Clôturé le jeudi 30 avril dernier à l’hôtel Ayla, un atelier de deux jours consacré au renforcement des institutions nationales des droits de l’homme a réuni à Djibouti experts, partenaires et responsables engagés. Au cœur des échanges : les mécanismes d’accréditation internationale et l’alignement aux Principes de Paris, piliers de l’indépendance et de l’efficacité de ces institutions. Une rencontre stratégique qui marque une avancée significative pour la Commission nationale des droits de l’homme dans sa quête du Statut A.

Djibouti confirme son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits humains. La capitale a accueilli, les 29 et 30 avril, un atelier de haut niveau consacré au renforcement des institutions nationales des droits de l’homme, dont les travaux se sont achevés jeudi dernier à l’hôtel Ayla. Cet événement, à forte portée institutionnelle et stratégique, a rassemblé un large éventail d’acteurs nationaux, régionaux et internationaux autour d’un objectif commun : consolider les capacités des institutions et accélérer leur processus d’accréditation auprès de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI).

Organisé conjointement par le Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’homme et la Commission nationale des droits de l’homme de Djibouti (CNDH), cet atelier s’inscrit dans une dynamique régionale de professionnalisation et d’harmonisation des pratiques en matière de droits humains. Pendant deux jours, les participants ont pris part à des sessions de travail intensives, articulées autour des exigences liées à l’obtention du Statut A, le plus haut niveau de reconnaissance accordé aux institutions nationales respectant pleinement les Principes de Paris.

Ces principes, adoptés par les Nations unies, constituent le socle normatif encadrant le fonctionnement des institutions nationales des droits de l’homme. Ils définissent notamment les critères d’indépendance, de pluralisme, de transparence et d’efficacité. Leur mise en œuvre rigoureuse conditionne l’accès au Statut A, qui permet aux institutions accréditées de jouer un rôle accru sur la scène internationale, notamment au sein des mécanismes onusiens.

Au cœur des échanges, les experts ont mis en lumière les défis auxquels sont confrontées les institutions nationales dans leur processus d’accréditation. Parmi ces défis figurent le renforcement de l’indépendance institutionnelle, l’adaptation des cadres juridiques nationaux, la consolidation des ressources humaines et financières, ainsi que l’amélioration des mécanismes de suivi et d’évaluation des politiques publiques en matière de droits humains.

Mais au-delà du diagnostic, l’atelier a également permis de partager des bonnes pratiques issues d’expériences réussies dans la région arabe et au-delà. Ces retours d’expérience ont offert aux participants des pistes concrètes pour améliorer leurs dispositifs internes et répondre aux exigences internationales. La richesse des discussions a témoigné d’un engagement collectif fort en faveur d’une meilleure gouvernance des institutions des droits de l’homme.

La cérémonie de clôture a été marquée par l’intervention du président de la Commission nationale des droits de l’homme de Djibouti, Ali Soubaneh Atteyeh, qui a salué la qualité des échanges et l’implication des participants. « Au terme de ces deux journées d’échanges riches et constructifs, je voudrais exprimer ma profonde satisfaction quant à la réussite de cet atelier », a-t-il déclaré. Dans un discours empreint de reconnaissance et de détermination, il a souligné que les travaux menés ont permis de « renforcer les connaissances, consolider les capacités des différentes parties prenantes, et surtout mieux appréhender les exigences liées à l’obtention du Statut A ». Une étape qu’il qualifie de « déterminante » pour la CNDH, engagée dans un processus de mise en conformité avec les standards internationaux.

Le président de la CNDH n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude envers le Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’homme pour son accompagnement constant. Il a particulièrement salué l’engagement de son Secrétaire général, Sultan Bin Hassan Al-Jamali, dont l’expertise et la disponibilité ont été déterminantes dans la réussite de l’atelier. « Leur appui précieux a grandement contribué à l’avancement de ce projet crucial qu’est l’accréditation de notre institution », a-t-il affirmé.

L’événement a également été marqué par la participation active de plusieurs personnalités et représentants d’institutions partenaires. Aux côtés du président de la CNDH figuraient notamment le Secrétaire général de la Commission, Djibril Osman Houffaneh, ainsi que des membres de la commission et des représentants d’organisations nationales et internationales engagées dans la promotion des droits humains.

Dans son allocution, Ali Soubaneh Atteyeh a tenu à remercier l’ensemble des partenaires techniques et financiers ayant soutenu cette initiative. Il a notamment cité la GIZ/BMM, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), ainsi que la Délégation de l’Union européenne. Ces partenaires interviennent dans des domaines variés, allant de la migration à la lutte contre les violences basées sur le genre, en passant par la promotion des droits humains dans le secteur privé.

La Chambre de commerce de Djibouti a également été saluée pour son implication dans le projet « Business & Human Rights », qui vise à mobiliser les entreprises autour du respect des droits humains. Le Parlement, à travers ses commissions, a lui aussi été reconnu pour son rôle dans la promotion et la protection des droits fondamentaux.

Dans une adresse directe aux participants, le président de la CNDH a insisté sur l’importance de leur engagement.

« Votre présence témoigne de l’intérêt commun que nous portons à la promotion et à la protection des droits de l’homme », a-t-il déclaré, les remerciant pour la qualité de leurs contributions.

Il a également rappelé que l’accréditation au Statut A ne constitue pas seulement une reconnaissance internationale, mais implique également une responsabilité accrue envers les citoyens. « Les Principes de Paris exigent de nous rigueur, indépendance et professionnalisme », a-t-il souligné, appelant à poursuivre les efforts engagés pour atteindre cet objectif.

En termes de perspectives, cet atelier apparaît comme une étape charnière dans le processus de réforme de la CNDH.

« Ce n’est pas une finalité », a insisté Ali Soubaneh Atteyeh, appelant à consolider les acquis et à accélérer les réformes nécessaires pour finaliser l’accréditation dans les meilleures conditions.

Dans un moment particulièrement marquant de son discours, il a réitéré à plusieurs reprises ses remerciements au Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’homme, soulignant la profondeur de la gratitude de la CNDH envers ce partenaire stratégique. Une insistance qui traduit l’importance de l’appui reçu et la volonté de poursuivre cette collaboration dans la durée.

La rencontre s’est conclue par la remise de certificats aux participants, en reconnaissance de leur engagement et de leur contribution à la réussite de l’atelier. Ce geste symbolique souligne l’importance accordée à la formation continue et au renforcement des capacités dans le domaine des droits humains.

Au-delà de l’événement lui-même, cet atelier marque une avancée significative dans la consolidation du rôle des institutions nationales des droits de l’homme à Djibouti. Il témoigne d’une volonté politique affirmée de se conformer aux standards internationaux et de renforcer la crédibilité des institutions auprès des citoyens et de la communauté internationale.

Dans un contexte régional et mondial où les enjeux liés aux droits humains sont de plus en plus complexes, la tenue de cet atelier à Djibouti envoie un signal fort. Celui d’un pays résolument engagé sur la voie de la réforme, du dialogue et de la coopération.

En s’inscrivant dans cette dynamique, la Commission nationale des droits de l’homme de Djibouti pose les jalons d’une institution plus forte, plus indépendante et plus efficace. L’obtention du Statut A apparaît désormais comme un objectif à portée de main, à condition de maintenir le cap des réformes et de poursuivre les efforts engagés.

Ainsi, à travers cette initiative, Djibouti réaffirme sa place dans le concert des nations engagées pour la défense des droits humains. Un engagement qui, au-delà des discours, se traduit par des actions concrètes et des avancées mesurables au service de la dignité humaine.