Le ministère du Travail, chargé de la Formalisation et de la Protection sociale, a publié les listes des fonctionnaires et des agents conventionnés admis à la retraite au titre de l’année 2026. Au total, 379 agents sont concernés par ces départs, qui marquent à la fois l’aboutissement de parcours professionnels consacrés au service de l’État et une étape dans le renouvellement des ressources humaines de l’administration publique. Dans une déclaration, le ministre du Travail, chargé de la Formalisation et de la Protection sociale, S.E.M. Yonis Ali Guedi, a rappelé que la retraite constitue un droit qui doit être reconnu et respecté. Il a également souligné que cette échéance s’inscrit dans une dynamique de rajeunissement de l’administration et de préparation de la relève au profit des jeunes Djiboutiens.

Derrière les listes administratives se trouvent des années de travail, des responsabilités assumées et des contributions au fonctionnement des institutions publiques. Pour les agents concernés, le départ à la retraite ouvre une nouvelle phase de leur existence, avec des démarches à accomplir et des habitudes à réorganiser. Pour l’État, cette transition représente également un enjeu de gestion des effectifs, de transmission des compétences et de modernisation des services publics.

Deux décisions officielles encadrent cette nouvelle vague de départs. La première, portant le n° 2026-296/PR/MTFPS, admet à la retraite 281 fonctionnaires à compter du 1er octobre 2026, pour limite d’âge. La seconde, portant le n° 2026-297/PR/MTFPS, concerne 98 agents conventionnés de l’administration publique, admis à faire valoir leurs droits à pension à compter du 2 janvier 2027. Ces mesures portent à 379 le nombre total d’agents concernés.

Dans sa déclaration, le ministre a tenu à saluer l’engagement et les années de service de ces personnels, dont la contribution a participé au fonctionnement et au développement de l’administration publique. Au nom du Président de la République et Chef du Gouvernement, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, il a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics à promouvoir une administration moderne, performante et équitable, conciliant la reconnaissance des droits des agents en fin de carrière avec les exigences du renouvellement des générations.

La retraite, un droit qui consacre des années de service

La retraite ne se résume pas à la cessation des obligations professionnelles. Elle représente l’aboutissement d’un parcours et la reconnaissance des années consacrées au service de la collectivité. Dans les différents services de l’administration, les agents concernés ont participé, chacun à son niveau, à la continuité des missions publiques et à la mise en œuvre des politiques de l’État.

En rappelant que la retraite est un droit qui doit être reconnu et respecté, le ministre Yonis Ali Guedi place cette échéance dans une perspective de reconnaissance du travail accompli. Au-delà des dispositions administratives, il s’agit de garantir aux agents concernés une transition respectueuse de leurs droits et conforme aux textes en vigueur. Cette dimension est essentielle, car le départ à la retraite entraîne des changements qui dépassent le cadre professionnel. Après plusieurs décennies parfois passées au sein d’un même service, les horaires, les responsabilités et les relations de travail structurent le quotidien. Leur disparition progressive impose de nouveaux repères, tandis que la question des revenus devient une préoccupation centrale pour les retraités et leurs familles.

L’expérience d’Abdoulkader Ismail Hassan, ancien agent du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFOP), apporte un éclairage concret sur cette transition. Admis à la retraite en 2023, il affirme avoir vécu ce changement sans bouleversement majeur, notamment grâce à la régularité de sa pension et à la possibilité de poursuivre une activité professionnelle.

« Rien n’a changé, j’étais un fonctionnaire de classe exceptionnelle, je perçois à la fin de chaque mois 81 % de mon salaire de base et, en plus, j’ai eu l’occasion d’exercer un emploi dans le privé, je suis à l’UNFD », explique-t-il.

Son témoignage illustre une situation dans laquelle la pension et la poursuite d’une activité contribuent à maintenir une certaine stabilité. La retraite n’a donc pas signifié, pour lui, un retrait complet de la vie professionnelle. Elle lui a permis de poursuivre son engagement dans une autre structure, tout en bénéficiant de ses droits. Cette expérience reste toutefois individuelle. Les conditions de vie après la carrière varient selon les années de service, le niveau de pension, les charges familiales et les possibilités de retrouver un emploi. Tous les retraités ne disposent pas des mêmes ressources ni des mêmes perspectives. C’est pourquoi l’information sur les droits, l’accompagnement administratif et la préparation financière constituent des éléments importants pour aborder sereinement cette nouvelle étape.

La reconnaissance des agents partant à la retraite doit également s’accompagner d’une attention à l’expérience qu’ils ont accumulée. Au fil des années, ils acquièrent des connaissances pratiques, une maîtrise des procédures et une mémoire institutionnelle précieuses pour les services publics. La transmission de cet héritage professionnel représente ainsi un enjeu majeur au moment du renouvellement des équipes.

Rajeunissement de l’administration : préparer la relève

Au-delà de la situation des agents concernés, cette vague de départs s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution de l’administration publique. Dans sa déclaration, le ministre Yonis Ali Guedi a souligné que la mise à la retraite des personnels doit contribuer au renouvellement des générations, à la préparation de la relève et à l’ouverture de nouvelles perspectives aux jeunes Djiboutiens.

