
À Djibouti, les Organisations de la Société Civile (OSC)/Organisations Non-Gouvernementales démontrent que le tissu associatif national est un acteur du développement à part entière, à condition de lui en donner les moyens. Face aux défis liés de l’accès à l’eau, du changement climatique et de la transition énergétique, la société civile djiboutienne n’est pas spectatrice. Elle agit. C’est le constat qui ressort d’une analyse conduite par le Forum des Associations et ONGs Djiboutiennes pour le Développement Durable (FAONG/DD) portant sur huit associations et ONG : l’Association des Femmes de Tadjourah (AFT), l’A.P.S.E.R.A.S, l’AJCD, l’Association Autisme Sport et Loisir, NADIF, l’ONG EVA, Souna Al Haya et Bender Djedid.
Sur le terrain, ces organisations s’imposent comme des acteurs de proximité indispensables, apportant des réponses concrètes aux besoins des populations. L’ONG EVA a ainsi soutenu la construction de citernes et la réhabilitation de puits, tandis que l’Association des Femmes de Tadjourah a permis à près de 2 000 personnes d’améliorer leur accès à l’eau potable. À Ali Sabieh, l’A.P.S.E.R.A.S a réalisé des forages de puits manuels afin de soutenir les activités agricoles, alors que NADIF assure au quotidien la pré-collecte des déchets et le curage des caniveaux à Balbala.
Au-delà des enjeux liés à l’eau et à l’assainissement, ces organisations de la société civile s’engagent également dans la lutte contre le changement climatique à travers des actions de reboisement, de restauration des terres et de sensibilisation des communautés. Même des structures actives dans l’éducation ou l’accompagnement social, à l’image de Souna Al Haya ou de l’Association Autisme Sport et Loisir, prennent part à ces initiatives environnementales, traduisant une mobilisation transversale face aux défis du développement durable.
Une société civile structurée mais aux capacités contrastées et des défis persistants
Bien que ces organisations reposent sur une architecture institutionnelle similaire assemblée générale, bureau exécutif et équipes opérationnelles leurs capacités demeurent inégalement réparties. Certaines, comme Bender Djedid et EVA, disposent d’un niveau d’institutionnalisation avancé, de ressources humaines qualifiées et de partenariats solides, tandis que d’autres, telles que l’A.P.S.E.R.A.S, fonctionnent essentiellement sur la base du bénévolat et de financements précaires.
Comme le souligne Souleiman Daher Moussa, Président du FAONG/DD, « leur engagement, bien que variable selon les domaines d’intervention et les moyens disponibles, a contribué de manière significative à la mise en œuvre des actions sur le terrain ». Toutefois, plusieurs contraintes continuent de freiner leur montée en puissance : des financements insuffisants et instables, des capacités techniques encore limitées en matière de suivi-évaluation, une coordination inter-associative perfectible ainsi qu’un accès restreint aux instances décisionnelles nationales, autant de défis à relever pour renforcer durablement l’impact de la société civile djiboutienne.
Un rôle stratégique à institutionnaliser
La société civile djiboutienne s’impose aujourd’hui comme un partenaire incontournable du développement durable. Ces huit organisations de la société civile (OSC) contribuent directement aux Objectifs de Développement Durable (ODD), l’ODD 6 sur l’eau, l’ODD 13 sur le climat et l’ODD 7 sur l’énergie en ancrant dans les territoires des politiques qui, sans elles, resteraient abstraites. Leurs actions concrètes dans l’eau, l’assainissement, la lutte contre le changement climatique et l’énergie propre traduisent une expertise précieuse.
Pour Souleiman Daher Moussa, la conclusion est sans appel : « Le renforcement des compétences des OSC constitue un levier essentiel pour accroître l’efficacité de leurs interventions et consolider leur rôle dans la réalisation des objectifs de développement durable. »
Le défi reste désormais de renforcer leur structuration, de valoriser leur savoir-faire et d’institutionnaliser leur participation afin de consolider ce rôle stratégique.
SOUBER HASSAN







































