
Face à la multiplication des crises et des aléas naturels, Djibouti renforce sa riposte à travers une formation de haut niveau consacrée à l’évaluation rapide post-catastrophe. Réunissant acteurs institutionnels et partenaires internationaux, l’événement d’importance capitale lancé hier matin au Sheraton hôtel, permet justement à notre pays de mieux anticiper, de coordonner et de répondre aux urgences.

Dans un contexte mondial marqué par l’intensification des catastrophes naturelles et des crises humanitaires, Djibouti s’inscrit résolument dans une dynamique proactive de gestion des risques. C’est dans cette optique que le Secrétariat exécutif de la gestion des risques et des catastrophes, institution sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur, a officiellement lancé hier, dimanche 3 mai 2026, une formation dédiée à l’évaluation rapide post-catastrophe. L’initiative qui bénéficie du soutien de la Banque mondiale et du Système des Nations Unies s’est tenue au Sheraton hôtel, en présence du secrétaire général du Ministère de l’Intérieur et Président du Comité technique intersectoriel de gestion des risques et des catastrophes, Souleiman Moumin Robleh, de Mme Dina Ranarifidy alors spécialiste du développement urbain à la Banque Mondiale, et le secrétaire exécutif de la gestion des risques et des catastrophes, M. Ahmed Mohamed Madar, ainsi que des représentants des institutions gouvernementales, des agences onusiennes et des partenaires techniques et financiers.
Pendant quatre jours, près de quarante participants issus de ministères sectoriels et d’institutions nationales clés prendront part à cette formation intensive. Leur mission : acquérir des outils et des méthodologies modernes pour évaluer rapidement et efficacement les besoins des populations et des infrastructures après une catastrophe. Une compétence cruciale dans un pays exposé à divers risques, qu’ils soient climatiques, sanitaires ou liés à des crises soudaines. Dans son discours, Ahmed Mohamed Madar a mis en avant la dimension collaborative de cette initiative, soulignant qu’elle est « le fruit d’un excellent partenariat » entre le Ministère de l’Intérieur, le Ministère de l’Économie et des Finances, la Banque mondiale et le Système des Nations Unies. Cette coopération interinstitutionnelle traduit une volonté commune de renforcer les capacités nationales tout en s’appuyant sur l’expertise internationale.
De son côté, Dina Ranarifidy a rappelé l’engagement constant de la Banque mondiale dans l’accompagnement de Djibouti. Elle a notamment insisté sur l’importance de renforcer les capacités de coordination et de leadership du Secrétariat exécutif, afin d’assurer une réponse rapide, cohérente et efficace face aux situations d’urgence.
« Une évaluation précise et rapide des besoins est la pierre angulaire de toute intervention réussie », a-t-elle affirmé, soulignant ainsi l’enjeu stratégique de cette formation.
Prenant la parole à son tour, Souleiman Moumin Robleh a insisté sur l’impact concret attendu de cette initiative. Selon lui, cette formation permettra aux participants de mieux analyser les priorités, qu’il s’agisse des besoins immédiats des populations sinistrées ou de la remise en état des infrastructures essentielles. Il a également salué le travail du Secrétaire exécutif, qualifiant cette initiative d’« avancée notable » dans le processus de préparation nationale face aux catastrophes.
Au-delà des discours officiels, cette formation s’inscrit dans une vision plus large de renforcement de la résilience nationale. Elle vise à doter les acteurs locaux d’outils pratiques, tels que les méthodes d’évaluation multisectorielle, les techniques de collecte de données sur le terrain ou encore les mécanismes de coordination interinstitutionnelle. Autant de compétences indispensables pour éviter les réponses fragmentées et optimiser l’allocation des ressources en période de crise.
Dans un pays où les contraintes géographiques et climatiques peuvent aggraver les effets des catastrophes, la capacité à réagir rapidement fait toute la différence. Une évaluation tardive ou imprécise peut entraîner des retards dans l’assistance, voire une mauvaise orientation des aides. À l’inverse, une analyse rapide et fiable permet de cibler efficacement les interventions, de réduire les pertes et d’accélérer le processus de relèvement.
