promotion de la création littéraire francophone.

Le diplomate français s’est félicité de la dynamique culturelle qui anime la scène francophone à Djibouti et a souligné l’importance de telles initiatives dans l’émergence de jeunes talents et le rayonnement de la langue française. Il a également encouragé l’ensemble des partenaires à poursuivre leurs efforts afin de pérenniser ce type de rendez-vous littéraires, qui constituent des espaces privilégiés de rencontre, d’expression et de transmission des valeurs de la Francophonie. M. Jérôme Bresson a enfin réaffirmé l’attachement de la France au renforcement de la coopération culturelle et éducative avec Djibouti, estimant que la promotion de la lecture, de l’écriture et de la création littéraire représente un levier essentiel pour accompagner la jeunesse et consolider les liens qui unissent les deux pays.

Pour sa part, la directrice du Centre régional d’enseignement du français pour l’Afrique (CREFA), Mme Rennie Yotova, a rendu hommage au travail remarquable accompli par l’Union de la Presse Francophone de Djibouti dans la promotion de la langue française et de la création littéraire. Elle a particulièrement salué l’initiative visant à offrir aux jeunes écrivains un cadre propice à l’expression de leur talent et à l’éclosion de nouvelles vocations.

Mme Rennie Yotova a rappelé que le CREFA demeurait pleinement engagé dans sa mission de promotion du français, du dialogue interculturel et de la diversité des expressions culturelles au sein de l’espace francophone. Elle a souligné l’importance d’encourager les initiatives en faveur de la jeunesse, considérant que celle-ci constitue un maillon essentiel pour l’avenir de la Francophonie. Se félicitant de l’émergence de nouvelles plumes djiboutiennes, la directrice du CREFA a estimé que la littérature demeure un puissant vecteur de transmission des valeurs d’ouverture, de tolérance et de vivre-ensemble. Elle a également exprimé le souhait de voir se multiplier ce type d’initiatives culturelles, qui contribuent à renforcer les liens entre les peuples et à faire rayonner la langue française à travers la créativité et l’imaginaire des jeunes générations.

Réaffirmant le soutien du CREFA aux projets portés par les acteurs culturels et éducatifs, Mme Rennie Yotova a enfin salué la qualité du partenariat établi avec l’Union de la Presse Francophone de Djibouti et l’Institut français de Djibouti, un partenariat qu’elle a qualifié de précieux pour le développement et le rayonnement de la Francophonie dans le pays.

Cette cérémonie, organisée avec le soutien du CREFA de l’OIF et de l’Institut français de Djibouti, a réuni partenaires, membres du jury, représentants des institutions culturelles et proches des lauréates dans une atmosphère conviviale et empreinte d’émotion.

En quatre éditions, le concours de nouvelles de l’Union de la Presse francophone de Djibouti s’est imposé comme un véritable laboratoire de talents. Il contribue à faire émerger une nouvelle génération de plumes capables de conjuguer imagination, engagement et réflexion.

À travers leurs mots, Khairiya Moussa Bouh, Asma Hassan Nour et Rahïma Mohamed Said rappellent que la littérature demeure un puissant moyen d’expression et un miroir des préoccupations de la jeunesse. Une jeunesse qui, loin du bruit et des clichés, choisit d’écrire pour transmettre, comprendre et faire réfléchir.

Souber Hassan