
La Semaine de la diplomatie et de la justice climatique s’est ouverte lundi 19 octobre à l’hôtel Palace Kempinski, sous le haut patronage du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Organisée par l’Institut des études diplomatiques (IED), en partenariat avec l’Africa Sovereign Carbon Registry Foundation (ASCR), cette rencontre de deux jours vise à renforcer la coordination des positions africaines à l’approche de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Türkiye. La souveraineté carbone, l’accès aux financements climatiques et la défense des pays vulnérables figurent au cœur des échanges.

Face à l’aggravation des effets du changement climatique, l’Afrique entend faire davantage entendre sa voix dans les instances internationales. C’est dans cette perspective que s’inscrit la Semaine de la diplomatie et de la justice climatique, qui réunit des responsables institutionnels et des experts autour des enjeux de gouvernance climatique, de financement et de renforcement des capacités.
Pour Djibouti, particulièrement exposé aux conséquences du réchauffement climatique, cette initiative représente une occasion de promouvoir une approche fondée sur la souveraineté, la justice et la solidarité internationale. L’objectif est de rapprocher l’expertise technique des stratégies diplomatiques afin de défendre les priorités du continent et de favoriser des mécanismes de financement plus équitables.
Dans cette démarche, l’Initiative souveraine carbone, lancée sous l’impulsion du président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, constitue un axe important de l’engagement national. Elle s’inscrit dans une volonté de renforcer la capacité du pays à valoriser ses ressources, à participer aux mécanismes internationaux du carbone et à défendre ses intérêts dans la gouvernance climatique mondiale.
Pour une finance climatique plus juste et accessible
Dans son discours d’ouverture, le directeur de l’Institut des études diplomatiques, Hassan Omar Mohamed, a souligné l’importance de cette rencontre pour confronter les expériences et élaborer des propositions en faveur d’un financement climatique plus juste et plus accessible. Son intervention s’inscrit dans la continuité du mémorandum d’entente stratégique signé le 14 octobre 2026 entre l’IED et l’ASCR Foundation.
Les échanges doivent notamment permettre de renforcer la gouvernance carbone, de promouvoir la souveraineté des pays africains sur leurs stratégies climatiques et de développer des plateformes régionales de concertation. Une meilleure coordination apparaît essentielle pour défendre des positions communes dans les négociations internationales et accroître la capacité du continent à peser sur les décisions.
Le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Dini Abdallah Mohamed, a, pour sa part, exprimé sa gratitude aux organisateurs pour leur engagement en faveur de l’avenir du continent. Il a rappelé que la lutte contre le changement climatique constitue une priorité nationale pour la République de Djibouti, tout en soulignant l’importance de mobiliser des financements adaptés à un développement durable, inclusif et résilient.
Prenant la parole au nom de l’Africa Sovereign Carbon Registry Foundation, son secrétaire général, l’ambassadeur Ahmed Araita Ali, a appelé à considérer l’urgence climatique comme un enjeu majeur pour les territoires, les économies et les populations africaines.
Il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de dépasser une posture de vulnérabilité pour s’affirmer comme une force de proposition dans les débats internationaux. La diplomatie, la souveraineté et la justice climatique doivent, selon cette approche, guider l’action collective du continent face aux bouleversements environnementaux.
La première phase du forum s’est achevée par un panel d’experts consacré aux contributions de la recherche scientifique, à la sensibilisation et aux mécanismes de protection juridique et environnementale. Les discussions visent à transformer les constats scientifiques en actions concrètes et à rapprocher les engagements politiques des besoins des populations.
À l’approche de la COP31, cette rencontre rappelle ainsi l’importance d’une mobilisation concertée pour défendre les intérêts africains. Au-delà des déclarations, l’enjeu demeure de garantir un accès plus équitable aux ressources financières et techniques nécessaires à l’adaptation climatique, tout en permettant aux pays vulnérables de prendre pleinement part aux décisions qui engagent leur avenir.
SIR











































