À l’occasion de l’édition 2026 de la fête du Travail, le ministre du Travail, chargé de la Formalisation et de la Protection sociale, M. Omar Abdi Saïd, s’est adressé aux travailleuses et travailleurs djiboutiens à travers un discours où il a présenté les priorités du Gouvernement en matière d’emploi, de protection sociale et de modernisation du marché du travail. Nous reproduisons dans ces colonnes l’intégralité de son discours.

« En ce jour symbolique, permettez-moi, avant tout, de m’acquitter d’un devoir de cœur. Au nom du Gouvernement, au nom de l’ensemble des travailleurs, j’adresse mes plus chaleureuses et sincères félicitations à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh, pour sa réélection à la magistrature suprême, témoignage éclatant de la confiance indéfectible que le peuple djiboutien lui renouvelle.

Cette réélection n’est pas un fait ordinaire. Elle est l’expression d’une adhésion profonde à une vision : celle d’une Djibouti souveraine, stable, sociale et résolument tournée vers l’avenir. Elle nous oblige et nous engage à redoubler d’efforts, à consolider les acquis, et à ouvrir de nouveaux horizons pour chaque travailleuse, chaque travailleur, chaque jeune en quête d’un emploi digne.

Le Président de la République a fait de la justice sociale et de la promotion de l’emploi des pierres angulaires de son action. Ce nouveau mandat est une nouvelle opportunité de transformer cet engagement en réalités concrètes pour chacun de nos compatriotes. Nous célébrons ce 1er mai dans un contexte mondial particulièrement exigeant. L’économie mondiale est traversée par des turbulences profondes dont une transformation accélérée des marchés du travail sous l’effet de l’intelligence artificielle et de la digitalisation entre autres. Ces mutations ne nous laissent pas indifférents. Djibouti, économie ouverte, plaque tournante des échanges entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, ressent les effets de ces déséquilibres mondiaux. C’est précisément dans ces moments d’incertitude que la robustesse de nos politiques sociales et du travail est mise à l’épreuve.

Mesdames et Messieurs,

Sous l’impulsion du Président de la République, le Gouvernement poursuit des réformes ambitieuses visant à moderniser notre système de gouvernance du marché du travail et à promouvoir un développement économique inclusif.

Les réformes engagées dans le domaine du travail au cours de l’année écoulée traduisent une volonté ferme du Gouvernement : moderniser notre cadre juridique, améliorer les conditions de travail, renforcer la protection des travailleurs et créer un environnement favorable à l’investissement et à la création d’emplois durables.

Dans le domaine du cadre juridique du travail, la révision du Code du travail, conduite en étroite concertation avec les partenaires sociaux, représente une avancée historique. Cette réforme adaptera notre législation aux nouvelles réalités du monde du travail. En effet, le Code du travail rénové est un bouclier pour le travailleur, un cadre clair pour l’employeur.

L’Inspection du travail a été renforcée dans ses capacités humaines, techniques et opérationnelles. Des formations spécialisées ont été dispensées, la présence sur le terrain a été intensifiée, et des mécanismes de prévention et de règlement des conflits du travail ont été mis en place. Le respect des normes de conditions de travail, de durée du travail, de sécurité et de santé n’est pas négociable.

La protection de la santé et de la sécurité des travailleurs constitue une priorité majeure pour le Gouvernement. C’est dans cette perspective que la Politique nationale de Sécurité et Santé au Travail est en phase finale de validation. Ce cadre stratégique permettra de prévenir les accidents du travail, de réduire les maladies professionnelles et de promouvoir des environnements professionnels sûrs, sains et respectueux de la dignité humaine.

Mesdames et Messieurs,

Le Gouvernement a également intensifié ses actions en faveur de la formalisation progressive de l’économie informelle, qui constitue l’un des défis majeurs de notre système de travail. Cette démarche vise à faciliter l’accès des travailleurs à la protection sociale, à améliorer la sécurité juridique des entreprises et à réduire la précarité de l’emploi. La formalisation de l’économie constitue un levier stratégique pour renforcer la justice sociale, améliorer les conditions de travail et soutenir une croissance économique plus inclusive.

La modernisation du monde du travail ne concerne pas uniquement le secteur privé. Elle implique également une transformation profonde de notre administration publique, qui constitue le pilier de l’action de l’État et le moteur de la mise en œuvre des politiques publiques.

C’est dans cette perspective que le Gouvernement a engagé une réforme majeure relative au statut particulier des fonctionnaires, qui marque une étape décisive dans la modernisation de la fonction publique. Cette réforme vise à adapter notre administration aux exigences de performance, de transparence et de responsabilité. Elle permettra de mieux structurer les carrières, d’améliorer les perspectives d’avancement, de renforcer la motivation des agents publics et de promouvoir une gestion plus moderne et plus équitable des ressources humaines de l’État.

