
Organisé jeudi dernier par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) à l’hôtel Best Western de Djibouti-ville, un atelier de formation sur la gouvernance en faveur des droits des femmes et la budgétisation sensible au genre a réuni des parlementaires, des responsables communaux et des représentants de la société civile. Cette rencontre vise à promouvoir une meilleure intégration de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les politiques publiques et les décisions budgétaires.

La promotion des droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes constituent des enjeux majeurs de la gouvernance publique. Au-delà des engagements juridiques et politiques, leur concrétisation passe notamment par une meilleure prise en compte des besoins de l’ensemble de la population dans l’élaboration et la mise en œuvre des budgets publics. C’est dans cette perspective que le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) a organisé, jeudi dernier, à l’hôtel Best Western de Djibouti-ville, un atelier de formation et de sensibilisation consacré à la gouvernance en faveur des droits des femmes et à la budgétisation sensible au genre.
Cette rencontre a rassemblé des parlementaires, les présidents des trois communes de Djibouti-ville, la maire adjointe, des représentants de la société civile ainsi qu’un parterre d’invités.
Les échanges ont porté sur les mécanismes permettant de renforcer la gouvernance en faveur des droits des femmes et de promouvoir une participation plus équitable des femmes et des hommes à la vie publique. L’atelier s’inscrit également dans le prolongement de la création du caucus des femmes parlementaires djiboutiennes, une initiative visant à réunir les députées et les représentantes des régions autour d’une ambition commune : faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une dimension essentielle des décisions publiques. L’un des principaux objectifs de cette initiative est de traduire ces engagements en actions concrètes, notamment à travers la budgétisation sensible au genre (BSG). Cet outil permet d’analyser les recettes et les dépenses publiques afin d’évaluer dans quelle mesure les choix budgétaires répondent aux besoins et aux priorités des femmes, des hommes, des filles et des garçons.
Prenant la parole, la députée Mme Nima Boulhane a souligné que la gouvernance en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue une exigence de l’État de droit, de la justice sociale et de la bonne gouvernance de l’administration publique.
Elle a rappelé l’importance d’un cadre juridique solide pour garantir les droits des femmes et lutter contre les différentes formes de discrimination. À cet égard, elle a évoqué l’adhésion de Djibouti à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), à travers la loi n° 20/AN/98/4e L du 2 décembre 1999.
Comme l’a rappelé Mme Nimo Boulhane, cette approche ne consiste pas à créer un budget distinct pour les femmes ou pour les hommes. Il s’agit plutôt de veiller à ce que les recettes et les dépenses publiques répondent équitablement aux besoins des femmes, des hommes, des filles et des garçons.
Ces mesures témoignent de l’importance accordée à la représentation des femmes dans les institutions et à leur participation aux processus de décision. Leur implication contribue à enrichir les débats publics et à favoriser une meilleure prise en compte des préoccupations de l’ensemble de la population.
Au cœur de cet atelier, la budgétisation sensible au genre constitue un instrument permettant de rapprocher les engagements en faveur de l’égalité des réalités financières et administratives. Elle vise à intégrer la dimension de genre dans la préparation, l’exécution et l’évaluation des budgets publics. Concrètement, cette démarche implique d’examiner les effets des politiques budgétaires sur les différentes catégories de la population. Dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, l’emploi et la protection sociale, elle permet notamment d’apprécier si les ressources mobilisées contribuent à réduire les inégalités et à améliorer l’accès aux services.
L’intégration de cette approche suppose également un renforcement des capacités des institutions et des acteurs concernés. Les responsables publics doivent pouvoir identifier les besoins, définir des priorités adaptées et évaluer les résultats obtenus afin de mieux orienter les ressources disponibles.
La participation des parlementaires, des responsables communaux et des représentants de la société civile à cette rencontre souligne l’importance d’une mobilisation collective. Ces acteurs occupent une place essentielle dans l’identification des besoins des populations, la définition des priorités locales et nationales ainsi que le suivi des politiques publiques.
En définitive, la budgétisation sensible au genre représente un levier important pour faire des engagements en faveur des droits des femmes une réalité concrète.
En intégrant les préoccupations liées à l’égalité dans les choix financiers de l’État, cette approche contribue à promouvoir une répartition plus équitable des ressources publiques et à consolider les fondements d’un développement inclusif et durable à Djibouti.
Mohamed Chakib










































