C’est dans une atmosphère mêlant ferveur populaire et solennité républicaine que s’est déroulée hier, la cérémonie d’investiture du Président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, réélu à l’issue du scrutin présidentiel du 10 avril 2026. Devant les représentants des 37 délégations invitées pour l’occasion, ainsi qu’un parterre de hautes personnalités djiboutiennes et étrangères réunies dans le nouveau Centre de conférences internationales du Palais du Peuple, le Chef de l’État a prêté serment, s’engageant devant Dieu, devant la Nation et devant le peuple à respecter la Constitution, à assurer la continuité de l’État, à préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale, tout en œuvrant sans relâche pour la justice, la stabilité et le bien-être des citoyens. Retour sur une cérémonie d’une forte portée institutionnelle, marquant l’attachement du pays à ses valeurs fondatrices.

Sur les grandes avenues et aux carrefours stratégiques, le drapeau national flottait au vent dans une atmosphère de fête républicaine. Des cortèges de véhicules officiels se succédaient tandis qu’une foule compacte convergeait vers le Palais du Peuple, théâtre de la cérémonie d’investiture du Président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh.

Très tôt, un flot ininterrompu de personnalités civiles, militaires et diplomatiques prenait place dans le nouveau complexe dédié aux conférences internationales, récemment construit sur le flanc gauche du Palais du Peuple. Dans cette immense salle flambant neuve, richement décorée, tout avait été minutieusement orchestré pour accueillir l’un des moments les plus importants de la vie institutionnelle djiboutienne.

Parmi les premiers responsables présents figuraient le Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, le président de l’Assemblée nationale, M. Dileita Mohamed Dileita, les membres du gouvernement, les parlementaires, les responsables des grandes institutions nationales ainsi que les représentants du corps diplomatique et consulaire accrédités à Djibouti.

À leurs côtés se trouvaient également les femmes cadres de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes (UNFD), les hauts gradés des Forces armées djiboutiennes, les responsables des différentes forces de sécurité nationales ainsi que les commandants des forces étrangères stationnées à Djibouti, témoignant de l’importance géostratégique du pays dans la région.

Mais l’événement avait aussi une dimension internationale exceptionnelle. Pas moins de 37 délégations étrangères avaient fait le déplacement pour assister à cette investiture présidentielle. Près de 200 représentants venus d’Afrique, de la péninsule arabique d’Amérique et d’Europe avaient pris part à la cérémonie : présidents de République, chefs de gouvernement, premiers ministres, ministres, hauts responsables d’organisations régionales et internationales, notamment de la Ligue arabe, de l’Union africaine, de l’ONU et de l’IGAD.

Cette forte mobilisation diplomatique traduisait à la fois le poids croissant de Djibouti sur l’échiquier régional et l’attention portée à la stabilité institutionnelle du pays dans un environnement géopolitique particulièrement sensible.

À l’intérieur de la salle, l’ambiance mêlait solennité républicaine et expression culturelle nationale. Les artistes les plus emblématiques du pays avaient été mobilisés pour donner à cette cérémonie une dimension patriotique et populaire. Les voix d’Awaleh Aden Deheyeh, d’Abayazid Dahabli, d’Amina Farah Wabar, d’Ikran Houssein Mahabé, de Fafi Haroun, de Yahyé ainsi que des troupes 4 Mars et Ga’an Macan résonnaient dans l’immense salle.

Les artistes avaient spécialement composé de nouvelles chansons pour cette investiture présidentielle. Entre chants patriotiques, rythmes traditionnels et hommages à la nation, leurs prestations ont contribué à installer une atmosphère de communion nationale autour de ce rendez-vous historique. Puis vint l’instant le plus attendu.

À son arrivée devant la salle des conférences internationales, le Président Ismaïl Omar Guelleh fut accueilli avec les honneurs militaires. Sous les notes solennelles de l’hymne national interprété par la Musique nationale des Forces armées djiboutiennes, le Chef de l’État traversa lentement le tapis protocolaire au milieu d’une haie d’honneur impeccablement alignée. Dans la salle, l’assistance se leva d’un seul mouvement. Le cérémonial d’investiture pouvait commencer.

La première intervention fut celle du président du Conseil constitutionnel, M. Abdi Ismail Hersi. Dans un discours empreint de gravité institutionnelle, il rappela la portée historique et démocratique du moment.

Face à l’assemblée réunie, il souligna la fidélité de la République à ses principes et à la volonté souveraine du peuple djiboutien exprimée lors du scrutin présidentiel du 10 avril dernier.

Le président du Conseil constitutionnel rappela que le Président Ismail Omar Guelleh a été réélu lors du scrutin d’avril dernier avec un suffrage exprimé de 97,01 % et un taux de participation de 88,56 %.

Dans un ton à la fois solennel et empreint de responsabilité, il évoqua également le sens profond du serment présidentiel.

« Le serment que vous vous apprêtez à prononcer n’est pas une simple formalité. Il est un engagement solennel devant Dieu, devant la nation et devant le peuple », déclara-t-il.

Il rappela au Chef de l’État ses obligations constitutionnelles : garantir l’unité nationale, préserver l’intégrité territoriale, assurer la continuité de l’État et œuvrer pour le bien-être des citoyens.

A l’issue de l’intervention du président de la cour constitutionnelle, le moment central de la cérémonie.

Debout devant l’assistance, la main droite posée sur une copie du Saint Coran, le Président Ismaïl Omar Guelleh prêta officiellement serment. Une séquence d’une immense portée symbolique qui consacrait l’ouverture d’un nouveau mandat présidentiel à la tête de la République de Djibouti. À peine le serment achevé, une salve d’applaudissements envahit la salle.

RACHID BAYLEH