
À l’instar des autres nations du monde, la République de Djibouti a célébré, vendredi dernier, la Journée internationale des travailleurs dans une atmosphère empreinte de solidarité, de revendications et d’engagement syndical. A Djibouti-ville, deux grandes centrales syndicales ont marqué l’événement par des cérémonies distinctes mais convergentes dans leurs objectifs : l’Union générale des travailleurs djiboutiens (UGTD), qui a réuni ses membres à son siège en plein centre-ville, et l’Union djiboutienne du travail, qui a organisé une rencontre solennelle à l’hôtel Emilie à Balbala.
Au siège de l’Union Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD), la cérémonie s’est déroulée dans une ambiance de mobilisation collective. Responsables syndicaux, représentants des travailleurs et partenaires sociaux se sont succédé à la tribune pour rappeler l’importance de cette journée historique, symbole des luttes ouvrières à travers le monde. L’organisation a tenu à souligner son rôle central dans la défense des droits des travailleurs et a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les différentes composantes du mouvement syndical djiboutien.

Prenant la parole, le secrétaire général de l’UGTD, Saïd Yonis Wabérie, a dressé un bilan des actions menées par la centrale au cours de l’année écoulée. Il a également évoqué les préoccupations actuelles des travailleurs, notamment les répercussions des perturbations du transport maritime liées aux tensions au Moyen-Orient, qui impactent directement l’économie nationale et les conditions de travail. Réaffirmant les engagements de son organisation, il a insisté sur la nécessité de promouvoir « des conditions de travail plus justes, équitables et dignes ».
La tribune a également été marquée par l’intervention du représentant du syndicat de l’ONEAD, qui a adressé ses vœux à l’ensemble des travailleurs djiboutiens avant de saluer la stabilité du pays.
Dans un discours mêlant reconnaissance institutionnelle et position syndicale, il a notamment félicité le Président Ismaël Omar Guelleh pour sa réélection, soulignant que sa gouvernance constitue « un rempart » dans une région marquée par les tensions. Tout en rappelant le caractère apolitique du mouvement syndical, il a défendu le rôle des syndicats en tant que partenaires sociaux engagés dans l’amélioration des conditions de vie et de travail. Au-delà des discours, l’UGTD a mis l’accent sur l’urgence de promouvoir l’emploi, appelant les secteurs public et privé à redoubler d’efforts pour offrir davantage d’opportunités, notamment aux jeunes diplômés. Dans un contexte économique mondial incertain, la centrale a insisté sur la nécessité d’une action concertée pour répondre aux défis du chômage et de la précarité.
L’UTD : Une cérémonie sous le thème « garantir un environnement de travail psychosocial sain »
Parallèlement, l’Union des Travailleurs Djiboutiens (UTD) a tenu une cérémonie à l’hôtel Emilie, rassemblant un large public composé de travailleurs, de représentants du patronat, du gouvernement et des partenaires sociaux. Placée sous le thème, cette rencontre a mis en lumière une dimension souvent négligée du monde du travail : la santé mentale et le bien-être des salariés. Le président de l’UTD, Mohamed Youssouf Mohamed, a réaffirmé l’engagement de son organisation en faveur de l’amélioration continue des conditions de travail.
Dans son allocution, il a rappelé que le 1er mai constitue « une affirmation forte des droits acquis et des revendications en cours », tout en adressant ses vœux de solidarité et de prospérité à l’ensemble des travailleurs. Il a également salué la réélection du chef de l’État ainsi que les efforts du ministre du Travail, M. Omar Abdi Saïd, pour « l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et travailleuses ». La cérémonie s’est achevée dans un climat de dialogue et de fraternité, illustrant la volonté commune de renforcer la concertation entre les différents acteurs du monde du travail.
Ainsi, à travers ces deux célébrations, les syndicats djiboutiens ont réaffirmé leur rôle essentiel dans la défense des droits des travailleurs et leur engagement à œuvrer pour un environnement professionnel plus juste, inclusif et équilibré. Dans un contexte marqué par des mutations économiques et sociales profondes, le message est clair : l’unité et la concertation demeurent les clés pour bâtir un avenir du travail à la hauteur des aspirations de tous.







































