Une augmentation soudaine des prix du transport en commun a provoqué la colère des usagers le jeudi matin avant que la Police nationale n’intervienne pour rétablir les tarifs habituels. Retour sur une matinée marquée par la confusion, l’inquiétude et la mobilisation des autorités.

La journée a débuté sous le signe de la surprise pour des centaines d’habitants de la capitale et de sa périphérie. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs usagers des transports en commun ont constaté une augmentation inattendue des tarifs appliqués par certains chauffeurs de bus assurant les liaisons entre Balbala, Hayableh, PK12 et le centre-ville.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des passagers, le prix habituellement pratiqué sur certaines lignes a été revu à la hausse sans aucune annonce officielle préalable. Dans certains cas, les passagers ont dû débourser jusqu’à 100 francs djiboutiens pour effectuer leur trajet quotidien.

Cette hausse a immédiatement suscité des interrogations parmi la population. Beaucoup y ont vu une conséquence directe des récentes déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie évoquant une possible augmentation du prix du carburant dans les prochains mois.

Toutefois, lors de ses interventions publiques, le ministre avait clairement indiqué que le gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour protéger les secteurs sensibles, notamment les transports publics et les produits de première nécessité, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Malgré ces assurances, certains transporteurs semblent avoir anticipé une hausse des coûts et décidé unilatéralement d’augmenter leurs tarifs.

Dans les stations de bus et aux arrêts les plus fréquentés, l’incompréhension était visible sur les visages des voyageurs.

« Lorsque je suis monté dans le bus ce matin, le chauffeur m’a demandé un tarif supérieur à celui que je paie habituellement. J’ai cru à une erreur, mais il m’a expliqué que le carburant allait augmenter. Nous n’avions pas le choix », raconte Hassan, employé dans une entreprise privée du centre-ville. Pour de nombreux travailleurs, et commerçants, le transport en commun représente le principal moyen de déplacement. Une augmentation même modeste peut avoir des conséquences importantes sur leur budget mensuel. « Je prends deux bus chaque jour pour aller travailler. Si les prix augmentent de cette façon, cela va peser lourdement sur nos dépenses ».

 D’autres usagers dénoncent surtout l’absence de communication officielle. « Nous respectons les décisions du gouvernement lorsqu’elles sont annoncées officiellement. Mais ce matin, personne ne savait ce qui se passait. Chacun donnait une version différente » déplore un jeune.

Au fil de la matinée, les témoignages se sont multipliés sur les réseaux sociaux et dans les différents quartiers de la capitale. De nombreux citoyens ont dénoncé ce qu’ils considéraient comme une augmentation arbitraire et injustifiée. Certains observateurs ont estimé que quelques transporteurs avaient profité des rumeurs entourant le prix du carburant pour imposer de nouveaux tarifs avant toute décision officielle. « On ne peut pas faire payer la population sur la base d’une simple anticipation. Si le gouvernement n’a pas annoncé de changement, les tarifs doivent rester les mêmes », affirme un commerçant du marché central. Plusieurs habitants ont également souligné que les ménages les plus modestes seraient les premiers touchés par une hausse du coût du transport.

 « Chaque jour, des milliers de personnes dépendent des bus pour aller travailler ou se rendre au contre ville. Une augmentation soudaine pénalise avant tout les citoyens aux revenus limités », estime une habitante de Hayableh.

Une augmentation sans annonce officielle qui suscite colère et inquiétude

Face à la multiplication des plaintes, les autorités ont rapidement été alertées. Selon plusieurs témoins, des éléments de la Police nationale sont intervenus quelque heure après afin de vérifier les informations signalées par les usagers. Les forces de l’ordre ont procédé à des contrôles sur plusieurs axes de circulation et auprès de différents transporteurs. Les bus accusés d’appliquer des tarifs non autorisés ont été immobilisés ou rappelés à l’ordre. Les chauffeurs poursuivant leur activité ont reçu l’instruction de respecter strictement les tarifs réglementaires en vigueur. Cette intervention a permis un retour progressif à la normale dans les heures qui ont suivi. Pour de nombreux citoyens, cette réaction rapide des autorités a permis d’éviter que la situation ne dégénère davantage. « Nous remercions la Police nationale d’avoir agi rapidement. Sans cette intervention, beaucoup de personnes auraient continué à payer des tarifs excessifs toute la journée », estime Abdillahi, rencontré dans le centre-ville.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants ont accueilli favorablement la décision des autorités de faire respecter les prix officiels.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont salué l’action des forces de l’ordre tout en appelant à une surveillance renforcée du secteur du transport urbain.

« Les citoyens doivent être protégés contre toute hausse abusive. Les décisions économiques doivent être appliquées dans un cadre légal et transparent», peut-on lire dans plusieurs commentaires publiés en ligne.

D’autres estiment que cette affaire met en lumière la nécessité d’un meilleur dialogue entre les autorités, les transporteurs et les usagers afin d’éviter la propagation de fausses informations et les décisions précipitées.

À l’issue de cette journée mouvementée, les tarifs habituels ont été rétablis sur les différentes lignes concernées. Aucun changement officiel concernant le prix du transport en commun n’a été annoncé par les autorités compétentes. Cette affaire rappelle que toute modification tarifaire doit être encadrée par les autorités et communiquée de manière officielle avant son application.

Pour les habitants, l’épisode du jeudi constitue un avertissement sur les conséquences que peuvent avoir les rumeurs et les initiatives individuelles lorsqu’elles touchent directement le quotidien de la population. Grâce à l’intervention rapide de la Police nationale, les usagers ont pu retrouver des conditions normales de transport et poursuivre leurs activités sans subir une hausse jugée abusive par la majorité des citoyens.

Zouhour Abdillahi