Elle contribuera également à améliorer la qualité des services publics rendus aux citoyens et à renforcer la confiance dans les institutions de la République.

Chers travailleuses et chers travailleurs, 

Notre pays compte une jeunesse nombreuse, instruite et ambitieuse. C’est notre plus grande richesse. Et c’est aussi notre plus grande responsabilité. Le chômage des jeunes demeure un défi majeur. Le Gouvernement en mesure l’acuité et s’y attaque avec une détermination renouvelée. La Stratégie nationale de l’emploi, dont la période 2027-2035 constitue la phase stratégique centrale, est conçue comme une réponse globale et cohérente. La formation professionnelle est au cœur de cette stratégie. Nous allons moderniser nos centres de formation professionnelle, adapter les programmes aux besoins réels des entreprises et aux métiers de demain : le bâtiment, la logistique, les technologies numériques, les énergies renouvelables, les services maritimes et portuaires.

Une attention particulière sera accordée à l’insertion durable des jeunes dans des secteurs à fort potentiel de croissance. Nous favoriserons l’entrepreneuriat des jeunes par des dispositifs d’accompagnement, d’accès au financement et de mentorat, afin que la création d’entreprise devienne une voie d’excellence accessible à tous. Un jeune Djiboutien qui crée son entreprise ne crée pas seulement son emploi, il crée aussi ceux de ses prochains.

Mesdames et Messieurs,

Le Gouvernement est conscient que la lutte contre le chômage des jeunes exige une action concertée : entre ministères, entre secteur public et secteur privé, entre institutions de formation et monde de l’entreprise. Nous sommes déterminés à construire et à renforcer ces ponts. Toutes les réformes majeures ont été et seront conduites en concertation étroite avec les partenaires sociaux : organisations syndicales, patronat.

Mesdames et Messieurs,

Sous l’impulsion du Président de la République, le Gouvernement a fait de la protection sociale l’un des piliers essentiels de la vision Djibouti 2035. Cette vision repose sur une conviction forte : il ne peut y avoir de développement durable sans justice sociale, et il ne peut y avoir de justice sociale sans une sécurité sociale moderne, fiable et accessible à tous.

Cette conviction s’est traduite par des réformes concrètes au sein de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, institution centrale de notre politique de solidarité nationale.

La mensualisation des pensions de retraite a permis d’assurer des versements réguliers et prévisibles, améliorant ainsi la sécurité financière des retraités et renforçant la confiance dans le système de protection sociale. La bancarisation intégrale des pensions a contribué à sécuriser les paiements, à renforcer la transparence financière et à faciliter l’accès des retraités aux services bancaires.

La digitalisation des prestations familiales a permis de simplifier les procédures administratives, de réduire les délais de traitement et d’améliorer l’accès aux droits pour des milliers de bénéficiaires. La mise en place du télépaiement et de la télédéclaration des cotisations a modernisé la relation entre l’administration et les employeurs, tout en améliorant le recouvrement des cotisations et la fiabilité des transactions.

Mesdames et Messieurs,

Les transformations engagées appellent désormais une évolution de notre cadre juridique. C’est pourquoi le Gouvernement a lancé un chantier majeur : l’élaboration du premier Code de la Sécurité sociale de notre pays.

Ce futur Code permettra d’harmoniser les textes existants, de clarifier les droits et les obligations des acteurs et de préparer l’extension progressive de la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel, aux travailleurs indépendants et aux travailleurs domestiques.

L’ensemble de ces réformes forme un tout cohérent, porteur d’une ambition commune : bâtir un système de travail plus juste, plus moderne et plus performant au service du développement national.

Ce travail se fera dans la concertation. Avec les partenaires sociaux. Avec les organisations syndicales et patronales. Avec nos partenaires techniques, et en particulier l’Organisation Internationale du Travail.

Mesdames et Messieurs, 

Le 1ermai n’est pas seulement une journée de célébration. C’est une journée de reconnaissance, de responsabilité et d’engagement collectif.

Je tiens à exprimer la reconnaissance du Gouvernement à l’ensemble des travailleurs de notre pays. Votre engagement quotidien constitue la véritable richesse de notre Nation.

Avant de clore mes propos, je lance un appel solennel au patronat du secteur privé pour qu’il redouble leurs efforts dans la création d’emplois, notamment en faveur des jeunes et des femmes, qui constituent l’avenir, la richesse et la force vive de notre Nation. La situation actuelle exige de chacun de nous un engagement accru. Le développement de l’emploi n’est pas uniquement une priorité gouvernementale ; c’est une mission nationale, une responsabilité collective et un devoir patriotique.

Je suis convaincu que le patronat du secteur privé saura se hisser à la hauteur de cet enjeu historique, en répondant à cet appel avec un sens des responsabilités.

VIVE LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS

 DE LA RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI.

VIVE L’UNITÉ NATIONALE.

VIVE LA RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI.

Je vous remercie. »