Le rajeunissement de l’administration constitue un objectif qui dépasse le simple remplacement des agents quittant leurs fonctions. Il s’agit de permettre aux institutions de disposer de compétences adaptées à leurs missions, de renforcer leur efficacité et d’accompagner la modernisation des services rendus à la population.

Le départ de personnels expérimentés peut ainsi créer des possibilités de renouvellement des effectifs. Toutefois, les recrutements dépendent des besoins réels des services, des postes disponibles et des compétences recherchées. Les 379 départs annoncés ne signifient donc pas automatiquement que le même nombre de postes sera ouvert aux candidats. Le renouvellement doit s’inscrire dans une gestion organisée des ressources humaines, tenant compte des priorités et des moyens de l’administration.

Le ministre a également rappelé que le recrutement dans l’ensemble des services publics s’effectue par voie de concours, conformément aux textes en vigueur. Cette exigence vise à garantir l’égalité des chances, la transparence et le mérite dans l’accès aux emplois publics. Elle souligne l’importance d’un cadre réglementaire permettant aux candidats de faire valoir leurs compétences selon des procédures établies.

Pour les jeunes Djiboutiens, l’accès à l’emploi public demeure une perspective importante. Le renouvellement des générations peut ouvrir de nouvelles possibilités, mais il doit s’accompagner d’une politique cohérente de recrutement et de formation. L’objectif est de faire entrer dans les services publics des profils qualifiés, capables de répondre aux exigences des missions qui leur seront confiées et de s’adapter à l’évolution des besoins.

Cette dynamique suppose également de préserver la continuité du service public. Les agents qui partent à la retraite détiennent souvent une connaissance approfondie des dossiers, des procédures et des réalités de terrain. Leur départ peut représenter une perte de savoir-faire si la transmission des compétences n’est pas suffisamment anticipée. La préparation de la relève doit donc favoriser le partage de l’expérience et l’accompagnement des nouveaux agents.

Dans cette perspective, le renouvellement des effectifs et la modernisation des méthodes de travail sont complémentaires. Une administration plus jeune doit aussi être une administration mieux préparée, disposant des compétences nécessaires pour améliorer le traitement des dossiers, renforcer la qualité de l’accueil et répondre efficacement aux attentes des citoyens.

Au nom du Président de la République, le ministre a réaffirmé la volonté du Gouvernement de consolider un service public fondé sur la compétence, la responsabilité et la continuité. Cette ambition repose sur un équilibre entre la reconnaissance des personnels en fin de carrière, l’intégration de nouvelles compétences et le respect des principes d’équité dans l’accès aux emplois publics.

Des démarches à anticiper pour une transition sereine

Pour les agents concernés, la publication des décisions officielles constitue une étape importante, mais elle doit être suivie d’une bonne préparation administrative. La liquidation des droits à pension, la constitution des dossiers et la vérification des échéances sont autant de démarches qui méritent une attention particulière afin de limiter les difficultés au moment du départ.

Pour les 281 fonctionnaires, l’admission à la retraite est prévue à compter du 1er octobre 2026. Pour les 98 agents conventionnés, admis à faire valoir leurs droits à pension à compter du 2 janvier 2027, les dispositions communiquées prévoient un congé administratif de trois mois ainsi qu’une indemnité équivalant à trois mois de la dernière rémunération. Cette indemnité doit être versée en trois mensualités, en octobre, novembre et décembre 2026. La connaissance de ces modalités permet aux agents et à leurs familles de mieux organiser cette période de transition. Il importe également de s’informer sur les documents nécessaires, le suivi des dossiers et les conditions de versement de la pension. Une bonne anticipation peut contribuer à réduire les incertitudes financières liées à la cessation d’activité.

La préparation budgétaire constitue un autre aspect essentiel. Le passage à la retraite peut nécessiter une révision des dépenses du foyer, notamment lorsque les revenus évoluent ou que les charges familiales demeurent importantes. Comprendre ses droits et planifier ses engagements financiers permet de mieux aborder cette nouvelle étape.

L’exemple d’Abdoulkader Ismail Hassan montre qu’une activité exercée après le départ de l’administration peut, dans certaines situations, contribuer à maintenir un équilibre financier et un lien avec le monde professionnel. Mais chaque parcours reste particulier, et les solutions adaptées dépendent des ressources et des possibilités de chacun.

Au final, la mise à la retraite de ces 379 agents rappelle deux exigences complémentaires : reconnaître les années consacrées au service de l’État et préparer l’administration aux besoins de demain. La retraite marque la fin d’une carrière, mais elle ne diminue en rien la valeur de l’expérience acquise. Le renouvellement des générations, quant à lui, ne peut porter pleinement ses fruits que s’il repose sur des recrutements transparents, une transmission organisée des compétences et une attention constante à la qualité du service public.

Entre respect des droits, reconnaissance du travail accompli et préparation de la relève, cette nouvelle étape offre ainsi l’occasion de poursuivre la construction d’une administration moderne, compétente et attentive aux attentes de la population.

RACHID BAYLEH