Le développement de l’aquaculture franchit une nouvelle étape avec la tenue, hier mardi 12 mai au Sheraton Hotel, d’un important atelier consacré à la promotion de ce secteur stratégique et à l’encouragement des investissements privés. Organisée par la Banque mondiale en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Élevage et des Ressources halieutiques, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de transformation économique portée par les orientations nationales de développement à l’horizon 2030.

L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance aux importations de produits halieutiques, renforcer la sécurité alimentaire et créer de nouvelles opportunités d’emploi grâce à une filière aquacole moderne, compétitive et durable. Présidé par le ministre Mohamed Ahmed Awaleh, l’atelier a réuni un large éventail d’acteurs, parmi lesquels des experts internationaux, des représentants d’institutions nationales, des établissements de formation ainsi que des opérateurs du secteur privé. Cette mobilisation témoigne d’une volonté commune de bâtir un modèle aquacole innovant, capable de répondre aux besoins croissants du marché national tout en ouvrant des perspectives d’exportation.

Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné que cette initiative vise non seulement à stimuler les investissements dans le secteur aquacole, mais également à structurer toute la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la transformation et à la commercialisation. Il a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la continuité des efforts engagés lors du Forum de l’agrobusiness organisé en juin 2025, avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, notamment la FAO, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Fonds international de développement agricole.

Le projet présenté lors de cet atelier repose sur une vision ambitieuse. Il prévoit notamment la création d’un parc marin en cages flottantes inspiré du modèle norvégien, réparti sur trois sites côtiers stratégiques, dont Obock et Tadjourah. À terme, ce dispositif pourrait permettre une production annuelle estimée à 18 000 tonnes de poissons, contribuant significativement à l’autosuffisance alimentaire. Le programme comprend également la mise en place d’infrastructures modernes telles que des bateaux spécialisés dans le transport de poissons vivants, des unités d’alimentation automatisées, une écloserie en mer Rouge ainsi qu’une usine de transformation installée en zone franche.

Pour le ministre, notre  pays dispose de nombreux atouts pour réussir ce pari. Sa façade maritime, ses conditions climatiques favorables et les études techniques réalisées placent Djibouti parmi les destinations africaines les plus prometteuses en matière de développement aquacole.

Cependant, il a insisté sur la nécessité d’investissements conséquents dans les infrastructures portuaires, la chaîne du froid, les équipements de transformation, la logistique maritime et surtout la formation des ressources humaines. La professionnalisation du secteur a d’ailleurs occupé une place centrale dans les échanges. Les participants ont unanimement souligné que la montée en compétences des acteurs locaux constitue une condition essentielle pour garantir la réussite et la durabilité de cette transformation.

En conclusion, le ministre a réaffirmé l’engagement total du gouvernement à accompagner cette mutation dans le cadre du Plan national de développement ADEEG 2025-2030.

S’adressant aux professionnels des médias, il les a appelés à jouer pleinement leur rôle d’information et de sensibilisation afin de mieux faire connaître les acquis de ce programme et de mobiliser l’adhésion de l’opinion publique autour de cette nouvelle ambition économique.

Saleh Ibrahim