Dans le cadre du démarrage des travaux du Projet d’extension et de réhabilitation du réseau d’assainissement de Djibouti (PERRAD), les habitants du quartier 5 de la commune de Boulaos ont été conviés, hier, à une vaste séance de sensibilisation organisée au siège de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes. Entre explications techniques, prévention des risques et dialogue communautaire, cette rencontre marque le début d’une campagne de proximité destinée à préparer les riverains à l’un des plus importants chantiers d’assainissement urbain engagés dans la capitale.

Dans la salle de conférence du siège de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, l’atmosphère était studieuse mais empreinte d’écoute et de dialogue. Réunis autour des responsables du projet, les habitants du quartier 5 de la commune de Boulaos sont venus nombreux assister à un atelier de sensibilisation consacré aux futurs travaux d’assainissement du Projet d’extension et de réhabilitation du réseau d’assainissement de Djibouti, plus connu sous l’acronyme PERRAD.

Cette rencontre, organisée la veille du lancement imminent des travaux dans cette zone densément peuplée, avait un objectif clair : informer les populations sur les impacts du chantier, les précautions à prendre et les comportements à adopter durant toute la durée des opérations. Car au-delà de l’amélioration des infrastructures urbaines, les responsables du projet veulent avant tout éviter les accidents et garantir une cohabitation harmonieuse entre les riverains et les équipes techniques mobilisées sur le terrain.

Autour de la table, plusieurs acteurs clés étaient présents, notamment la coordinatrice des projets de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, Mme Roukia Ali Djama, le président de la commune de Boulaos, Abdoulkader Iman Aden ainsi que les représentants communautaires et porte-voix des habitants du quartier 5. Une mobilisation qui témoigne de l’importance accordée à la concertation locale dans la conduite de ce vaste programme d’assainissement.

Dès l’ouverture de l’atelier, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’impliquer les populations en amont des travaux. Tranchées ouvertes, circulation perturbée, présence d’engins lourds, poussière ou encore risques pour les enfants figurent parmi les principales préoccupations évoquées lors des échanges. Les habitants ont ainsi été appelés à faire preuve de vigilance et à relayer les consignes de sécurité auprès des familles.

Mme Roukia Ali Djama a rappelé, dans son intervention, le rôle central que joue l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes dans l’accompagnement des communautés à travers le pays. Forte de son expérience dans les activités sociales et communautaires, l’organisation a été chargée d’apporter un appui opérationnel essentiel à cette campagne de sensibilisation. Selon elle, l’adhésion des habitants constitue une condition indispensable à la réussite du projet. 

« Informer, expliquer et rassurer les populations est une étape fondamentale. Les habitants doivent comprendre non seulement les bénéfices futurs des travaux, mais aussi les précautions nécessaires pendant toute la phase du chantier », a-t-elle souligné devant l’assistance.

Le président de la commune de Boulaos a, de son côté, insisté sur les retombées positives attendues pour les habitants du quartier 5. Il a rappelé que ces travaux permettront à terme d’améliorer considérablement les conditions sanitaires des ménages, de réduire les nuisances liées aux eaux usées et de renforcer durablement les infrastructures urbaines de la commune.

Répondre aux défis posés par l’urbanisation

Dans les rangs du public, les habitants ont multiplié les questions portant notamment sur la durée des travaux, les accès aux habitations, les éventuelles perturbations de circulation ou encore les mesures prévues pour protéger les enfants vivant à proximité des zones d’intervention. Les représentants du projet ont répondu point par point, privilégiant une approche pédagogique et participative.

Financé conjointement par l’Union européenne et l’Agence française de développement, le PERRAD est piloté par l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement de Djibouti (ONEAD). Ce programme d’envergure ambitionne de moderniser et d’étendre le réseau d’assainissement de la capitale afin de répondre aux défis posés par l’urbanisation croissante et l’augmentation des besoins des populations.

À travers ce projet, les autorités entendent également améliorer la santé publique et préserver l’environnement urbain, notamment dans les quartiers les plus exposés aux problèmes d’évacuation des eaux usées. Les infrastructures vieillissantes et parfois insuffisantes rendent en effet indispensable une réhabilitation profonde du réseau existant.

Pour mener à bien cette campagne de proximité, l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes travaille en collaboration avec le cabinet Ecohumanis Consulting, chargé de concevoir la stratégie de communication et de sensibilisation autour de la mise en œuvre du projet. Cette coopération vise à instaurer un dialogue permanent avec les habitants afin de prévenir les incompréhensions et d’encourager une participation citoyenne active.

Au cours de l’atelier, les représentants d’Ecohumanis Consulting ont présenté les tenants et les aboutissants de ce projet d’importance capitale en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des habitants de ce secteur de la commune de Boulaos où les travaux débuteront bientôt. Ils ont également relayés des messages de prévention sur les dangers liés à la mise en œuvre du projet. L’objectif étant de faire des habitants de Quartier 5, des acteurs à part entière du projet. Car la réussite d’un tel chantier repose autant sur la qualité des infrastructures que sur l’appropriation citoyenne.

De son côté, l’ONEAD a réaffirmé son engagement à assurer un suivi technique rigoureux des opérations. Il s’agit de garantir un réseau efficace, fiable et durable, capable de répondre aux besoins actuels et futurs de la population.

Chaque foyer du quartier 5 aura la possibilité de se raccorder au réseau d’assainissement collectif. Cette évolution transformera le quotidien de nombreux ménages, en améliorant les conditions sanitaires et en réduisant les risques liés aux eaux usées non traitées.

Dans ce secteur de la commune de Boulaos, beaucoup voient déjà dans ce projet un signe concret de modernisation. Même si certains redoutent les désagréments temporaires liés aux travaux, nombreux sont ceux qui espèrent enfin voir disparaître les difficultés d’assainissement qui affectent leur quotidien depuis des années.

Il est à noter que cet atelier de sensibilisation apparaît ainsi comme une première étape décisive avant l’entrée des engins sur le terrain. En misant sur l’information, la concertation et la proximité, les responsables de la mise en œuvre du PERRAD veulent construire une relation de confiance avec les populations locales. Une avancée majeure qui confirme que le développement urbain, lorsqu’il est participatif et structuré, devient un puissant levier d’amélioration des conditions de vie pour tous.

RACHID BAYLEH