Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la modernisation de l’État djiboutien. Le gouvernement a officiellement lancé, jeudi à l’Ayla Grand Hôtel, la première phase du Projet d’Appui à la Gouvernance Économique et Financière (PAGEF), une initiative de 20 millions de dollars financée par la Banque mondiale et destinée à transformer durablement la gestion des finances publiques et à renforcer la gouvernance économique du pays.

Présidée par le Premier ministre, Son Excellence M. Abdoulkader Kamil Mohamed, la cérémonie de lancement a réuni plusieurs membres du gouvernement, des responsables des administrations financières, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants des institutions nationales engagées dans les réformes de la gouvernance publique.

À travers ce projet ambitieux, le gouvernement entend renforcer à long terme les capacités des administrations économiques et financières afin de bâtir un État plus performant, plus transparent et davantage orienté vers les résultats.

Inscrit dans le cadre des orientations de la Vision Djibouti 2035 et du Plan national de développement (PND), le PAGEF constitue l’un des premiers projets opérationnels de mise en œuvre de la Stratégie de réforme de la gestion des finances publiques 2024-2030.

Le programme s’articule autour de quatre composantes stratégiques interdépendantes visant à moderniser l’administration publique dans ses dimensions économique, administrative, judiciaire et politique. Le projet prévoit notamment le renforcement de l’administration fiscale, l’amélioration de la gestion des dépenses publiques, la modernisation des systèmes d’information financière, le développement de l’administration électronique ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle, de transparence et de redevabilité.

Lors de son intervention, le Secrétaire exécutif de la réforme des finances publiques et coordonnateur du PAGEF, Dr Ibrahim Abdo Ali, a rappelé que Djibouti a enregistré ces dernières années des progrès significatifs dans plusieurs domaines. Il a notamment cité la modernisation des cadres juridiques et institutionnels, le renforcement de la discipline budgétaire et le développement progressif des outils de gestion et de contrôle des finances publiques. Selon lui, le PAGEF permettra de consolider ces acquis et d’accélérer la transformation de l’État en mettant l’accent sur une gestion plus efficiente des ressources publiques.

Faire des finances publiques un moteur de développement

Dans son discours, le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed a souligné le caractère stratégique des réformes budgétaires et financières engagées par le gouvernement. « Les réformes des finances publiques sont indispensables au développement, car elles permettent de transformer les ressources de l’État en moteurs de croissance inclusive », a-t-il déclaré. Il  a insisté sur les quatre principes fondamentaux qui doivent guider l’action publique : la redevabilité, la transparence, l’efficacité et la lutte contre la corruption. Selon lui, ces piliers sont essentiels pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens et garantir une meilleure mobilisation des ressources nationales.

Le ministre du Budget, M. Osman Ibrahim Robleh, a quant à lui qualifié le lancement du PAGEF de « moment historique » pour la politique budgétaire du pays. Il a indiqué que ce programme marque le véritable point de départ de la mise en œuvre de la stratégie de réforme des finances publiques à l’horizon 2030, avec pour finalité l’amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens.

De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, s’est félicité de la mobilisation conjointe des différentes directions concernées, notamment celles du Budget, du Trésor et des Impôts. Il a mis l’accent sur la nécessité d’une forte synergie interministérielle et d’une gestion plus efficace de la dépense publique.

Pour le ministre, la réussite des réformes passe également par une optimisation des recettes fiscales, un engagement soutenu des partenaires au développement et une parfaite cohérence des investissements publics.

Un partenariat renforcé avec la Banque mondiale

Prenant la parole au nom de la Banque mondiale, Mme Fatou Fall a souligné que le PAGEF repose sur des réformes concrètes et interconnectées destinées à transformer l’administration publique et à construire un État plus transparent et plus redevable. Elle a estimé que ce projet constitue un véritable contrat social permettant à l’État de mieux mobiliser ses ressources afin d’investir davantage dans le capital humain et de promouvoir un développement durable et inclusif. Avec un financement de 20 millions de dollars, le Projet d’Appui à la Gouvernance Économique et Financière témoigne ainsi du renforcement du partenariat entre la Banque mondiale et la République de Djibouti. Plus qu’un simple programme de réforme administrative, le PAGEF apparaît désormais comme un levier stratégique destiné à moderniser l’État, améliorer la gestion des finances publiques et accompagner les ambitions de développement portées par la Vision Djibouti 2035.

Saleh Ibrahim Rayaleh