
A Ayla Grand Hôtel de Djibouti la chanteuse soudanaise Eman El Shareef a offert le 10 mai dernier, un spectacle inoubliable, transformant la capitale en un véritable pont culturel entre les deux rives de la mer Rouge.

Entre les rives de la mer Rouge et les échos profonds du Nil, Djibouti a vécu l’un de ces instants rares où la musique transcende les frontières, rassemble les peuples et ravive des fraternités anciennes. La venue de la chanteuse soudanaise Eman El Shareef a ainsi transformé l’Ayla Grand Hotel en un véritable carrefour culturel entre le Soudan et Djibouti.
Portée par une voix puissante, un charisme affirmé et un répertoire désormais incontournable dans les sphères musicales africaines et arabes, l’artiste a offert au public djiboutien un spectacle d’une grande intensité émotionnelle. Une soirée placée sous le signe du partage, de la mémoire et de la célébration d’un patrimoine musical profondément enraciné dans l’histoire soudanaise.
Le jeudi 7 mai 2026, la capitale djiboutienne a renoué avec la tradition des grandes soirées musicales orientales, où chants, rythmes et émotions s’entrelacent dans une atmosphère de communion populaire. Accueillie avec chaleur dès son arrivée à l’aéroport international de Djibouti par l’association Al Nileyne du Quartier 4, des membres de la communauté soudanaise et des représentants du Ministère de la Jeunesse et de la Culture, Eman El Shareef a immédiatement suscité un fort engouement.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre des échanges culturels entre Djibouti et le Soudan, deux nations liées de longue date par les routes commerciales et humaines de la mer Rouge. Soutenue par le Ministère djiboutien de la Jeunesse et de la Culture, l’initiative, portée par l’association Al Nileyne et la communauté soudanaise de Djibouti, visait à faire de la musique un instrument de rapprochement et de dialogue.
La soirée du 10 mai 2026, organisée dans le cadre élégant de l’Ayla Grand Hotel, s’est déroulée dans une ambiance festive et conviviale. Dès les premières notes, la chanteuse a conquis un public venu nombreux.
De 21 heures à minuit, la salle comble a vibré au rythme de ses interprétations, réunissant mélomanes djiboutiens, membres de la diaspora soudanaise, personnalités officielles et amateurs de musique afro-orientale.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la Ministre de la Jeunesse et de la Culture, Dr Hibo Moumin, l’ambassadeur du Soudan à Djibouti, Mohamed Saeed Hassan, le directeur des relations multilatérales du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Guelleh Idriss Omar ainsi que plusieurs figures de premier plan, témoignant de l’importance accordée à cet événement.
Tout au long de la soirée, Eman El Shareef a captivé son auditoire grâce à une présence scénique remarquable et une voix à la fois puissante et nuancée. Figure montante de la scène musicale soudanaise contemporaine, elle incarne une génération d’artistes qui modernisent les traditions sans jamais les renier. Son univers musical, nourri des rythmes du Nil, des traditions nubiennes et des influences afro-orientales, séduit aujourd’hui un public bien au-delà des frontières soudanaises.
Des titres comme « Ya Salam » ont largement contribué à sa popularité dans le monde arabe et africain, confirmant son statut d’artiste incontournable. Elle s’inscrit ainsi dans la continuité de grandes voix féminines soudanaises, tout en affirmant une identité artistique résolument contemporaine. Elle incarne surtout l’évolution récente de la musique féminine au Soudan, un pays dont la tradition musicale fut portée par de grandes figures féminines telles que Aïcha Musa Ahmad, première femme à chanter à la radio soudanaise dans les années 1940, ou encore Nancy Agag, figure contemporaine de la musique soudanaise moderne. Le public djiboutien a particulièrement salué sa capacité à instaurer une proximité immédiate avec les spectateurs. Chaque interprétation semblait porter une part de mémoire collective, mêlant nostalgie, poésie et rythmes populaires profondément ancrés dans l’âme soudanaise.
La soirée a également mis en lumière la richesse de la scène artistique djiboutienne, avec la participation d’artistes locaux tels que Ikram Houssein Mahabe, Yahye Abdoulkader, Omar Hassan et Idriss Boy, qui ont partagé la scène dans un esprit de collaboration et de fraternité artistique.
L’un des temps forts fut la prestation de l’orchestre des Salines, dont l’accompagnement en live a permis une véritable fusion musicale entre les sonorités djiboutiennes et soudanaises. Cette rencontre artistique a donné naissance à une atmosphère vibrante, où les traditions musicales des deux pays dialoguaient avec naturel.
Au-delà de son caractère festif, cette soirée a rappelé le rôle fondamental de la culture comme levier diplomatique. Dans une région souvent marquée par les tensions, la musique apparaît plus que jamais comme un langage universel capable de rapprocher les peuples et de raviver les liens historiques.
Fortement mobilisée, la communauté soudanaise de Djibouti a démontré son attachement à la préservation de son patrimoine culturel tout en contribuant activement à la vie artistique locale. Une dynamique qui illustre également la vocation de Djibouti comme terre d’accueil, de rencontres et d’échanges au cœur de la Corne de l’Afrique.







































