Au cours des travaux de la 12ᵉ session du Forum Régional Africain sur le Développement Durable  qui s’est tenue du 28 au 30 avril 2026 à Addis-Abeba, Djibouti a présenté les résultats des Examens locaux Volontaires de ses communes de Boulaos et de Balbala. Entre innovation statistique, gouvernance locale renforcée et ambition numérique, le document djiboutien portant les résultats des ELV, affiche les avancées remarquables réalisées en matière d’Objectifs de Développement Durable (ODD).

Le FRADD-12, organisé par la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) en partenariat avec la Commission de l’Union Africaine, la Banque Africaine de Développement ainsi que les agences du système des Nations Unies, a rassemblé à cette année à Addis-Abeba, en Ethiopie le 28 au 30 avril dernier, un large éventail d’acteurs composés de décideurs politiques de haut niveau, d’experts internationaux, de représentants des collectivités locales, d’organisations de la société civile, de jeunes leaders, ainsi que des membres du secteur privé.

Parmi eux les présidents des communes de Boulaos et de Balbala, Abdoulkader Iman Aden et Mohamed Hassan Saïd, accompagné du directeur général  de l’Institut national de l’Administration Publique (INAP) Charmarké Idriss Ali représentaient la République de Djibouti.

C’est dans une atmosphère marquée par l’urgence climatique et les défis du développement inclusif que Djibouti a marqué les esprits lors du Forum Régional Africain sur le Développement Durable (FRADD-12), tenu à Addis-Abeba. Placée sous le thème évocateur « Inverser la tendance : actions transformatrices et coordonnées en faveur du Programme 2030 », cette rencontre continentale a offert une tribune de choix à la délégation djiboutienne, venue partager une expérience désormais citée en exemple : celle d’un développement local porté par des communes engagées et structurées.

Au cœur de cette participation, les communes de Boulaos et de Balbala, ont incarné une nouvelle dynamique territoriale. Portées par une vision nationale impulsée au plus haut sommet de l’État, elles ont présenté les résultats de leurs Examens Locaux Volontaires (VLR), véritables outils d’évaluation des progrès réalisés en matière d’Objectifs de Développement Durable (ODD).

Les deux figures de proue de cette transformation, Abdoulkader Iman Aden, Président de la Commune de Boulaos, et Mohamed Hassan Saïd, Président de la Commune de Balbala, ont défendu une approche fondée sur la participation citoyenne et l’alignement avec les priorités nationales. Leurs interventions ont mis en lumière des programmes structurants tels que « Zéro Bidonville », les dispositifs de filets sociaux, le projet d’assainissement PERAD ou encore les politiques de lutte contre la malnutrition et d’amélioration de la santé maternelle.

Mais au-delà des projets, c’est toute une architecture institutionnelle rénovée qui soutient cette avancée. Sous la supervision de Kassim Haroun Ali, Ministre délégué chargé de la Décentralisation, un travail de fond a été engagé pour doter les collectivités d’outils fiables d’analyse et de pilotage. Le rôle de l’Institut National d’Administration Publique (INAP) s’est révélé central dans cette transformation, notamment à travers la formation des cadres communaux aux méthodologies statistiques modernes.

À la tête de cet effort, Charmarké Idriss Ali a insisté sur la nécessité de faire de la donnée un levier stratégique.

« Consolider le système statistique national comme un bien public : chaque commune devient actrice de son propre développement », a-t-il déclaré, résumant ainsi l’esprit de la réforme engagée. Cette réforme s’inscrit dans une feuille de route ambitieuse pour la période 2025-2030. Elle repose sur plusieurs axes majeurs, à commencer par une refonte institutionnelle marquée par la transition de la DISED vers l’INSTAD et la création d’un Conseil National de la Statistique. L’objectif : renforcer le leadership statistique et harmoniser les méthodes entre les différentes institutions publiques. À cela s’ajoute la mise en place d’une architecture de coordination efficace, avec le déploiement de points focaux statistiques dans les administrations régionales et communales. Cette organisation permet une remontée fluide et standardisée des données, essentielles à l’élaboration des rapports nationaux et locaux sur les ODD.

La modernisation technologique constitue également un pilier central de cette transformation. L’utilisation de tablettes pour la collecte de données (CAPI) et la création d’un portail national Open Data permettent de réduire considérablement les délais de traitement et d’améliorer la prise de décision. Les élus locaux disposent désormais d’outils de visualisation performants pour suivre l’évolution des indicateurs à l’échelle de leurs territoires.

Parallèlement, un effort soutenu est consacré au renforcement des capacités humaines. De nouvelles promotions d’enquêteurs, issues des cinq régions du pays, ont été formées, contribuant à instaurer une véritable culture de la donnée au niveau local. Cette appropriation par les acteurs de terrain favorise une meilleure acceptation sociale des collectes et une plus grande fiabilité des informations recueillies.

L’ambition djiboutienne ne s’arrête pas là. Grâce au projet REGED, soutenu par la Banque mondiale, le pays vise une interopérabilité totale entre les ministères et l’INSTAD. L’objectif affiché est clair : parvenir, d’ici 2030, à une digitalisation complète des registres communaux, permettant un suivi en temps réel des progrès vers les ODD.

Cette dynamique a été saluée lors du forum, où la participation active des représentants de Boulaos et Balbala a été perçue comme la preuve que Djibouti dispose désormais des leviers nécessaires pour bâtir un développement durable, inclusif et prospère.

Fortes de cette reconnaissance internationale, les deux communes entendent désormais franchir une nouvelle étape. Elles préparent l’organisation de forums communaux, véritables plateformes d’échange et de concertation, destinées à définir des indicateurs clés de performance (KPI) pour un suivi rigoureux des politiques publiques.

Quatre axes prioritaires guideront ces initiatives. Le premier concerne l’embellissement urbain et l’amélioration du cadre de vie.

Après les grands travaux d’infrastructures, l’accent sera mis sur la création d’espaces verts, la réhabilitation des places publiques et l’aménagement paysager, avec l’ambition de faire des deux communes des modèles de villes durables et attractives.

Le deuxième axe vise l’emploi des jeunes et l’autonomie économique. Conscientes du potentiel que représente la jeunesse, les autorités locales entendent multiplier les partenariats et soutenir l’entrepreneuriat afin d’intégrer davantage les jeunes dans le tissu économique national.

Le troisième axe porte sur la formation professionnelle. En lien avec les centres de formation, des programmes adaptés aux besoins du marché seront développés, notamment dans les secteurs liés aux grands projets d’infrastructure et d’énergie.

Enfin, la révolution numérique constitue le quatrième pilier de cette stratégie. À travers les initiatives « Boulaos Digitalisée » et « Balbala Digitalisée », les communes ambitionnent de moderniser leurs services, de simplifier les démarches administratives et de promouvoir une gouvernance transparente et participative.

Finalement, la participation de Djibouti au FRADD-12 ne se limite pas à une simple présence diplomatique. Elle illustre une transformation profonde, où les collectivités locales deviennent les moteurs d’un développement durable ancré dans les réalités du terrain. Une dynamique prometteuse qui pourrait bien inspirer d’autres pays du continent.

Dans un monde en quête de solutions concrètes, Djibouti démontre ainsi qu’une approche territorialisée, fondée sur la donnée, la participation et l’innovation, peut ouvrir la voie à un avenir plus durable et inclusif.