Cette initiative témoigne également de l’importance croissante accordée à la prévention et à la préparation. Plutôt que de se limiter à une approche réactive, les autorités djiboutiennes s’orientent vers une gestion anticipative des risques, en renforçant les compétences des acteurs en amont des crises. Une stratégie qui s’inscrit dans les standards internationaux en matière de gestion des catastrophes. En réunissant des représentants de divers secteurs — santé, infrastructures, sécurité, action sociale — cette formation favorise également une approche intégrée. Car face à une catastrophe, les besoins sont multiples et interdépendants. Seule une coordination efficace entre les différents acteurs permet d’apporter une réponse globale et adaptée.
À l’issue de ces quatre jours, les participants devraient être en mesure de déployer rapidement des équipes d’évaluation sur le terrain, de collecter et analyser des données en temps réel, et de formuler des recommandations stratégiques pour orienter les interventions.
Un savoir-faire qui renforcera considérablement la capacité du pays à faire face aux situations d’urgence.
En définitive, cette formation marque une étape importante dans la consolidation du dispositif national de gestion des catastrophes. Elle illustre la volonté des autorités djiboutiennes, en partenariat avec les organisations internationales, de bâtir un système plus résilient, capable de protéger efficacement les populations et de préserver les acquis du développement.
Dans un monde où les crises deviennent de plus en plus fréquentes et complexes, Djibouti envoie ainsi un signal fort : celui d’un pays déterminé à anticiper, à s’adapter et à agir avec efficacité pour faire face aux défis de demain.
ZOUHOUR ABDILLAHI
Trois questions à …
Ahmed Mohamed Madar Secrétaire exécutif de la gestion des risques et des catastrophes

Face à la multiplication des crises, chaque heure compte. Pour limiter les impacts et accélérer le relèvement, la rapidité d’intervention est devenue un levier stratégique. Pour plus de détails sur les objectifs de l’évaluation rapide et le nouveau mécanisme de financement d’urgence initié par la Banque Mondiale, nous avons posé trois questions à Ahmed Mohamed Madar, secrétaire exécutif de la gestion des risques et des catastrophes.
Pourquoi former les acteurs nationaux à l’évaluation rapide post-catastrophe ?
L’enjeu est de permettre une intervention efficace dès les premières heures. Cette formation vise à mesurer rapidement l’ampleur des dommages, identifier les besoins prioritaires des populations et orienter la prise de décision. Il s’agit aussi de hiérarchiser les actions sur le terrain et de préparer le relèvement.
L’objectif central reste la rapidité : disposer, en quelques jours seulement, d’une vision globale de la situation pour engager les premières réponses sans attendre des études plus approfondies.
Qu’apporte concrètement le mécanisme d’intervention rapide de la Banque mondiale ?
Le mécanisme d’intervention rapide de la Banque mondiale vise à accélérer la mobilisation des ressources financières à la suite d’une catastrophe. Il permet notamment de soutenir les premières actions de relèvement : remise en état des infrastructures essentielles, maintien des services de base (notamment dans les secteurs de la santé, de l’eau …), et appui aux populations les plus vulnérables.
Ce mécanisme contribue également à limiter les impacts économiques et sociaux de la crise, à favoriser une reprise rapide des activités et à structurer la planification du relèvement. Sa principale spécificité est d’offrir aux pays un accès immédiat à des fonds déjà disponibles, sans attendre la mise en place de nouveaux financements.
En quoi est-ce plus efficace que les appels humanitaires traditionnels ?
La différence tient aux délais. Le mécanisme de la Banque mondiale permet un déblocage des fonds très rapide parfois en moins de 72 heures après l’évaluation rapide grâce à des lignes de crédit préexistantes.
À l’inverse, les appels humanitaires classiques nécessitent généralement quatre à six mois pour aboutir à des financements effectifs. Cette évolution marque une transition vers une réponse plus agile, mieux adaptée aux urgences.









































