La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a consacré, mercredi 14 octobre, une journée de formation aux organisations de la société civile de Tadjourah. Organisée au Conseil régional avec le concours financier de l’Union européenne, dans le cadre du projet AMPC, cette rencontre entend doter les acteurs associatifs de connaissances et de repères leur permettant de mieux contribuer à la défense des droits fondamentaux, notamment auprès des populations les plus exposées aux situations de vulnérabilité.

À Tadjourah, la défense des droits humains s’est invitée au centre des échanges entre la Commission nationale des droits de l’homme et les représentants du monde associatif. Réunis dans la salle de réunion du Conseil régional, ces acteurs ont pris part à une session consacrée aux responsabilités qui leur incombent dans la préservation de la dignité humaine et la défense des libertés fondamentales. Derrière cette initiative se dessine une ambition : donner aux organisations locales les moyens de mieux appréhender les situations sensibles auxquelles elles peuvent être confrontées et de contribuer, à leur niveau, à la recherche de solutions appropriées.

Portée dans le cadre du projet AMPC, avec le soutien de l’Union européenne, cette démarche repose sur une conviction simple : la connaissance des droits ne saurait rester l’apanage des institutions spécialisées. Elle doit également gagner les associations, dont la présence au sein des communautés leur permet souvent de percevoir les difficultés avant qu’elles ne prennent une ampleur plus importante. Informer, écouter, reconnaître une situation préoccupante et diriger une personne vers le service compétent sont autant de démarches qui peuvent contribuer à rendre les dispositifs de protection plus accessibles.

Les travaux ont abordé trois dimensions essentielles de cette mission. La première a permis d’examiner la place des organisations de la société civile dans la défense des droits humains. Leur contribution ne se limite pas à la sensibilisation du public : elle peut aussi s’exercer dans le repérage des atteintes aux droits fondamentaux, l’écoute des personnes concernées et le signalement des faits nécessitant l’intervention des structures habilitées. Autant de responsabilités qui supposent une bonne connaissance des principes applicables et des limites du rôle de chaque intervenant.

Les discussions ont ensuite porté sur les relations entre les différents acteurs de la protection. Car, face à une situation de vulnérabilité, la pertinence d’une intervention dépend aussi de la capacité des structures concernées à travailler de concert.

Les liens entre les associations, la CNDH, les autorités administratives et les services publics doivent permettre de mieux orienter les personnes en difficulté, de faciliter leur accès aux dispositifs existants et d’éviter que certaines situations ne restent sans réponse faute d’interlocuteur clairement identifié.

La question des migrants et des réfugiés a constitué le troisième volet de cette formation. Située sur des axes de circulation migratoire, la République de Djibouti est confrontée à des réalités humaines qui appellent vigilance, discernement et respect des droits de chacun. Les échanges ont ainsi porté sur les principes de dignité, d’égalité de traitement et de non-discrimination, ainsi que sur la nécessité de tenir compte des besoins particuliers des personnes concernées. Dans ce domaine, les organisations de proximité peuvent jouer un rôle utile en facilitant l’accès à l’information, en repérant les situations préoccupantes et en orientant les personnes vers les services appropriés.

Loin de se limiter à une transmission descendante de connaissances, la rencontre a également ménagé un espace aux échanges d’expériences et aux préoccupations des participants. Cette démarche devait permettre de confronter les enseignements de la formation aux réalités du terrain et de mieux cerner les difficultés auxquelles les associations sont susceptibles de faire face dans l’exercice de leurs missions. Des questionnaires prévus au début et à l’issue de la session doivent, par ailleurs, contribuer à apprécier les acquis et à mesurer l’évolution des connaissances.

Au-delà de cette journée, l’enjeu consiste à inscrire les apprentissages dans les pratiques quotidiennes des organisations participantes. Une association mieux informée est davantage en mesure de reconnaître les situations qui appellent une attention particulière, de renseigner les personnes sur leurs droits et de solliciter les interlocuteurs compétents sans se substituer aux institutions investies de responsabilités spécifiques.

En accompagnant les acteurs associatifs de Tadjourah, la CNDH entend ainsi consolider les liens entre les mécanismes institutionnels et les communautés auxquelles ils sont destinés. Une ambition dont la portée se mesurera moins aux connaissances acquises au terme d’une journée qu’à leur traduction concrète sur le terrain, là où l’écoute, l’orientation et le respect de la dignité humaine peuvent faire toute la différence.

Ali Salfa