Au sommet mondial sur l’intelligence artificielle et le numérique, organisé à Séoul du 19 au 22 octobre, la ministre déléguée chargée de l’Économie numérique et de l’Innovation, Safia Mohamed Ali Gadileh, appelle à faire de l’éthique, de la transparence et de l’inclusion les piliers de la révolution numérique.

L’intelligence artificielle ouvre des perspectives considérables pour les économies, les administrations et les sociétés. Mais son développement ne saurait se mesurer uniquement à la puissance des technologies ou à la rapidité des innovations. Il doit également se traduire par des progrès concrets pour les populations, dans le respect de leurs droits et de leur sécurité. C’est le message défendu par Djibouti au Global AI and Digital Summit, qui réunit à Séoul, en Corée du Sud, du 19 au 22 octobre, des représentants d’une soixantaine de pays. Représentant la République de Djibouti, la ministre déléguée chargée de l’Économie numérique et de l’Innovation, Safia Mohamed Ali Gadileh, a placé la responsabilité humaine au cœur des échanges ministériels inauguraux. Organisée par le Groupe de la Banque mondiale en collaboration avec le ministère sud-coréen des Sciences et des Technologies de l’information et de la communication, cette rencontre internationale entend faire passer les ambitions numériques à l’étape des réalisations concrètes.

Une innovation fondée sur la confiance

Placée sous le thème « From  Ambition to Action », soit « De l’ambition à l’action », la rencontre s’articule autour de trois priorités : l’inclusion et l’accessibilité numériques, la modernisation des services publics grâce à l’intelligence artificielle et le développement d’un environnement favorable à l’innovation. Des enjeux majeurs pour les pays désireux de tirer parti des nouvelles technologies tout en veillant à ce que leurs bénéfices soient accessibles au plus grand nombre. Devant ses homologues, la ministre djiboutienne a rappelé que l’intelligence artificielle devait être encadrée par des principes éthiques solides. « L’IA ne doit pas seulement être puissante. Elle doit être juste, inclusive et au service du bien commun », a-t-elle affirmé, résumant la vision qu’elle défend pour une transformation numérique centrée sur les citoyens.  Cette ambition repose notamment sur la transparence des systèmes, la responsabilité des acteurs publics et privés et la protection des données personnelles. Pour Safia Mohamed Ali Gadileh, la confiance constitue une condition essentielle à l’appropriation durable de ces technologies. « Sans confiance, il n’y a ni adoption, ni innovation durable », a-t-elle souligné. Au-delà des considérations techniques, cette approche pose la question des garanties nécessaires pour accompagner les usages de l’intelligence artificielle sans compromettre les droits fondamentaux. Elle invite également les États à anticiper les conséquences économiques et sociales de cette transformation, notamment pour les jeunes générations.

La coopération internationale au cœur des enjeux

Face à des technologies qui ignorent les frontières, Djibouti souligne également l’importance du dialogue et des partenariats internationaux. Le partage d’expériences et la coopération doivent permettre aux pays de développer des solutions adaptées à leurs réalités, tout en renforçant leur capacité à maîtriser les enjeux de souveraineté numérique et de sécurité des données. « L’IA est une chance. Une chance pour nos économies, pour nos sociétés, pour nos jeunesses », a déclaré la ministre, appelant les participants à faire de l’éthique leur boussole, de la coopération leur méthode et de l’humain leur priorité. À Séoul, Djibouti défend ainsi une vision dans laquelle l’innovation technologique doit aller de pair avec l’inclusion, la confiance et la responsabilité. L’enjeu dépasse la seule adoption de nouveaux outils : il consiste à transformer le potentiel de l’intelligence artificielle en opportunités réelles, sans laisser de côté les populations.

Rachid Bayleh