La Ministre des Affaires sociales et des Solidarités, Mme Ouloufa Ismail Abdo à la tête d’une importante délégation djiboutienne a pris part aux travaux du 12ᵉ Forum régional africain pour le développement durable, qui s’est tenu du 28 au 30 avril 2026 à Addis-Abeba.  L’occasion a été pour Djibouti de réaffirmer avec force son engagement en faveur d’un développement centré sur l’humain, et de mettre en avant une approche innovante de la protection sociale et de l’inclusion économique.

Organisé conjointement par la Commission économique pour l’Afrique, la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement et plusieurs agences des Nations Unies, ce forum s’impose comme la principale plateforme intergouvernementale africaine de suivi des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063. Pendant trois jours, décideurs politiques, experts et partenaires techniques ont croisé leurs analyses pour évaluer les progrès du continent, identifier les défis persistants et tracer des perspectives concrètes pour accélérer la mise en œuvre de ces agendas structurants.

Une participation djiboutienne active et stratégique

À la tête de la délégation djiboutienne, la ministre des Affaires sociales et des Solidarités, Mme Ouloufa Ismail Abdo accompagnée notamment de l’ambassadeur de Djibouti en Éthiopie, M. Abdi Mahamoud Eybé et de hauts responsables de son département, a pris part aux échanges de haut niveau. Sa participation s’inscrit dans une dynamique de contribution active aux réflexions continentales, mais également dans la préparation de la position africaine en vue des grandes échéances internationales de 2026, notamment le Forum politique de haut niveau sur le développement durable.

Au fil des discussions, Djibouti a su faire entendre une voix singulière, fondée sur une expérience nationale marquée par des réformes sociales ambitieuses et une volonté affirmée de ne laisser aucune frange de la population en marge du développement.

Un plaidoyer fort pour une inclusion sociale proactive

Intervenant lors d’un panel de haut niveau consacré à l’emploi, à la lutte contre la pauvreté et à la protection sociale, la ministre Ouloufa Ismail Abdo a défendu une approche résolument proactive de l’inclusion sociale. Elle a insisté sur un choix stratégique clair : celui de ne pas attendre une redistribution spontanée des richesses, mais d’agir en amont pour soutenir directement les populations les plus vulnérables. Cette vision repose sur quatre priorités majeures : le renforcement du système éducatif, la généralisation de la santé universelle, l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que le développement social intégré, avec une attention particulière portée aux territoires enclavés.

« Le développement ne peut être durable que s’il est inclusif », a-t-elle souligné en substance, mettant également en avant l’importance d’une action publique ciblée et structurée pour réduire les inégalités et favoriser une croissance équitable.

La protection sociale, moteur de croissance inclusive

Au cœur de son intervention, la ministre des affaires sociales et des solidarités Mme Ouloufa Ismail a également présenté une conception renouvelée de la protection sociale. Loin d’être perçue comme un simple mécanisme d’assistance, celle-ci est envisagée comme un véritable levier de transformation économique et sociale.

Cette approche dite « productive » s’appuie sur plusieurs piliers : l’investissement dans le capital humain, l’accès élargi à la microfinance, le soutien aux activités génératrices de revenus et l’insertion professionnelle des jeunes.

Des résultats concrets ont été mis en avant, notamment à travers des programmes de stages rémunérés ayant permis à une majorité de bénéficiaires de décrocher un emploi durable. Ces initiatives illustrent, selon la délégation djiboutienne, l’efficacité d’une politique sociale orientée vers l’autonomisation plutôt que la dépendance.

Un modèle de financement fondé sur la solidarité nationale

La question du financement des politiques sociales, enjeu majeur pour de nombreux pays africains, a également occupé une place centrale dans les échanges. À ce titre, la ministre a présenté le modèle djiboutien, fondé sur un équilibre entre mobilisation des ressources nationales et recours aux partenariats internationaux.

Elle a notamment mis en lumière le rôle structurant du Fonds de solidarité nationale (FSN) et du Fonds social santé de l’assurance maladie universelle (FFS-AMU), véritables piliers du système de protection sociale du pays. Alimentés par l’État et les grandes entreprises publiques, ces mécanismes traduisent une volonté politique forte d’inscrire la solidarité au cœur de l’action publique. Chaque année, environ 2,3 milliards de francs djiboutiens, soit près de 13 millions de dollars, sont mobilisés pour financer des programmes essentiels tels que l’assurance maladie universelle et les dispositifs d’assistance sociale. À cela s’ajoutent des instruments innovants, comme un fonds d’urgence dédié à la sécurité alimentaire, destiné à faire face aux chocs externes et à protéger les populations les plus exposées.

La ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats multilatéraux et bilatéraux afin d’élargir l’impact des politiques publiques et de soutenir les efforts nationaux.

Djibouti, un acteur engagé sur la scène continentale

Au-delà de sa participation, Djibouti a su valoriser ses avancées en matière de gouvernance sociale. Parmi les innovations présentées figurent notamment le registre social, outil stratégique de ciblage des bénéficiaires, ainsi que la digitalisation des transferts sociaux, qui améliore l’efficacité, la transparence et la traçabilité des aides publiques. Cette présence active témoigne de la volonté du pays de partager ses bonnes pratiques et de contribuer pleinement aux dynamiques collectives du continent. Elle reflète également une ambition plus large : celle de positionner Djibouti comme un acteur crédible et engagé dans la promotion d’un développement inclusif en Afrique.

Une déclaration pour accélérer l’action

Les travaux du forum se sont conclus par l’adoption de la « Déclaration d’Addis-Abeba », un document stratégique appelant à des actions transformatrices et coordonnées pour inverser les tendances actuelles et accélérer la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063. Ce texte souligne l’urgence d’intensifier les efforts face aux défis persistants — pauvreté, inégalités, vulnérabilités économiques et climatiques — tout en renforçant la coopération entre les États africains et leurs partenaires.